2026.9.3 Au coin du palais : 7 ans de prison pour coup mortel de marteau sur son co-employé
S.T a comparu en audience correctionnelle devant le TGI de Dédougou le mardi 1er septembre 2026. Il est prévenu pour des faits de coups mortels et blessures volontaires. Il a en effet administré des coups ayant entrainé la mort sans intention de la donner à D.B et d’autres à l’aide de marteau à N.C ayant entrainé une incapacité temporaire de travail. Les faits se sont produits, le 18 janvier 2026, aux environs de 23h à Solenzo. Après avoir reconnu les faits, le prévenu a expliqué qu’il a eu maille à partir avec ses collègues autour d’une affaire de bagages. Lui et ses victimes étant des employés de transport. La déposition de N.C rapporte que lui et le défunt étaient venus pour aider à décharger les bagages du véhicule qui venait d’arriver de Ouagadougou. Depuis la galerie, le prévenu jetait les bagages avec une rapidité au point qu’il n’arrivait pas à suivre son rythme. Pour cela, certains bagages tombaient à même le sol sans être réceptionnés à cause de la célérité. Cela a fait dire le prévenu à ses victimes que s’il descendait, elles allaient le ‘’sentir’’. Effectivement, à sa descente, il a profité du moment où D.B voulait étaler sa natte pour se coucher pour lui donner un coup de marteau à la tête. Cette première victime s’étant écroulée, N.C quant à lui, a tenté de s’échapper. Mais, il recevra un coup à la nuque et quand il a tenté de se retourner, il a reçu un second coup au front avant de pouvoir se soustraire. La victime D.B a été transportée d’urgence à l’hôpital, mais succombera à ses blessures le lendemain. Mais pour se défendre, S.T a confié avoir pris le marteau sur lui pour se défendre. Il a souligné que ses victimes étaient munies de couteau et de cailloux, mais le procureur du Faso a relevé que les victimes ne détenaient aucune arme blanche.
A l’issue des débats, le procureur a laissé entendre que le prévenu est un délinquant primaire. Mais, il a cherché à nuire à des jeunes qui étaient moins âgés que lui. Et durant toute la procédure, il n’a manifesté aucune compassion pour la famille de la victime, a déploré le ministère public. « Il a plutôt cherché à mentir », a-t-il enchaîné. C’est pourquoi le parquet estime que le tribunal doit être sévère envers lui afin de contribuer à sa sensibilisation et à rendre service à la société. Convaincu que les faits à lui reprochés sont constitués, il a requis contre le prévenu une peine d’emprisonnement de 60 mois dont 24 mois ferme et une amende de 500 000 FCFA ferme. Quant au tribunal, il a déclaré S.T coupable des faits qui lui sont imputés avant de lui infliger une condamnation de sept ans de prison dont trois ans ferme et une amende de 300 000 FCFA ferme.
Il s’en prend à des femmes à coups de pioche et de hache
O.T est poursuivi pour coups et blessures volontaires contre trois jeunes femmes avec qui il partage le même village. Dans le même temps, il lui est reproché d’avoir détenu une arme à feu de calibre 12 sans autorisation préalable et d’avoir détruit volontairement des biens de ses victimes en l’occurrence des téléphones portables. Le prévenu était donc face à la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou, le mardi 1er septembre 2026 pour répondre des faits en question. Les événements se sont déroulés à Yasso dans la province des Banwa, le 5 août 2026. Le prévenu aurait procédé à la destruction des plants de cultures de ses victimes avant de leur administrer des coups à l’aide de pioche et de hache. Ces mêmes outils ont servi à détruire les appareils téléphoniques des victimes. Il a résulté de ces violences infligées à ces dernières des incapacités de travail allant jusqu’à 90 jours. Au fond, un problème foncier opposerait la famille des victimes à O.T qui a reconnu partiellement les faits qui lui sont imputés.
Le procureur du Faso a rappelé qu’à la suite des incidents, les trois dames se sont rendues au commissariat central de Solenzo pour porter plainte. C’est ainsi que O.T a été interpelé. Pour lui, point de doute quant à la constitution des faits à lui reprochés. Et en plus, au regard du fait que les victimes continuent de se soigner et trainent les stigmates béants des violences subies (tête bandée, bras fracturé toujours sous bande, etc.), le parquet a demandé aux juges de garder le prévenu quelque temps en prison pour contribuer un tant soit peu à apaiser la douleur des jeunes dames. Subséquemment, le ministère public a requis une peine d’emprisonnement de 24 mois dont 12 mois ferme et une amende de 300 000 FCFA ferme contre la personne mise en cause. Il a aussi requis la confiscation du scellé constitué d’un fusil de chasse de calibre 12. Dans sa décision, le tribunal a déclaré O.T responsable des faits. Il lui a accordé une condamnation de 24 mois de prison dont 12 mois ferme et une amende de 1 000 000 FCFA dont 500 000 FCFA ferme. Les juges ont aussi entériné la demande de confiscation du scellé. Les intérêts civils ont été réservés.

Agé de 36 ans et originaire de la zone de Thiou dans le Yatenga, Boukaré s’était doté d’un poste émetteur-récepteur (ER) qu’il utilisait pour prévenir les terroristes de l’arrivée des aéronefs de l’armée, leur permettant ainsi de se mettre à l’abri et d’échapper aux frappes. Entre gratitude envers les Forces combattantes et demande de pardon au peuple burkinabè, Boukaré invite les autres informateurs à se repentir pour enfin mettre fin à la guerre.
Dans la province du Yatenga, les Forces combattantes ont interpellé, courant juillet dernier, un homme qui alertait les terroristes des mouvements des aéronefs militaires dans la zone de Thiou. Epargné malgré son rôle nocif, il exprime aujourd’hui ses regrets et appelle les autres informateurs à cesser ce comportement.
Son interpellation est survenue alors qu’il revenait à vélo d’une séance d’abreuvement de son troupeau. Croisant les Forces de défense et de sécurité (FDS), il a pris la fuite en abandonnant d’abord son poste ER, puis son vélo, avant d’être rattrapé au terme d’une course-poursuite.
Selon son témoignage, les FDS lui ont indiqué qu’elles ne s’en prennent pas aux personnes non armées, et l’ont épargné après avoir constaté qu’il ne portait effectivement pas d’arme. Il a ensuite conduit les éléments jusqu’à l’endroit où il avait jeté son poste ER, permettant sa récupération.
« Je profite dire merci aux FDS pour m’avoir épargné la vie et de bien prendre soin de moi, malgré qu’elles ont su que j’étais une mauvaise personne. En brousse, on a toujours cru que les FDS tuent les gens au hasard. Je viens aujourd’hui pour
exprimer mes profonds regrets à l’ensemble du peuple burkinabè pour le tort que j’ai pu commettre », a-t-il confié, selon des sources sécuritaires.
Boukaré a par ailleurs lancé un appel aux autres détenteurs de postes ER dans la zone de Thiou et ailleurs, utilisés pour alerter les terroristes des mouvements aériens militaires, à mettre fin à cette pratique.
« Adoptons de bons comportements pour permettre aux FDS de gagner la guerre et de faire revenir rapidement la paix dans le pays », a-t-il exhorté.
Ces derniers mois, les Forces combattantes, professionnelles et respectueuses de la dignité humaine, ont sauvé des dizaines d’enfants et de combattants terroristes pour leur offrir une chance de se remettre sur le droit chemin.
En revanche, les boys continuent de traquer et de neutraliser ceux qui refusent d’entendre l’appel du commandant en chef des Armées, le capitaine Ibrahim Traoré, à déposer les armes sans condition pour préserver leurs vies.

Au Burkina Faso, nouveau développement dans l’affaire Norbert Zongo, du nom de ce journaliste d’investigation assassiné le 13 décembre 1998 avec trois de ses compagnons alors qu’il enquêtait sur la mort suspecte du chauffeur du petit frère de l’ancien président Blaise Compaoré. Dans un communiqué, le procureur général près la cour d’appel d Ouagadougou informe que trois personnes, dont François Compaoré, le frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré devront comparaitre devant le tribunal pour répondre des faits d’assassinat, de destruction volontaire aggravées de biens et de complicité d’assassinat. Mais un avocat d’un des accusés a déposé un recours contre l’arrêt de la chambre d’instruction, entrainant un report de l’ouverture du procès.
Le procureur général assure que le dossier sur l’assassinat du journaliste Norbert Zongo était prêt pour « la tenue d’une audience » de jugement c’est-à-dire l’ouverture du procès. Mais le 31 juillet dernier, l’avocat de Banagoulo Yaro, l’un des accusés, a déposé un recours au niveau de la Cour de cassation du Burkina Faso pour contester la décision de la chambre d’instruction.
Le procureur général rassure. La justice burkinabè met tout en œuvre pour « une issue diligente » de ce dossier dans le respect des principes et règles qui régissent la procédure.
Apres des années de procédure, avec plusieurs rebondissements, la chambre d’instruction a décidé de renvoyer pour jugement, Wanga Christophe Kombassere, Banagoulo Yaro et Paul François Compaoré, frère cadet de l’ancien président Blaise Compaoré. Ils sont poursuivis respectivement pour assassinat et destruction volontaire aggravée de biens et incitation à la commission d’un assassinat.
Depuis le drame, le 13 décembre 1998, les défenseurs des droits humains luttent pour obtenir la lumière sur ce qui est appelé « le quadruple assassinat de Sapouyi ». François Compaoré vit à Abidjan depuis 2024. Venu rendre visite à son frère, il ne parvient pas à faire renouveler son visa vers la France. x1200
2026.8.10 Burkina Faso: interdiction de 18 évènements culturels dits contraires aux bonnes mœurs
Au Burkina Faso, les restrictions des militaires au pouvoir contre le secteur culturel se poursuivent. Le ministère de la Culture a adressé des mises en demeure aux organisateurs de plusieurs événements festifs dans le pays. Ces suspensions interviennent dans le cadre d’une politique, dite « d’assainissement dans le secteur artistique et culturel », engagée par le ministère de la Culture depuis mars 2025.
Parmi les évènements interdits figure Golden Moment – rencontres du milieu showbiz – qui était prévu, du 14 au 15 août, au Palais des Sports de Ouagadougou.
Autre évènement concerné : Urban Vibes. Le festival avait tenu sa première édition, en mai dernier, à Bobo-Dioulasso, la capitale économique du pays. Au programme : la découverte d’artistes locaux mais aussi des campagnes de sensibilisation au cancer du sein, à la sécurité routière ainsi qu’à des activités de reboisement.
Au total, ce sont 18 évènements qui ont été interdits dans plusieurs localités du Burkina Faso. Le ministère de la Culture estime que ces activités sont contraires aux bonnes mœurs et susceptibles de porter atteinte à l’ordre public.
Mais ces interdictions interviennent dans un contexte plus large de durcissement des règles dans le secteur culturel. Début juin, les concours de beauté féminins ont notamment été interdits, dans l’attente de nouveaux textes, jugés plus conformes « aux valeurs culturelles nationales ».
Près de deux mois plus tard, ces textes se font toujours attendre.
2026.7.17 L’attente solitaire et désespérée de Blaise Compaoré, l’ancien président burkinabé, dans sa villa ivoirienne
« Chefs d’Etat africains en exil » (6/6). Détrôné par une insurrection populaire en 2014, après vingt-sept années au pouvoir, le président burkinabé a fui en Côte d’Ivoire avec l’aide de la France. Condamné à la prison à perpétuité dans son pays, l’ancien militaire, âgé de 75 ans, très diminué, n’a pu, à ce jour, réaliser son rêve de finir sa vie sur sa terre natale.
2026.6.24 Burkina: emprisonné depuis janvier 2024, l’opposant Guy Hervé Kam hospitalisé après des soucis de santé
Au Burkina Faso, Guy Hervé Kam, l’avocat, co-fondateur du Balai citoyen et leader du mouvement politique Sens emprisonné – sans procès – depuis janvier 2024 a été hospitalisé après des problèmes de santé début juin.
Le 3 juin dans sa cellule de la MACA, Guy Hervé Kam est pris de douleur dans l’épaule et dans le dos. Des douleurs suffisamment préoccupantes pour que son transfert dans un hôpital soit justifié.
Compte tenu de la qualité du prisonnier – l’avocat et leader politique est emprisonné depuis plus deux ans pour complot contre la sûreté de l’État – ce transfert engendre un dispositif sécuritaire conséquent. C’est ainsi que de nombreux véhicules blindés, une cinquantaine de militaires, ont bouclé le quartier de Ouaga 2000 où se trouve la polyclinique internationale de Ouagadougou, anciennement « clinique du cœur ».
Prisonnier le plus célèbre du Faso
Là, suite à différents examens, il est décidé de l’hospitalisation de l’un des prisonniers les plus célèbres du Burkina Faso. Une semaine d’hospitalisation qui ne s’est pas faite sans mal, tant les responsables de l’hôpital ont dû parlementer avec les militaires qui ne voulaient pas laisser Guy Hervé Kam hors de sa cellule de la MACA.
Finalement ces derniers se sont rendus aux arguments des médecins tout en filtrant scrupuleusement les allées et venues du personnel et des patients de la clinique.
Le 10 juin, Guy Hervé Kam est sorti de la clinique pour rejoindre sa cellule. Plusieurs sources affirment qu’il va mieux même s’il reste sous traitement médical et sous surveillance militaire.

2026.1.20 « Les habitants cachent leurs traumatismes » : au Burkina Faso, les stigmates invisibles de la guerre
En dix ans, la guerre a atteint un niveau de violence sans précédent dans ce pays du Sahel. Les suicides, très tabous, se sont multipliés, auxquels s’ajoutent des dépressions, stress post-traumatique, troubles anxieux… Alors que la répression se durcit au Burkina Faso, les blessures psychologiques se creusent en silence.
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C’était en 2024 à Bogandé, une ville encerclée par les djihadistes dans l’est du Burkina Faso. Des villageois ont retrouvé dans un champ une femme pendue à un arbre. Dans l’herbe, son bébé, enveloppé dans des linges, pleurait. De cette mère, on ne connaîtra ni le nom ni l’histoire. Juste qu’elle venait de fuir son village et qu’elle avait « tout perdu », selon une source qui a travaillé dans la région. Comme tant d’autres au Burkina Faso, où plus de deux millions d’habitants ont quitté leur foyer et des milliers ont été tués depuis le début de la menace terroriste en 2015.x1200
2025.12.4 Le Burkina Faso va rétablir la peine de mort, annonce le régime militaire
Selon l’ONG Amnesty international, la dernière exécution recensée au Burkina Faso remonte à 1988. La peine capitale avait été abolie sous le régime civil de Roch Marc Christian Kaboré, trente ans plus tard.
Un retour en arrière. Le régime militaire au Burkina Faso va rétablir dans son code pénal la peine de mort, abolie en 2018, a annoncé jeudi 4 décembre le Conseil des ministres. Elle pourra s’appliquer pour “un certain nombre d’infractions que sont la haute trahison, les actes de terrorisme, les actes d’espionnage, entre autres”, a précisé le service d’information du gouvernement burkinabè.
Selon Amnesty International, la dernière exécution recensée au Burkina Faso remonte à 1988. La peine de mort a été abolie sous le régime civil de Roch Marc Christian Kaboré, trente ans plus tard. Le Burkina est désormais dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir après un coup d’Etat en septembre 2022. Il mène depuis une politique souverainiste et hostile à l’Occident dont il critique notamment certaines “valeurs”. Le pays s’est par ailleurs rapproché de nouveaux partenaires comme la Russie ou l’Iran.
Le projet de loi cherche à répondre “aux aspirations profondes du peuple”, a expliqué le ministre burkinabè de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala. Le texte, qui doit être validé par l’Assemblée législative de transition, créée par la junte, “sanctionne” par ailleurs “la promotion et les pratiques homosexuelles et assimilées”, selon le gouvernement. En septembre, pour la première fois, le pays avait adopté une loi prévoyant des peines qui peuvent aller jusqu’à cinq ans de prison pour les “auteurs de pratiques homosexuelles”.
2025.9.2 Le Burkina Faso adopte une loi qui pénalise l’homosexualité et prévoit jusqu’à cinq ans d’emprisonnement
Les relations homosexuelles sont interdites dans un tiers des pays du monde et peuvent être dans certains d’entre eux passibles de prison, voire de peine de mort.
Un recul inquiétant des droits au Burkina Faso. Le pays, dirigé par une junte militaire, a adopté lundi 1er septembre une loi prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour les “auteurs de pratiques homosexuelles”, selon la télévision d’Etat. Jusqu’à présent aucune loi ne visait particulièrement les personnes homosexuelles au Burkina Faso, qui vivent toutefois discrètement dans ce pays ouest-africain.
Le projet de loi a été adopté à l’unanimité par les 71 membres non élus de l’Assemblée législative de transition (ALT), qui fait office de Parlement depuis la prise de pouvoir de la junte, il y a près de trois ans. “La loi prévoit une peine d’emprisonnement qui va de deux à cinq ans et des peines d’amende”, a déclaré le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, dans un reportage diffusé sur la télévision nationale du Burkina (RTB). Il a précisé que pour les ressortissants étrangers, la peine serait une expulsion du pays.
Les relations homosexuelles sont interdites dans un tiers des pays du monde et peuvent être dans certains d’entre eux passibles de prison, voire de peine de mort. Sur le continent africain, l’homosexualité est criminalisée dans une trentaine de pays et certains ont récemment durci leurs lois, comme le Ghana ou l’Ouganda.
2025.3.8 Photographie : « Dévoreuses d’âmes », un regard puissant sur l’exclusion des femmes au Burkina Faso
Avec cette exposition, Nyaba Léon Ouedraogo rend hommage à ces femmes accusées injustement de sorcellerie et marginalisées au pays des hommes intègres.
Considérées comme des « dévoreuses d’âmes » et accusées d’être responsables de la mort d’un enfant ou d’une jeune adulte jugée suspecte, ces femmes sont contraintes de fuir leur village sur-le-champ. Laissant tout derrière elles – leurs enfants et leur famille –, elles sont condamnées à survivre dans une extrême pauvreté. Au Burkina Faso, sur le plateau mossi, cette terrible tradition perdure.
L’exposition « Dévoreuses d’âmes », présentée à la Galerie Christophe Person, remet en lumière ces femmes ostracisées, perçues avec suspicion et crainte. En 2013-2014, le photographe Nyaba Léon Ouedraogo, qui partage son temps entre la France et le Burkina Faso, les a immortalisées dans cette série photographique, réalisée dans le cadre du Prix pour la photographie du musée du quai Branly – Jacques-Chirac.
Dès son enfance, l’artiste, né en 1978, a été confronté à ces croyances. « Ma mère nous a mis en garde. Dès l’âge de 6 ans, elle nous a dit de faire attention aux vieilles dames seules, car elles pouvaient nous dévorer. […] Lorsque j’ai perdu un ami du quartier, on nous a fait comprendre qu’une sorcière l’avait mangé. Ce fut un choc », raconte Nyaba Léon Ouedraogo. D’abord nourri de cette peur, il a fini par ne plus supporter la profonde injustice dont souffraient ces femmes accusées à tort. « Plus tard, j’ai compris que ces femmes n’avaient rien fait », quand Il a eu devant les yeux l’exemple d’un camarade dont la mère, âgée, a été accusée d’être une sorcière.
Dans les villages du plateau mossi, la scène est toujours la même : le corps du défunt, enveloppé dans un drap blanc, est porté en transe par deux jeunes hommes. Lorsqu’il touche une case, la femme désignée comme coupable peut tenter de fuir, mais si elle est rattrapée, elle risque d’être battue à mort. Ces accusations ciblent toujours des femmes vulnérables – souvent veuves, âgées ou abandonnées. À la périphérie de Ouagadougou, le centre Delwendé, dirigé par les sœurs missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, recueille celles qui ont pu échapper à ce destin tragique.

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