France! 2026 Oise : une femme jugée pour avoir organisé en plein divorce l’assassinat de son mari avec des complices, Procès en appel du financement libyen : Nicolas Sarkozy clame son innocence et assure qu’il n’a “pas trahi la confiance des Français”, Patrick Balkany condamné à de la prison ferme sans mandat de dépôt dans deux dossiers de détournements de fonds publics, Plateforme porno French bukkake : Les 16 hommes accusés seront jugés aux assises, Meurtre de Jonathan : « Peut-être que l’auteur a entendu parler de mes faits »… Martin Ney accuse un imitateur, Haute-Saône : Vingt-cinq ans de prison pour celle qui avait poignardé à mort son ex, Meurtre de Jonathan : « C’est moi qui ai insisté pour qu’il parte en voyage »… Au procès de Ney la douleur des proches, Affaire Grégory : La mise en examen de la grand-tante une nouvelle fois remise en question, Colère perte d’appétit… Au procès des violences sexuelles de l’école Baudin les mille façons dont les enfants « parlent », « Je ne pensais pas faire mal » plaide l’accusé avant le verdict dans le procès du viol de Laëtitia R., L’essentiel du procès libyen en appel : Sarkozy “l’instigateur” d’une association de malfaiteurs, Un maire des Côtes-d’Armor soupçonné de pratiques sectaires mis en examen pour « abus de faiblesse » et viols, Disparition de Manon Relandeau : son conjoint incarcéré en Algérie l’enquête se poursuit, L’influenceur algérien « Doualemn » jugé en appel se dit victime des tensions entre la France et l’Algérie, Le conducteur qui a écrasé le cycliste Paul Varry sera jugé pour meurtre, Les crimes sexuels augmentent en Europe bien plus à l’Ouest qu’à l’Est, Félix Bingui alias “le chat” chef présumé du clan Yoda jugé pour trafic de stupéfiants, “Son but était de m’humilier” : ouverture du procès de l’ex-compagnon de Laëtitia pour torture et viols à Manosque, Saad Lamjarred condamné à cinq ans de prison pour le viol d’une jeune femme à Saint-Tropez, Around 10 ‘new’ victims in France’s Epstein probe: prosecutor, Probes ongoing into alleged abuse at 100 Paris schools and nurseries, Suicide de Sara 9 ans : l’enquête du rectorat confirme des “faits graves de harcèlement scolaire”, Mort de Jamal Khashoggi en 2018 : un juge français va enquêter après une plainte contre Mohammed ben Salmane, A French judge will look into complaints against Saudi crown prince over Khashoggi’s killing, Le « cimetière » du tueur en série Émile Louis à nouveau fouillé à partir de ce lundi, Flavie Flament annonce avoir déposé une plainte contre Patrick Bruel pour viol, Affaire Patrick Bruel : l’animatrice Flavie Flament l’accuse de viol et annonce porter plainte, Accusé de violences sexuelles : Patrick Bruel sort du silence, “Ça permet d’être repéré moins facilement” : comment la prostitution s’est déplacée vers les meublés touristiques, Affaire Christophe Ruggia : le réalisateur condamné en appel à cinq ans de prison pour agressions sexuelles sur Adèle Haenel, Attentat au marché de Noël de Strasbourg : peine 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2026.5.29 Oise : une femme jugée pour avoir organisé en plein divorce l’assassinat de son mari avec des complices
Une femme de 48 ans est jugée, à partir de ce vendredi 29 mai, devant la cour d’assises de l’Oise.
Cette mère de famille est accusée d’avoir commandité l’assassinat de son mari en 2021.
L’un des fils de Delphine Pinto, un amant et deux amis à lui sont jugés à ses côtés.
Le procès d’une femme accusée d’avoir assassiné son mari mi-2021 en plein divorce, avec l’aide de trois hommes dont un amant, s’est ouvert, ce vendredi 29 mai, à Beauvais devant la cour d’assises de l’Oise. Le 24 août 2021, son époux Jean-Christophe Piel, un kinésithérapeute de 41 ans, avait été abattu d’une balle dans l’arrière de la tête, alors qu’il taillait des roses dans son jardin à Breuil-le-Vert, petite ville de 3.000 habitants dans l’Oise. Découvert grièvement blessé après l’appel d’une voisine, il avait succombé à l’hôpital le lendemain.
Delphine Pinto, 48 ans, avec qui il était en instance de divorce, un amant de celle-ci et deux amis de ce dernier, dont l’un pourrait avoir été missionné pour être le tireur, sont jugés jusqu’au 12 juin. Ces quatre personnes sont soupçonnées d’avoir fomenté le meurtre de Jean-Christophe Piel, et d’avoir mis dans la confidence d’une partie des projets le fils adulte de Delphine Pinto né d’une précédente union, qui sera aussi sur le banc des accusés.
Le mari accusé de violences et d’agressions sexuelles incestueuses
Une semaine avant sa mort, Jean-Christophe Piel avait bénéficié d’une ordonnance de non-lieu, alors qu’il était accusé de violences sur sa femme, dont il était séparé depuis plusieurs années, et d’agression sexuelle incestueuse sur l’une de leurs deux petites filles.
Il avait également été accusé d’agressions sexuelles par deux enfants des trois autres enfants de son ancienne conjointe, nés d’une précédente relation mais qu’il avait adoptés. Son décès a entraîné l’extinction des poursuites entamées début 2019, mais, selon le parquet, la procédure n’avait pas permis d’établir “des charges suffisantes”.
Décrite comme “manipulatrice et mythomane”
D’après les éléments de l’enquête consultés par l’AFP, le couple formé par Jean-Christophe Piel et Delphine Pinto était “caractérisé par une asymétrie”, la quadragénaire étant qualifiée de “manipulatrice et mythomane” tandis que son époux est décrit comme “soumis et sous l’emprise”. Delphine Pinto, qui a “concédé” son désir de vengeance à l’égard de Jean-Christophe Piel, a néanmoins nié avoir voulu le tuer ou organiser son meurtre. Les autres accusés ont aussi gardé le silence ou nié les accusations lors de leurs auditions.
Plusieurs proches de la famille auditionnés lors de l’enquête ont indiqué avoir entendu ou avoir eu vent de propos de cette quadragénaire concernant la possibilité de tuer son ex-compagnon pour récupérer de l’argent. Une des filles de l’accusée, adoptée par Jean-Christophe Piel, a ainsi assuré que sa mère a, avant la mort du kinésithérapeute, acheté des couteaux et de la corde, avec la volonté de s’en prendre à lui, et a par la suite demandé à sa fille de lui fournir une arme. Delphine Pinto a reconnu lors d’une audition ces achats et cette demande, assurant qu’ils visaient uniquement à “protéger” ses enfants.
Me Arnaud Ledru, avocat de l’accusée, espère que sa cliente sera acquittée, assurant “qu’un certain nombre d’investigations n’ont pas été faites” et que les enquêteurs se sont “arc-boutés sur un scénario”. Il voit dans ce procès une “parfaite illustration de la défaillance de notre système judiciaire et du peu de moyens” dont il dispose.
Delphine Pinto avait déjà été condamnée à deux ans d’emprisonnement, dont 18 mois avec sursis, pour “escroquerie” et “usurpation d’identité” en 2011 et 2012. Elle s’était alors notamment fait passer pour une avocate et avait créé une association pour récolter des fonds pour une prétendue opération de l’un de ses enfants, qui n’avait jamais été prévue.
Le verdict est attendu le 12 juin.

2026.5.28 Patrick Balkany condamné à de la prison ferme sans mandat de dépôt dans deux dossiers de détournements de fonds publics
Condamnation•L’ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, a été condamné à de la prison ferme sans mandat de dépôt dans deux dossiers de détournements de fonds publics
L’ancien maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick Balkany (77 ans), a été condamné à de la prison ferme, dans deux dossiers distincts de détournements de fonds publics, à respectivement 15 mois d’emprisonnement ferme et trois ans ferme. Mais le tribunal correctionnel de Nanterre de n’a pas assorti ces peines de mandat de dépôt, « compte tenu de [son] âge ».
Le tribunal a également condamné l’ex-baron de la droite francilienne à, respectivement, 350.000 et 500.000 euros d’amende ainsi que dix ans d’inéligibilité et l’interdiction d’exercer une activité dans la fonction publique pendant cinq ans.
Veuillez fermer la vidéo flottante pour reprendre la lecture ici.
Dans une première affaire, il était poursuivi pour avoir utilisé les fonds d’une association subventionnée par la ville pour assurer un complément de revenu à son ex-directeur du développement économique. Le parquet avait requis 18 moins de prison ferme, 350.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité.
La seconde affaire concernait l’utilisation de policiers municipaux à des tâches personnelles, entre 2010 et 2015, notamment comme chauffeurs privés. Le procureur de la République avait requis, cette fois, un an de prison ferme, 150.000 euros d’amende et 10 ans d’interdiction de droit de vote. L’audience s’est tenue du 7 au 10 avril et avait dû être suspendue après des propos du prévenu jugés proches de l’outrage par la présidente du tribunal.
L’ancien édile, à la tête de cette commune pendant trente et un ans (de 1983 à 1995, puis de 2001 à 2020), n’était pas présent au délibéré pour cause d’hospitalisation, selon son avocat Robin Binsard. Ce dernier a indiqué que son client comptait faire appel de ces deux décisions.
Patrick Balkany a déjà été condamné dans plusieurs autres affaires, notamment en 2023 avec son épouse Isabelle pour avoir dissimulé 13 millions d’euros au fisc. En avril, la cour d’appel de Rouen a confirmé sa libération conditionnelle pour les 15 mois de prison qu’il lui reste à purger dans ce dossier. Il a par ailleurs fait cinq mois de détention en 2019-2020, puis à nouveau six mois en 2022.

2026.5.28 Plateforme porno French bukkake : Les 16 hommes accusés seront jugés aux assises
proces•Parmi les 16 accusés figurent le dirigeant de la plateforme aujourd’hui fermée, son associé, un rabatteur présumé et des acteurs
Les assises plutôt que la cour criminelle. C’est devant cette cour que se déroulera le premier grand procès en France pour violences sexuelles dans le milieu du porno amateur, comme le demandaient de nombreuses parties civiles de l’affaire de la plateforme pornographique French Bukkake.
A l’été 2023, les juges d’instruction avaient ordonné le renvoi des mis en cause devant la cour criminelle. Mais une trentaine de parties civiles avaient contesté ce renvoi, réclamant que les circonstances aggravantes du sexisme et du racisme soient retenues pour les viols qu’elles dénoncent lors de tournages de la plateforme, entre 2015 et 2020.
Une peine plus lourde encourue
Pour juger de viols avec de telles circonstances aggravantes, la loi française prévoit une comparution aux assises, qui fait encourir une peine plus lourde – au-delà de vingt ans de réclusion – aux 16 accusés, dont le dirigeant de la plateforme aujourd’hui fermée, son associé, un rabatteur présumé et des acteurs.
Saisie, la cour d’appel avait une première fois refusé, mais sa décision avait été cassée par la Cour de cassation, qui lui avait demandé de réexaminer cette affaire. Jeudi, la chambre de l’instruction, qui a rendu son délibéré à huis clos, a fait savoir aux avocats qu’elle préciserait ses motivations de renvoi aux assises dans les prochains jours.
« La dimension raciste et sexiste des viols pas du tout anecdotique »
Dans son arrêt de mai 2025, la Cour de cassation avait estimé que la chambre de l’instruction aurait dû retenir les caractères sexistes et racistes des viols. Ainsi, la Cour concluait que la chambre s’était trompée quand elle avait estimé que les termes « salope, pute ou vide-couilles » n’étaient pas tenus, « précisément », « en raison de l’appartenance des victimes au sexe féminin » ou, concernant d’autres insultes, « de leur appartenance ou supposée appartenance à une prétendue ethnie ou race ».
La plus haute juridiction judiciaire concluait également que la chambre de l’instruction aurait dû considérer les tournages pornographiques comme du proxénétisme de la part des producteurs qui ont tiré profit de cette activité. « Nous nous félicitons du renvoi aux assises », a réagi jeudi Lorraine Questiaux, avocate de parties civiles.
« La dimension raciste et sexiste des viols n’est pas du tout anecdotique, elle montre que la haine est au coeur du modus operandi de l’industrie pornographique et permet de comprendre le contexte dans lequel ces crimes ont été commis », a-t-elle ajouté. « Pour déclencher des changements » de société, « la cour d’assises est un vecteur plus efficace », a abondé Pierre-Alexandre Kopp, du côté des parties civiles.

2026.5.28 Meurtre de Jonathan : « Peut-être que l’auteur a entendu parler de mes faits »… Martin Ney accuse un imitateur
assises•Après plus d’une semaine de procès au tribunal judiciaire de Nantes, la cour a débuté l’interrogatoire de fond de Martin Ney. Le pédocriminel allemand est accusé d’avoir enlevé et tué Jonathan Coulom pendant une classe de mer
L’essentiel
Le procès de Martin Ney, prédateur sexuel condamné à la perpétuité en Allemagne, s’est ouvert le 18 mai devant la cour d’assises de Loire-Atlantique.
L’homme de 55 ans est accusé d’avoir enlevé et tué Jonathan Coulom, 10 ans, porté disparu en avril 2004 lors d’un séjour en classe de mer à Saint-Brevin-les-Pins.
Le corps sans vie du « petit Jonathan » avait été découvert plus d’un mois après sa disparition dans un étang de Guérande. Rapidement, les enquêteurs allemands avaient été alertés par les similitudes entre cette affaire et plusieurs disparitions de jeunes garçons en Allemagne.
A la cour d’assises de Loire-Atlantique,
Il aura fallu attendre sept jours d’audience pour que Martin Ney laisse entrevoir une forme d’émotion. Le regard vide, le visage fermé, l’absence de réaction… Depuis l’ouverture de son procès aux assises de Loire-Atlantique, le pédocriminel allemand accusé du meurtre de Jonathan Coulom semblait étrangement détaché des faits qui lui sont reprochés. Jeudi soir, les larmes ont fini par couler.
Au premier jour de l’audience, l’homme condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de trois enfants et plusieurs agressions sexuelles sur mineurs en Allemagne a reconnu sa « pédophilie ». Lors de son interrogatoire de fond ce jeudi, le quinquagénaire est revenu plus en détail sur son attirance sexuelle envers les très jeunes garçons.
« Je me déplaçais toujours de manière discrète »
Martin Ney a majoritairement sévi dans les années 90. « A ce moment-là j’avais peu d’amis », confie l’accusé. Il explique avoir à de nombreuses reprises pris le volant pour se « débarrasser de ce sentiment de solitude » avant qu’il ne se transforme en « envie sexuelle ». A l’intérieur de son véhicule : un masque ou une cagoule ainsi qu’une paire de gants. « J’avais en tête que je pouvais m’en servir » comme ce soir de 1991, la première fois où il s’arrêta dans un centre de vacances pour commettre des faits de nature sexuelle. « J’ai connu l’endroit en passant devant par hasard et j’y suis retourné plus tard. »
« La manière dont je procédais était plus cruelle que ce que j’imaginais, détaille Martin Ney. Je me déplaçais toujours de manière discrète, en silence, j’évitais d’utiliser des lampes de poche. Avant de pénétrer dans un bâtiment, je l’observais un certain temps. »
Déjà condamné pour les faits qu’il mentionne depuis le box nantais, l’Allemand livre les détails de ses passages à l’acte, parfois entre les larmes. L’étranglement du jeune Stefan Jahr (tué en 1992), l’absence de remords envers Dennis Rostel (tué en 1995), la façon dont s’est débattu Dennis Klein (tué en 2001).
« Oui, il aurait pu me plaire »
Dans le dossier Jonathan Coulom, les enquêteurs français et allemands s’accordent pour dire que l’auteur des faits commis outre-Rhin et les faits infligés au « petit Jonathan » sont la signature d’un même individu. « Je vois bien entendu des ressemblances », juge Martin Ney qui emploie le terme « copies », « peut-être que l’auteur a entendu parler de mes faits ».
Interrogé sur ses préférences physiques et sur l’apparence de Jonathan Coulom, l’accusé glisse à demi-mot « oui, il aurait pu me plaire », sans pour autant passer aux aveux. « Je suis absolument sûr de ne pas avoir commis ces faits de même que je suis absolument sûr de n’être jamais allé à Saint-Brévin-les-Pins. » La cour rendra son verdict le 4 juin.

2026.5.28 Haute-Saône : Vingt-cinq ans de prison pour celle qui avait poignardé à mort son ex
CONDAMNATION•Jugée pour le meurtre de son ancien compagnon à Vesoul en janvier 2024, une femme de 61 ans a été condamnée, jeudi, par la cour d’assises de Haute-Saône à 25 ans de réclusion criminelle
La cour d’assises de Haute-Saône a condamné jeudi une femme de 61 ans à 25 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son ancien compagnon à Vesoul en janvier 2024. Mireille Hennequin a été reconnue coupable d’avoir poignardé à sept reprises Jean René Imouza Ichiza à l’issue de trois jours de procès. L’avocate générale avait requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle assortie de 18 ans de sûreté.
Les faits remontent au 11 janvier 2024. Une dispute violente avait éclaté dans l’appartement de la victime à Vesoul. Selon les éléments évoqués à l’audience, les deux anciens compagnons avaient échangé des coups avant que l’accusée ne saisisse un couteau dans la cuisine puis revienne vers son ex-conjoint pour le frapper. Touché au thorax, l’homme est mort d’une hémorragie massive, selon l’autopsie.
La défense pleine la légitime défense
Déjà condamnée avec la victime pour des violences réciproques, Mireille Hennequin présentait 18 mentions à son casier judiciaire. Pendant le procès, son avocate Emilie Breitner a plaidé la légitime défense, l’accusée affirmant avoir réagi aux violences subies. La scène avait été enregistrée par une caméra installée dans l’appartement de Jean René Imouza Ichiza.
L’avocat des parties civiles, Julien Vernet, a indiqué que « nous avons une vidéo concrète, où on voit très bien ce qui s’est passé ». Il représentait notamment l’ex-concubine, les enfants et petits-enfants de la victime, décrite comme un homme « qui avait le cœur sur la main ». Après les coups de couteau, l’accusée avait également craché sur son ancien compagnon en proférant des insultes raciales. « Ce crachat est un geste abject, symbole du mépris total de l’autre », a plaidé Me Vernet.

2026.5.27 Meurtre de Jonathan : « C’est moi qui ai insisté pour qu’il parte en voyage »… Au procès de Ney, la douleur des proches
Assises•Le procès du pédocriminel Martin Ney se poursuit aux assises de Loire-Atlantique dans l’affaire du meurtre du « petit Jonathan », disparu en 2004 en classe de mer. Mercredi après-midi, la grande sœur et le père de l’enfant ont livré leurs témoignages
L’essentiel
Le procès de Martin Ney, prédateur sexuel condamné à la perpétuité en Allemagne, s’est ouvert le 18 mai devant la cour d’assises de Loire-Atlantique.
L’homme de 55 ans est accusé d’avoir enlevé et tué Jonathan Coulom, 10 ans, porté disparu en avril 2004 lors d’un séjour en classe de mer à Saint-Brevin-les-Pins.
Le corps sans vie du « petit Jonathan » avait été découvert plus d’un mois après sa disparition dans un étang de Guérande. Rapidement, les enquêteurs allemands avaient été alertés par les similitudes entre cette affaire et plusieurs disparitions de jeunes garçons en Allemagne.
A la cour d’assises de Loire-Atlantique,
Pour son onzième anniversaire, Jonathan Coulom avait demandé un camion de pompiers. Mais à cette date du 29 avril 2004, le petit garçon était porté disparu. C’était il y a vingt-deux ans. Pourtant, la douleur semble cristallisée pour les parents du « petit Jonathan », enlevé en classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins et retrouvé mort un mois plus tard, nu et lesté d’un parpaing, dans un étang de Guérande.
Virginie Lacombe a toujours été présente depuis l’ouverture du procès de Martin Ney, le pédocriminel allemand accusé du meurtre de son seul fils. Partie civile, elle n’a en revanche pas souhaité prendre part au débat ce mercredi après-midi. Au sixième jour d’audience, la Berrichonne est restée les yeux rivés sur Stéphane Coulom. Présent en qualité de père, il n’est pas le géniteur de Jonathan mais dit l’avoir toujours considéré comme son fils, son « p’tit bonhomme ».
Le poids de la culpabilité
Longtemps, le quinquagénaire s’est senti responsable de la mort de l’enfant. En 2004, le couple qu’il forme avec Virginie Lacombe fait face à des problèmes financiers. « C’est moi qui ai insisté pour qu’il parte en voyage, je l’ai emmené au car ce matin-là », confie-t-il. C’était un dernier contact quelques jours avant ce fameux coup de fil : « Je me souviens des mots du maître d’école, il pensait que mon fils avait fugué. »
Cette hypothèse, Stéphane Coulom n’y a jamais cru. Suivre un inconnu dans la nuit ? « C’est impossible, selon lui, Jonathan avait peur du noir », pour s’endormir, « il avait besoin des étoiles » collées au plafond de sa chambre. L’homme se souvient de la voiture préparée à la hâte ce 7 avril 2004, des longues heures de trajet pour rejoindre la Loire-Atlantique, des cris et des pleurs de sa famille recomposée.
« J’attends des réponses »
Laeticia Coulom, elle, avait 11 ans aux moments des faits. « Jo’ » était « comme un jumeau » d’une autre mère. « Je me souviens des parties de dominos, des concours de coloriages et des Disney dans le canapé », lit-elle assidûment devant la cour. Sa prise de parole n’était pas prévue, « je me suis décidé il y a une heure », confie la jeune femme, les mains crispées sur un bout de papier.
Dès les premiers moments de la disparition, la grande sœur a été tenue informée des avancées de l’enquête, mais ses parents l’ont protégé des détails les plus sordides. « Il y a six ans, j’ai ressenti le besoin de lire le dossier », exprime-t-elle. La semaine dernière, elle a observé, impuissante, les photos du corps de son petit frère décédé. « C’est important pour moi de savoir ce qu’il s’est passé, j’attends des réponses à mes questions, que Jonathan soit reconnu comme la victime de quelqu’un. »
Après ces deux témoignages, des photos de « l’enfant sourire au regard bleu » sont projetées. Martin Ney ne manifeste aucune émotion, fidèle à l’impassibilité qui lui est propre. Au-dessus de son crâne, le « petit Jonathan » apparaît rayonnant et entouré des siens, porté par les récents témoignages de sa famille : « dans mes espoirs d’enfant, j’espérais qu’il revienne pour son anniversaire. »

2026.5.27 Affaire Grégory : La mise en examen de la grand-tante une nouvelle fois remise en question
enquête•En octobre 2025, la grand-tante de Grégory avait été mise en examen pour « association de malfaiteurs », soupçonnée d’être un des corbeaux qui ont harcelé la famille Villemin. On saura finalement le 15 juillet si elle reste mise en examen
Sera-t-on un jour qui est le principal corbeau dans l’affaire du « petit Grégory » Villemin, du nom de ce garçonnet de 4 ans, retrouvé noyé les pieds et les mains liés dans la Vologne, en octobre 1984 ? En octobre 2025, la grand-tante de Grégory, Jacqueline Jacob, a été mise en examen pour « association de malfaiteurs », soupçonnée d’être un des corbeaux qui ont harcelé la famille Villemin. Une décision qu’elle a contestée ce mercredi devant la cour d’appel de Dijon.
Selon l’accusation, Jacqueline Jacob aurait notamment écrit la lettre anonyme qui a revendiqué l’assassinat de Grégory : « Voilà ma vengeance. Pauvre con », disait le courrier. Une annulation représenterait la cinquième invalidation dans ce dossier chaotique, vieux de plus de 41 ans. La décision est attendue le 15 juillet.
Un pourvoi en cassation envisagé
« On attend assez sereinement une décision. Le procureur général lui-même considère que les faits sont prescrits », a indiqué Me !Frédéric Berna, un des avocats de Jacqueline Jacob, âgée de 81 ans, en bas des marches de la Cour d’appel de Dijon. La défense de l’octogénaire a de toute façon, d’ores et déjà indiqué qu’elle se pourvoirait en cassation, si elle n’avait pas gain de cause.
Pour rappel, dès le début de l’enquête, les investigations ont souligné la haine farouche que les Jacob, famille de la grand-mère de Grégory, nourrrissaient à l’égard des parents de l’enfant décédé. Bien que les Jacob n’aient cessé de démentir tout conflit, Jacqueline Jacob avait été mise en examen en 2017 pour « enlèvement et séquestration suivie de mort ». Un an plus tard, les poursuites étaient annulées.
« Une vingtaine de corbeaux »
Mais les accusateurs de Jacqueline Jacob soulignent que cette annulation reposait sur un simple vice de forme et non un manque d’indices. De plus, estiment-ils, de nouveaux éléments ont, depuis, étayé les accusations. Une expertise conduite en 2021 par un spécialiste suisse attribue à Jacqueline Jacob non seulement la lettre du 16 octobre 1984 revendiquant le crime, mais également trois autres de 1983, dont une qui menaçait les Villemin en ces termes : « Je vous ferez votre peau ».
Mais, rétorque Me Frédéric Berna, « plus d’une vingtaine » de corbeaux a été identifiée par les nombreuses expertises contradictoires de l’enquête. S’il obtient gain de cause, « ce serait la cinquième fois » que des poursuites sont annulées, calcule Me Berna en évoquant le « fiasco » de l’enquête : en 1993, la mère Christine Villemin a bénéficié d’un non-lieu après avoir été accusée d’être, elle aussi, un corbeau. En 2018, outre la mise en examen de Jacqueline Jacob, étaient également annulées celles de son mari Marcel, et de Murielle Bolle, belle-sœur d’un suspect, Bernard Laroche, qui a lui été tué par le père de Grégory.
Vers de nouveaux rebondissements ?
Mais ce n’est pas sur le fond que la défense de Jacqueline Jacob a demandé l’annulation de la mise en examen, mais sur la forme et, en particulier sur l’argument que les faits seraient prescrits, ce que croit également le procureur général, Philippe Astruc. Que la défense de Jacqueline Jacob n’attaque pas le fond, cela veut dire qu’elle « admet le sérieux des indices graves et concordants ciblant leur cliente », en conclut François Saint-Pierre, avocat des parents de Grégory.
A l’issue de l’audience, le conseil a rappelé que « l’instruction se poursuit pour que toute la vérité soit faite », en référence à des expertises des courriers anonymes toujours en cours. « Si elles concluent à l’implication de Jacqueline Jacob, alors elle encourra une mise en examen pour complicité d’assassinat », estime l’avocat. Les résultats de ces analyses « sont attendus prochainement », a indiqué le procureur général à l’issue de l’audience, semblant même évoquer de nouveaux rebondissements. « La poursuite des investigations criminelles (et s’il y a lieu d’éventuelles mises en examen) trouve pleinement à se justifier dès lors qu’il demeure des traces d’ADN non encore identifiées », estime Philippe Astruc dans un communiqué.

2026.5.27 Procès en appel du financement libyen : Nicolas Sarkozy clame son innocence et assure qu’il n’a “pas trahi la confiance des Français”
Ce mercredi 27 mai, le procès entre dans sa dernière phase avec les plaidoiries des avocats de Nicolas Sarkozy, avant les ultimes déclarations de l’ancien président. Une étape décisive, avant que la cour ne mette sa décision en délibéré.
Ce qu’il faut retenir
Nicolas Sarkozy a clôturé ce procès en appel en assurant qu”il n’a “pas trahi la confiance des Français”. Il a dit demander à être “jugé pour ce qu’il a fait, pas pour ce qu’il est”, évoquant une procédure vécue comme une épreuve personnelle après ses 20 jours de détention et la perspective d’une nouvelle incarcération.
La défense a plaidé la relaxe et dénoncé un “roman grotesque”, une “construction creuse et artificielle” bâtie sur des années d’enquête sans preuve directe. Les quatre avocats de l’ancien président de la Républoque ont contesté l’existence même d’un pacte corruptif, évoquant une accusation fondée sur des hypothèses et un “doute abyssal” qui, selon eux, doit conduire à l’acquittement.
Le parquet général a, de son côté, requis sept ans de prison pour association de malfaiteurs, corruption et financement illégal de campagne, en désignant Nicolas Sarkozy comme instigateur d’un pacte avec le régime de Mouammar Kadhafi. La défense a répliqué que rien ne permet d’établir ni financement, ni contrepartie, ni acte concret imputable à l’ex-chef d’Etat. Le délibéré sera rendu le 30 novembre 2026.
17:45
L’audience est levée
La cour tient à remercier l’ensemble des parties. Audience est levée. Le délibéré sera rendu le 30 novembre 2026 à 14h.
17:41
“Ce que j’ai dit est vrai”
“Ma femme m’a dit en venant – c’était trop pour elle d’être là – au fond : est-ce que tu regrettes ce que tu as fait pour la Libye ? J’ai dit non, car dans cette boue infâme j’ai pensé aux infirmières et aux médecins palestiniens et aux millions de Libyens”.
Il poursuit : “Mes derniers mots seront pour les parties civiles : je n’ai pas reçu d’estime de Kadhafi. Leur avocat a dit que c’est devenu mon mantra, mais qu’est-ce que vous voulez que je dise ? C’est la vérité.
J’ai été président de la République, ça ne change pas que je vais mourir, je ne sais pas dans combien de temps, mais je suis à égalité avec vous.
Je n’ai pas aidé M. Senoussi, ni de près ni de loin. Jamais je ne pourrai avouer quelque chose que je n’ai pas commis”.
Et de conclure : “Merci de m’avoir permis de m’exprimer devant vous. Je ne suis pas venu ici comme au bureau, mais comme on prend un chemin de croix. Ce que j’ai dit est vrai”.
17:39
“Je tiens car je suis innocent”
“Alors ce sont les derniers mots. C’est émouvant pour moi, car maintenant je vais attendre, pas comme un ancien président de la République qui va se réveiller tous les jours et y penser tous les soirs : ‘Est-ce que je vais y retourner ?’”, ajoute-t-il.
Nicolas Sarkozy poursuit : “Les gens me demandent comment je tiens. Je tiens car je suis innocent, je tiens à mon pays, et je ne peux pas croire qu’on 2026 un homme soit condamné à 7 ans de prison pour des faits qu’il n’a pas commis et contre lequel il n’y a aucune preuve.
On a dit que j’avais porté atteinte à l’honneur de la justice. Chaque fois qu’on m’a demandé de venir, je suis venu.
Je ne regrette rien de ce que j’ai dit. Tout ce que j’ai dit, je le pense au plus profond de mon cœur”.
17:35
“J’ai été élu par les Français, je ne me permettrai à personne de dire que cette élection a été biaisée”
L’ancien président de la République poursuit : “Mes avocats ont fait un travail extraordinaire. Ce sont des professionnels, aussi choqués que je l’étais moi-même. Je me suis dit que si je peux convaincre mes avocats, je peux convaincre la cour”.
Et il ajoute : “Quand j’entends que j’ai été élu en mai 2007 lors d’une élection biaisée, celui qui a prononcé ces mots oublie que c’est l’élection qui a mobilisé le plus de Français : 84% de Français, ça fait rêver aujourd’hui. 84% qui sont venus dire oui ou non à Sarkozy. 37 millions de Français abusés par une campagne qui aurait été biaisée par un financement que vous n’avez pas trouvé. Ça m’a blessé, et ça a blessé tous ceux qui n’ont pas voté pour moi.
J’ai été élu par les Français, je ne me permettrai à personne de dire que cette élection a été biaisée”.
“Non content de dire que l’élection a été biaisée, on a dit que j’avais été un président entre 2007 et 2012 sous influence étrangère, comprenez sous influence de Kadhafi. En disant cela, on mine ma confiance envers les institutions, on entretient une défiance qui n’a pas lieu d’être”, lance-t-il.
17:32
“Ces trois mois ont été une nouvelle épreuve” lance Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy se lève pour prendre la parole une dernière fois : “Cette affaire de prétendu financement libyen de ma campagne a commencé dans le mensonge et le complot, elle doit finir dans la vérité et la transparence”.
Il poursuit : “Depuis 14 ans, j’ai répondu inlassablement, à en devenir fou, à toutes les questions, toutes les investigations, toutes les enquêtes.
J’ai été naïf.
Chaque fois que je fermais un dossier en répondant, je me disais : ça y est, enfin ! Non…”
Il ajoute : “Je me suis battu, M. le président, j’ai mis l’énergie que la cour peut imaginer”.
Nicolas Sarkozy continue de dérouler : “J’ai assumé, j’ai argumenté, ma vie a été scrutée, mais ce n’est pas suffisant ! On m’a dit que je me prenais pour quelqu’un au-dessus des lois. Mon Dieu, si vous saviez, j’aimerais être traité comme n’importe qui, pas pour ce que je représente. Ce n’est pas un procès historique, ce n’est pas un roman, c’est ma vie”.
Il ajoute : “Quand je me suis retrouvé à la Santé, ce n’est pas le président qui a dû expliquer à sa fille en larmes, à ses enfants. Ces trois mois ont été une nouvelle épreuve, ça a été difficile : écouter sans rien dire, subir sans répondre. Entendre des choses folles, ce n’est tellement pas ce que je suis”.

Peu de temps avant le procès de l’animateur de l’école maternelle Alphonse-Baudin, à Paris, des représentants du collectif MeTooEcole étaient rassemblés devant le parvis du tribunal, demandant un « électrochoc national ».
2026.5.26 Colère, perte d’appétit… Au procès des violences sexuelles de l’école Baudin, les mille façons dont les enfants « parlent »
Compte Rendu•Rebecca Royer, avocate qui représente six des enfants d’Alphonse-Baudin et leurs familles, a estimé que cette « convergence » des symptômes des enfants « ne peut pas être le fruit du hasard » et a exhorté le tribunal à « croire » les enfants
L’essentiel
Un animateur de l’école maternelle Alphonse-Baudin, à Paris, était jugé ce mardi pour des agressions sexuelles sur neuf enfants.
C’est le premier procès public depuis l’éclatement du scandale des violences sexuelles dans le périscolaire à Paris. Il a donné à entendre toutes les façons dont les corps d’enfants réagissent et parlent à leur manière, lorsqu’ils sont affectés (encoprésie, infections, cauchemars, etc.).
L’avocate de six enfants, Rebecca Royer, a invité le tribunal à « croire » ces enfants, car « à leur âge, un enfant ne fabrique pas un mensonge judiciaire : il ressent, il subit, et parfois il exprime. Et ce qu’ils expriment converge ».
Il pleurait dès qu’il devait rester au périscolaire et avait des maux de ventre, d’après son avocate, si intenses qu’ils ont nécessité des passages aux urgences. Pourtant, le petit Jean, 4 ans, n’a pas formellement désigné d’agresseur quand les enquêteurs de la brigade des mineurs l’ont auditionné. Convoqué suite aux plaintes qui se sont accumulées contre son ancien animateur scolaire, pour agressions sexuelles contre des élèves qu’il encadrait, à l’école maternelle Alphonse-Baudin, à Paris, entre septembre 2024 et avril 2025, Jean a simplement dit qu’il « n’aimait pas le goûter à l’école, car il n’aimait pas que son zizi devienne tout dur ». Mais son corps, lui, a parlé, comme celui de huit autres enfants dont l’histoire a été racontée ce mardi après-midi au tribunal judiciaire de Paris, pour le premier procès public depuis qu’a éclaté le scandale de violences sexuelles dans le périscolaire de la capitale. David G. 36 ans, journaliste free-lance, est mis en cause pour des agressions sexuelles sur cinq enfants, et du harcèlement sexuel à l’encontre de deux collègues animatrices. Quatre familles l’accusent également d’agressions sexuelles sur leurs enfants et ont souhaité comparaître par citation directe. Les faits ont eu lieu entre la rentrée de 2024 et avril 2025, moment où David G. a été suspendu. Les enfants racontent pêle-mêle que l’homme leur aurait « touché le sexe malgré un refus », fait des « guillis sur le zizi » à la cantine, une autre raconte que David G. a lui touchait les fesses avec une cuillère dans la bibliothèque, une autre qu’on lui a touché la « foufoune » et les « fesses ». « Il fait des caresses à moi » Mais au-delà de leurs mots, qui désignent pourtant pour quasi tous les enfants l’animateur d’une manière assez nette, c’est leur corps qui s’exprime. Anne, raconte sa mère, a du mal à aller aux toilettes. Elle fait des crises pour ne pas s’y rendre, et a développé de l’encoprésie et de l’énurésie, c’est-à-dire qu’elle se défèque et urine régulièrement sur elle-même, alors qu’elle était propre avant l’évènement. Les deux sont souvent associés à des facteurs psychologiques, et notamment à des violences sexuelles. Pour l’encoprésie, l’enfant, touché dans son intimité, serre les fesses sans raison, se retient d’aller à la selle volontairement, puis finit par tout « lâcher » sans pouvoir contrôler.
Quand sa mère a appris que l’animateur était suspecté, elle raconte avoir interrogé tranquillement sa fille dans le bain, en posant « des questions ouvertes » : « Je lui ai juste demandé si elle l’aimait bien. Elle m’a dit: “Il fait des caresses à moi.” Elle a ajouté qu’il lui faisait des “boutons”, partout, sur la zézette, des bisous sur la bouche, qu’il l’aimait, qu’elle l’aimait. Elle a dit à sa psy qu’il avait “touché à sa zézette”. » Plus tard, on apprendra que David G. savait très bien ce que « bouton » voulait dire. En audition, il dira « ah oui elle veut dire “poutou” », souligne l’avocate de la petite fille, Rebecca Royer, pendant sa plaidoirie.
« Un enfant ne fabrique pas un mensonge judiciaire »
L’avocate ne manque pas d’énumérer comment ces petits corps parlent : l’état de « tristesse incontrôlable » de Béatrice, une enfant qui était auparavant solaire. La « rétention d’urine » d’Amélie et les « infections urinaires » d’Anne. Ses « crises de colère » soudaines comme chez Mirza, qui se met en position fœtale sous la couverture et hurle tout seul après les révélations. Le « sexe rouge et irrité » d’Aurélie, qui « s’essuie de manière frénétique, refuse brusquement de se doucher, a des cauchemars constants, une perte d’appétit, qui la conduit chez un médecin, des crises de larmes continues, une fatigue extrême, et un comportement très sexualisé ».
« Monsieur le président, ce que vous venez d’entendre, ce sont leurs voix », dit Rebecca Royer, invitant le magistrat à « croire » ces enfants, car « à leur âge, un enfant ne fabrique pas un mensonge judiciaire : il ressent, il subit, et parfois il exprime. Et ce qu’ils expriment converge. David G. a commis durant plusieurs mois des agressions sexuelles sur des enfants de maternelle. » « Cela ne peut pas être le fruit du hasard, cette convergence est la marque d’une réalité commune », dira-t-elle encore.
Empêtré dans ses contradictions
En face, le mis en cause s’est souvent enfermé dans ses contradictions, et n’a cessé de clamer qu’il n’était « pas concerné par les faits ». « J’ai toujours eu ma limite, malgré ma maladresse d’animateur », lâche-t-il. Quand le juge l’interroge pour savoir s’il a déjà « aidé un enfant à faire pipi », le rassurant sur le fait que même si le règlement l’interdisait, il pouvait parler sans crainte, un tel acte n’étant pas une agression sexuelle, il lâchera : « Cela peut être mal interprété. La moindre chose peut paraître comme déplacée. »
Tous ces symptômes d’enfants peuvent-ils être totalement déconnectés de l’attitude de David G. ? Le juge ne perd pas de vue cette hypothèse, qu’il va sans cesse sous-peser. A une mère, il reprochera d’avoir dit qu’on ne dit pas à son enfant que « c’est très grave ce que cet animateur a fait » : « Il est important de présenter la chose avec la présomption d’innocence, sinon cela peut influer sur l’enfant. »
Un « électrochoc national »
David G. ne semble avoir de regrets qu’au sujet de ses deux collègues, qu’il est suspecté d’avoir agressées sexuellement. Les deux femmes, animatrices, se sont décidées à porter plainte après avoir entendu les accusations formulées à l’encontre de leur ex-collègue au sujet des enfants.
« Quand j’ai appris c’est tout un iceberg qui m’est tombé dessus », dira l’une d’elles. « Je me suis dit que si je ne le faisais pas pour moi, je le faisais pour les enfants ».
Peu de temps avant, rassemblés devant le parvis du tribunal, l’une des porte-parole du collectif MeTooEcole réclamait un « électrochoc national ». « Les prédateurs changent d’école plus vite que les procédures n’avancent » disait la pancarte d’un des parents.
Trois ans de prison, dont un ferme sous bracelet, ont été requis contre David G. au sujet de trois enfants, le parquet estimant que les faits d’agressions sexuelles ne sont pas établis pour les autres. « Nous sommes évidemment déçues » par ces réquisitions, ont commenté pour 20 Minutes Rebecca Royer et son associée Hannah Kopp. La décision est attendue le 7 juillet.
*Tous les prénoms des enfants ont été modifiés
La plaignante Laëtitia R. et son avocat Philippe-Henry Honegger.
2026.5.23 « Je ne pensais pas faire mal », plaide l’accusé avant le verdict dans le procès du viol de Laëtitia R.
PROCÈS•L’avocate générale a requis une peine de réclusion à perpétuité contre le bourreau
«Je ne pensais pas faire mal », a déclaré samedi 23 mai Guillaume B., au dernier jour de son procès aux assises pour viols accompagnés d’actes de torture ou de barbarie commis pendant sept ans sur son ex-compagne sous couvert de relation sadomasochiste. Dans sa dernière prise de parole avant le verdict, l’accusé, âgé de 51 ans, contre qui l’avocate générale a requis une peine de réclusion à perpétuité, a assuré « regretter certaines choses », tout en niant, en pleurs, « être le monstre qu’on décrit ».
Peine requise « disproportionnée »
« Les faits ne sont pas contestés, la question c’est le consentement », a plaidé l’un de ses deux avocats, Me Arnaud Lucien. La défense a jugé la peine requise disproportionnée et « réservée à des meurtriers comme Guy Georges, Nordahl Lelandais ou Xavier Dupont de Ligonnès ». Les jurés se sont retirés en fin de matinée pour un verdict attendu dans la journée.
Pendant une semaine de débats publics devant les assises des Alpes-de-Haute-Provence à Digne-les-Bains, la plupart des actes -des coups, un tatouage dégradant, de la zoophilie, des brûlures, des étranglements ou de la scatophilie- pratiqués sur Laëtitia R., ont été reconnus par l’accusé. Tout comme les relations sexuelles imposées avec d’autres hommes, près de 500 selon la plaignante. « Il est difficile de comprendre que certaines personnes puissent s’adonner à ces pratiques », a concédé Me Charlotte Barriol, avocate de la défense, mais les nombreux messages du couple « démontrent que Laëtitia a été consentante », estime-t-elle. Dans le box, l’ex directeur de banque aux cheveux grisonnants et à la fine moustache a assuré que son procès a été « un accélérateur de prise de conscience ».
« Nier la dignité humaine »
L’avocat de Laëtitia R., reconnue handicapée entre 50 et 80 %, avait indiqué que sa cliente avait souhaité des débats publics, inspirée par le courage de Gisèle Pelicot, devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles pour avoir publiquement témoigné des viols commis par son ex-mari et des dizaines d’hommes. Devant le tribunal, des représentantes d’un collectif féministe présentes depuis le début de la semaine pour soutenir Laëtitia, aujourd’hui lourdement handicapée, ont dit espérer un verdict « envoyant un message fort ».
Aucun « safe word » pour dire « stop »
« Votre décision déterminera ce que la société accepte qu’un être peut faire à un autre demain », avait lancé vendredi aux jurés l’avocate générale Malinka Eymond en requérant la perpétuité pour prévenir un « risque de récidive sur une autre femme ». Il a « voulu nier la dignité humaine », a-t-elle dit, assurant que « la relation sadomasochiste n’en avait que le nom, ces pratiques sont censées être encadrées, or la plaignante ne pouvait jamais dire stop ». Les enquêteurs ont relevé qu’aucun « safe word », pour arrêter un rapport, n’avait été établi.
Ces actes sont « dans le code sadomasochiste », avait tenté de justifier l’accusé. « Le seul code que je connais c’est le Code pénal », avait répondu la présidente.
Des violences «pures et dures»
« Qu’il arrête de se cacher derrière le sadomasochisme » avait lancé Laëtitia à la barre vendredi assurant qu’il s’agissait de « violences pures et dures ». Laëtitia, mère de quatre enfants, affirme qu’elle « vivait dans la peur permanente » et redoutait la diffusion d’enregistrements intimes si elle quittait son compagnon. Après leur rencontre en 2015, la relation de couple a, sous prétexte au départ de jeux sexuels sadomasochistes, évolué en relation d’emprise psychologique et de contrôle total du mis en cause sur sa compagne, selon l’enquête. En juin 2022, la victime parle pour la première fois de sa situation à une amie qui alerte les forces de l’ordre, entraînant l’interpellation de Guillaume B.
Préparatrice en pharmacie de formation, Laëtitia souffre selon son avocat de séquelles physiques et physiologiques « qui font qu’elle est dans l’incapacité de mener une vie quotidienne normale ».x1200

2026.5.18 Le « cimetière » du tueur en série Émile Louis à nouveau fouillé à partir de ce lundi
De nouvelles fouilles sont organisées à partir de ce lundi 18 mai dans le « cimetière » d’Émile Louis, dans l’Yonne. Le tueur en série, décédé en 2013, avait avoué avoir enterré sept jeunes femmes dans cette zone de champs. Mais malgré de nombreuses fouilles, seuls deux squelettes ont pu être retrouvés.
Plus de cinquante ans après les faits, de nouvelles fouilles démarrent ce lundi 18 mai 2026 près d’Auxerre (Yonne), dans le « cimetière » du tueur en série Émile Louis, avec l’espoir de retrouver les dépouilles de victimes, connues voire inconnues, indique l’Agence France-Presse (AFP).
Le meurtrier, mort en prison à 79 ans en 2013, avait avoué avoir enterré sept jeunes femmes handicapées mentales dans une zone de champs et de sous-bois située à Rouvray (Yonne), à environ 17 km au nord-est d’Auxerre.
Habitant le village voisin de Seignelay, Émile Louis disposait d’un abri sur un terrain et à cet endroit traversé par une petite rivière, le Serein, où il avait l’habitude de pêcher.
Cinq corps n’ont toujours pas été retrouvés
En 2000, il avait pointé sept sites sur un périmètre d’environ 1 500 m sur 500, un pour chacune des victimes dont il a été condamné à la perpétuité pour assassinat en 2006. Mais seuls deux squelettes avaient été retrouvés, les cinq autres victimes restant sans sépulture.
« On doit des corps à ces familles », a estimé auprès de l’AFP Pierre Monnoir, président de l’Association de défense des handicapées de l’Yonne (ADHY) et partie civile dans l’affaire. « Toute la zone n’a pas été fouillée. On a l’espoir de retrouver, peut-être pas les cinq, mais un ou deux corps », a-t-il ajouté.
Les recherches visent également à exhumer d’éventuels restes d’une huitième victime potentielle, Marie Jeanne Ambroisine Coussin, dont le crâne a été découvert en décembre 2018 sur le même site.
Marie Coussin, née en 1935 et disparue en 1975, était une enfant de l’assistance publique, comme les sept victimes connues. Âgées de 15 à 25 ans, elles avaient presque toutes emprunté le bus scolaire conduit par Émile Louis.
« C’est très certainement une huitième victime », estime Me Didier Seban, avocat de la famille Coussin et de l’ADHY. « Et des victimes, il y en a peut-être encore d’autres » dont les restes pourraient être retrouvés, estime-t-il.
15 jours de fouilles
Ces nouvelles recherches sont les troisièmes en moins de deux ans, après des fouilles effectuées à l’automne 2024 puis en mai 2025. Ces dernières avaient été suspendues par le décès accidentel d’un gendarme sur les lieux.
Ces deux opérations n’avaient pas été réellement concluantes, seuls des vêtements et un vélo ayant été retrouvés, sans qu’un lien ne soit établi avec les victimes, potentielles ou non.
« La rivière le Serein est capricieuse et les corps ont pu être emportés avec les eaux », reconnaît Me Seban. « Mais c’est possible quand même » de retrouver des restes, estime-t-il.
Ces nouvelles fouilles ne sont de plus prévues que pour « une période estimée à 15 jours », a indiqué Marie-Denise Pichonnier, procureure de la République à Auxerre, qui n’a pas voulu préciser les moyens engagés.

2026.5.18 Félix Bingui, alias “le chat”, chef présumé du clan Yoda, jugé pour trafic de stupéfiants
Félix Bingui, chef présumé du clan Yoda, est jugé avec 19 autres personnes pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment à partir de ce lundi. Celui qu’on surnomme “Le Chat” risque 20 ans de prison.
Après avoir dirigé l’un des trafics de stupéfiants les plus juteux de Marseille, Félix Bingui, chef présumé du clan Yoda, renoue à partir de ce lundi avec un long parcours judiciaire. Il est jugé aux côtés de 19 coprévenus, poursuivis pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment, le tout en récidive légale. “Le chat” encourt 20 ans de prison.
Arrêté à Casablanca en mars 2024, extradé en France dix mois plus tard, “Féfé” ou “le chat” a déjà été condamné à de nombreuses reprises, la dernière en octobre 2024, alors qu’il était incarcéré au Maroc, à six ans de prison pour trafic de stupéfiants.
“L’un des plus gros narcotrafiquants français”
En janvier 2025, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s’était félicité de l’extradition de celui qu’il présentait alors comme “l’un des plus gros narcotrafiquants français”.
Quelques jours après sa remise aux autorités françaises, cet homme de 35 ans, né dans le Gard, a été mis en examen pour “complicité de tentative d’assassinat” dans une autre affaire dont l’instruction est toujours en cours.
Bingui sera jugé jusqu’au 5 juin devant le tribunal correctionnel de Marseille, avec 19 coprévenus, dont deux sous le coup d’un mandat d’arrêt, pour la gestion, de 2021 à 2023, de l’un des plus lucratifs points de deal, à l’époque, des quartiers nord de Marseille.
Un réseau “extrêmement organisé”
Situé à l’entrée de la cité de La Paternelle, le point de vente de la Fontaine était alors “très actif”, avec une clientèle régulière pouvant former file d’attente voire embouteillage sur le parking attenant, selon les observations des policiers.
Nourrices, convoyeurs, logisticiens, collecteurs d’argent ou “blanchisseurs” : l’enquête a révélé un réseau “extrêmement organisé”, avec hiérarchie et répartition des rôles, alors même que Félix Bingui et des membres de son premier cercle étaient le plus souvent au Maroc et à Dubaï.
Pour les enquêteurs, Bingui était “le chef incontestable” du réseau, organisant, lors de ses passages à Marseille, des réunions d’équipe, délivrant “instructions” ou “conseils” et passant en revue les points de deal.
Un train de vie fastueux
L’enquête a aussi détaillé le train de vie fastueux de Félix Bingui et de son entourage : séjours dans des établissements de luxe (hôtels, restaurants, boîtes de nuit), montres et vêtements de marques, séjours de ski dans les Alpes… Bingui, qui bénéficie d’un statut de résident à Dubaï, y posséderait aussi deux villas achetées sur plan. Devant les enquêteurs, il justifiera son train de vie en se disant “très doué en paris sportifs”.
La guerre entre le clan Yoda et la DZ Mafia
À partir de la fin 2021, il alterne entre ses séjours à l’étranger et des passages relativement brefs dans la cité phocéenne, jusqu’au déclenchement, en février 2023, de la “guerre” avec la DZ Mafia, moment à partir duquel il reste au Maroc. Selon les enquêteurs, c’est une altercation dans une boîte de nuit de Phuket en Thaïlande, avec un glaçon jeté par Félix Bingui au visage d’Abdelatif Medhi Laribi, un des futurs chefs de la DZ Mafia, qui déclenche une guerre de territoires.
Au coeur du conflit, le contrôle du point de deal de la Paternelle, une cité d’à peine 700 habitants. Dans les mois qui suivent, Marseille enregistre 49 narchomicides, dont 35 directement liés à ces rivalités.

2026.5.17 “Son but était de m’humilier” : ouverture du procès de l’ex-compagnon de Laëtitia pour torture et viols à Manosque
Le procès de l’ex-compagnon de Laëtitia pour viols aggravés, actes de torture et proxénétisme aggravé s’ouvre ce lundi 18 mai 2026 devant la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence, à Digne-les-Bains. Cette mère de famille de Manosque nous avait raconté ces sept ans de sévices.
“Je ne vais pas demander le huis clos. Il m’a beaucoup tenu avec la honte pendant sept ans.” Laëtitia, mère de famille de 42 ans de Manosque, veut reprendre le contrôle de son histoire avec l’ouverture ce lundi du procès de son ex-compagnon jugé pour divers sévices sur la quadragénaire. L’homme de 51 ans est accusé de viols aggravés, d’actes de torture et de barbarie et de proxénétisme aggravé sur son ancienne conjointe, Laëtitia. Le procès devant la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence, à Digne-les-Bains, doit durer une semaine, jusqu’au vendredi 22 mai.
Laëtitia avait déjà raconté son calvaire auprès de franceinfo
et Vanity Fair pour sortir du silence. Cette femme, aujourd’hui handicapée et incontinente après les sévices extrêmes subis pendant sept ans, veut être entendue lors d’un procès avec du public : “J’ai besoin pour mes enfants, pour moi, d’aller au bout de mon combat. Je veux me prouver aussi à moi-même qu’il ne faut pas que j’ai honte.” Son histoire rappelle, par certains aspects, celle de Gisèle Pelicot et des viols subis et orchestrés par son mari à Mazan (Vaucluse). “Je me dis aussi que si ça peut aider, mais ne serait-ce qu’une femme, à se dire ‘il ne faut pas perdre espoir’.”
Coups, pratiques sexuelles extrêmes, menaces, prostitution
L’ex-compagnon de Laëtitia est aussi jugé pour l’avoir prostituée, à des “centaines d’hommes” selon la mère de famille. “Le consentement ne se posait même pas, je n’avais pas le droit de dire ce que je ressentais”, raconte la quadragénaire. Son ancien conjoint a toujours nié, affirmant que Laëtitia était d’accord pour se prostituer.
Cet ancien directeur d’agence bancaire sera bien seul sur le banc des accusés ce lundi. Les autres hommes qui ont abusé de Laëtita ne sont pas poursuivis. “Ça aurait été très compliqué et probablement même impossible de les identifier, de les retrouver, explique l’avocat de la plaignante, Philippe-Henry Honegger. Ça aurait été très compliqué judiciairement de faire la part des choses entre ceux qui auraient pu ou qui auraient dû savoir ce qu’il se passait et d’autres qui n’avaient pas forcément de raison de comprendre.” Son conseil ajoute : “Surtout, pour Laëtitia, l’unique origine de ce qu’elle a vécu, c’est celui qui est dans le box. Les autres, finalement, ça reste peut-être assez secondaire.”
“Il m’a clairement dit : ‘Je veux te tuer’” – Laëtitia à propos de son ex-conjoint
Pendant ses sept ans de relation, de 2015 à 2022, Laëtitia a vécu l’indescriptible : coups, menaces, pratiques sexuelles extrêmes. “Il me disait que j’étais une chienne, une poubelle. Pendant des semaines, il m’a fait boire mon urine tous les matins. Il me traitait comme une chose, comme un objet ; je ne dirais même pas comme un animal, parce que les animaux, on les traite mieux que ça.” La préparatrice en pharmacie de formation poursuit son terrible récit : “Il m’interdisait de dormir ou très peu. Il a tout fait pour que je perde pied. Son but, c’était de m’humilier. Les premières fois où je lui ai dit : ‘Si je ne fais pas ce que tu veux, qu’est-ce qu’il va se passer ?’ Il m’a clairement dit : ‘Je veux te tuer’.”
Après une nouvelle tentative d’étranglement en 2022, Laëtitia est parvenue à joindre une amie qui a alerté le commissariat de Manosque. Laëtitia a alors été entendue et son ex-compagnon interpellé. Pendant toute la procédure, le quinquagénaire a nié les faits reprochés. Il a assuré que Laëtitia “aimait” être humiliée, que c’était elle, en réalité, la dominatrice. L’accusé est depuis en détention provisoire.
Les quatre enfants de Laëtitia se sont aussi portés parties civiles lors de ce procès devant la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence. Ils dénoncent des violences psychologiques, et physiques pour la plus jeune d’entre eux.

2026.5.17 Around 10 ‘new’ victims in France’s Epstein probe: prosecutor
Around ten “new” suspected victims have come forward in a French probe into the network of late US sex offender Jeffrey Epstein, a Paris prosecutor said Sunday.
France opened a human trafficking investigation after the US Justice Department in January released the latest cache of files from the investigation into the disgraced financier, who died in prison in 2019 while facing charges of trafficking underage girls for sex.
French magistrates are seeking to investigate possible offences committed in France or involving French perpetrators who facilitated his crimes.
Top Paris prosecutor Laure Beccuau said around 20 suspected victims had made themselves known after she urged potential victims to speak up in February.
Some were already known to investigators, she told the RTL broadcaster.
“But we also had new victims come forward, ones we didn’t know at all. There are around ten of them,” she added.
“The choice we’ve made for the time being is to listen to these victims,” she said.
“A certain number of them are abroad so the investigators are trying to set up meetings to suit when they are able to come to Paris.”
Investigators were also scouring through the so-called Epstein files, and would be searching them for any names mentioned by alleged victims, she said.
“We have also got back out Mr. Epstein’s computer, his telephone records, his address books,” she said, adding her team would be “making requests for international assistance.”
French investigators searched Epstein’s luxury Paris apartment in September 2019, more than a month after he was found hanged in his New York jail cell, after allegations that he procured young women to abuse in France.
“None of the people who could potentially be implicated have been questioned” so far, Beccuau added, however.
Epstein pleaded guilty in 2008 to procuring for prostitution a girl under the age of 18, and served 13 months in prison before being released on probation.

2026.5.17 Probes ongoing into alleged abuse at 100 Paris schools and nurseries
Paris investigators are looking into allegations non-teaching staff recruited by the city mistreated or abused children at 84 kindergartens and around 20 primary schools, a prosecutor said on Sunday.
Parents in the city have in recent months accused supervisors in charge of children outside the classroom – such as during recess or before pick-up, known in French as périscolaire – of mistreating, or physically or sexually abusing pupils in their care.
The French capital’s new mayor, Emmanuel Grégoire, a Socialist who says he suffered sexual abuse himself during an after-school swimming programme in primary school, has announced dozens of suspensions and pledged to stamp out such violence.
“We have investigations underway in 84 kindergartens, around 20 primary schools, and about 10 daycare centres,” the city’s top prosecutor Laure Beccuau told the RTL broadcaster.
Five people have been summoned to court, Beccuau added.
Paris in the first three months of 2026 suspended 78 aides, including 31 suspected of sexual abuse, Grégoire has said.
The mayor has vowed better vetting of people who apply to be recess monitors or after-school supervisors, and improved training for recruits, including on how to report suspected mistreatment.
Auxiliary staff have demanded better staffing to ensure an adult is never left alone with a child, as well as more recognition and higher pay.
A Paris court is next month to rule in the case of a 47-year-old school monitor accused of sexual assault on three girls and sexual harassment of nine others when they were aged 10 in 2024.
Prosecutors have called for the man, who was suspended in 2024, to be handed an 18-month suspended sentence, as well as being banned from working with children.
An estimated 160,000 children suffer rape or sexual assault each year in France, according to an independent commission called CIVIISE. The abuser is a family member in eight out of 10 cases.

2026.5.16 A French judge will look into complaints against Saudi crown prince over Khashoggi’s killing
PARIS (AP) — A French investigating judge will examine a complaint by two rights groups accusing Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman of involvement in the 2018 killing of journalist Jamal Khashoggi, France’s national anti-terrorism prosecutor’s office said Saturday.
The prosecutor’s office, known as the PNAT, said the case will now be handled by an investigating judge from the crimes against humanity unit after a May 11 ruling by the Paris Court of Appeal.
The complaint was filed by Trial International and Reporters Without Borders. The groups accuse the Saudi crown prince of complicity in torture and enforced disappearance over the killing of Khashoggi, a Saudi dissident journalist and Washington Post columnist who was brutally killed inside the Saudi Consulate in Istanbul in October 2018.
Khashoggi’s body was dismembered and has never been found.
The PNAT said the Paris Court of Appeal found the complaints admissible because the possibility that the case could be classified as a crime against humanity — potentially including the underlying crimes of torture and enforced disappearance — could not be ruled out at this stage.
The prosecutor’s office said it took note of the court’s decision, while adding that the ruling did not invalidate its own interpretation of the French criminal procedure rules governing whether the groups were entitled to file the complaint as civil parties.
The French complaint was initially filed in 2022, during a visit to France by Prince Mohammed. The crown prince had faced international isolation after Khashoggi’s killing but has since been received again by Western leaders and dignitaries.
The opening of a French judicial inquiry does not mean Prince Mohammed has been charged or that French judges have found him responsible. It means an investigating judge will examine whether the complaint can lead to further proceedings.
Prince Mohammed has denied ordering Khashoggi’s killing but has said it happened under his watch as Saudi Arabia’s de facto ruler.
U.S. intelligence agencies previously concluded that he approved the operation that led to the killing.
Saudi Arabia held a closed-door trial over the killing and said it punished those responsible, but rights groups criticized the proceedings as opaque and insufficient.
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2026.5.16 Mort de Jamal Khashoggi en 2018 : un juge français va enquêter après une plainte contre Mohammed ben Salmane
Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi avait été assassiné en 2018 au consulat saoudien à Istanbul.
Un juge d’instruction parisien va enquêter après une plainte contre le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane concernant la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en 2018 au consulat saoudien à Istanbul, ont indiqué ce samedi des sources concordantes à l’AFP.
«Un juge d’instruction du pôle crimes contre l’humanité va désormais instruire la plainte (des associations) Trial International et de Reporters sans frontières», pour tortures et disparitions forcées, a confirmé le parquet national antiterroriste, sollicité par l’AFP.
L’Arabie saoudite avait été vivement critiquée après l’assassinat de ce journaliste dissident, dans lequel les services secrets américains ont pointé la responsabilité directe du prince héritier Mohammed Ben Salmane. Le royaume a depuis retrouvé sa place au sein de la communauté internationale.
Plainte de Reporters sans Frontières
L’ouverture de cette enquête fait suite à une plainte des associations Trial international, qui «lutte contre l’impunité des crimes internationaux», et Democracy for the Arab World Now (Down), l’organisation qui employait M. Khashoggi. Elles avaient saisi la justice en juillet 2022, à l’occasion d’un passage en France de Mohammed ben Salmane, et avaient ensuite été rejointes par une plainte de Reporters sans Frontières.
Après plusieurs années de procédures, durant lesquelles le parquet s’est opposé à l’ouverture d’une enquête en France, considérant que les associations n’étaient pas recevables, la cour d’appel a fini par accéder à la demande de Trial international et RSF, dans une décision rendue lundi 11 mai et dont l’AFP a eu connaissance.
«Crime abominable»
«Le crime dont a été victime Jamal Khashoggi est un crime abominable décidé et planifié au plus haut niveau de l’État saoudien qui a fait exécuter un journaliste qui était une voix dissidente et indépendante», a réagi l’avocat de Reporters sans Frontières, Me Emmanuel Daoud. RSF «a toujours montré sa détermination à ce que la vérité soit faite sur les commanditaires et les exécutants ou plus exactement que les responsabilités pénales soient identifiées par un juge indépendant», a-t-il ajouté.
Le Pnat de son côté a dit «prendre acte de cette décision, qui n’invalide pas pour autant (son) interprétation» des textes sur la recevabilité des associations à porter plainte pour ce type de crimes. «Il ne devrait plus y avoir d’obstacle à l’ouverture d’une information judiciaire portant sur le crime atroce de Jamal Khashoggi», a salué l’avocat de Trial international, Me Henri Thulliez. Dawn a salué «une étape importante vers la justice».

2026.5.16 Saad Lamjarred condamné à cinq ans de prison pour le viol d’une jeune femme à Saint-Tropez
Le chanteur marocain Saad Lamjarred a été condamné par la cour d’assises du Var à cinq ans de prison pour le viol d’une jeune femme rencontré à Saint-Tropez durant l’été 2018. Le verdict est tombé vendredi soir après une semaine de procès à huis clos devant les jurés varois.
L’artiste comparaissait libre durant ce procès. Malgré la condamnation prononcée, la cour n’a pas délivré de mandat de dépôt immédiat, estimant que Saad Lamjarred avait respecté les obligations de son contrôle judiciaire depuis sa remise en liberté après trois mois de détention provisoire en 2018.
Un dossier judiciaire qui dure depuis plusieurs années
Les faits reprochés remontent à une soirée organisée à Saint-Tropez au cours de laquelle la plaignante accusait le chanteur de l’avoir violée dans une chambre d’hôtel après leur rencontre dans un établissement de nuit. Saad Lamjarred contestait les accusations et soutenait depuis le début de l’affaire que la relation était consentie.
Très populaire dans le monde arabe, l’artiste avait déjà été confronté à plusieurs procédures judiciaires en France liées à des accusations d’agressions sexuelles. Son image publique avait été profondément affectée par ces différentes affaires malgré le maintien d’un important soutien de ses fans au Maroc et dans plusieurs pays du Moyen-Orient.
La défense reste silencieuse après le verdict
À l’issue du procès, l’avocat du chanteur, Me Christian Saint-Palais, a refusé de faire tout commentaire devant la presse. La défense dispose désormais d’un délai pour faire appel de cette condamnation devant une nouvelle cour d’assises.
La décision judiciaire intervient dans un contexte de vigilance accrue autour des violences sexuelles dans le monde du spectacle et de la musique. Depuis plusieurs années, plusieurs artistes et personnalités médiatiques ont été visés par des procédures similaires en France dans le sillage du mouvement #MeToo.

2026.5.18 Accusé de violences sexuelles : Patrick Bruel sort du silence
Patrick Bruel a livré ses premiers mots à la suite des accusations de viols et d’agressions sexuelles. Au moins quatre plaintes ont été déposées contre le chanteur. L’intéressé a publié un long message sur les réseaux sociaux. Il répond directement à l’animatrice Flavie Flament.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Patrick Bruel(Nouvelle fenêtre) est sous le feu des accusations. Contre lui s’accumulent aujourd’hui les plaintes et les témoignages. Alors, le chanteur sort du silence, et c’est sur son compte Instagram qu’il a décidé de se défendre : “Jamais je n’ai forcé une femme, jamais je n’ai drogué, manipulé ou cherché à soumettre qui que ce soit. Je ne me suis jamais servi de ma notoriété pour abuser de quiconque et obtenir des relations non consenties”, écrit le chanteur.
Un long message qui fait suite à la prise de parole de Flavie Flament vendredi 15 mai. Une voix forte qui, à son tour, accuse le chanteur de viol. Elle affirme que Patrick Bruel l’aurait droguée pour abuser d’elle alors qu’elle n’avait que 16 ans. Le chanteur répond : “J’ai rencontré Flavie Flament dans les années 90. Ma carrière avait commencé, elle débutait la sienne. Nous avons eu ensemble une brève histoire. Il n’y eut ni viol ni drogue.”
Une enquête rouverte
Patrick Bruel clame son innocence, et les parties civiles continuent de dénoncer son comportement. Ophélie Fajfer est l’une des femmes qui a porté plainte contre lui. Plainte classée sans suite en 2022, mais la justice vient de rouvrir l’enquête. Les faits se seraient déroulés en 2015. Elle rencontre le chanteur sur le tournage d’un clip, puis il l’invite au restaurant et dans sa propriété. “Monsieur Bruel lui propose de venir chez lui parce qu’il a un piano, comme ça il va pouvoir lui apprendre à poser sa voix sur le piano. Ça finit au bord de la piscine il va la forcer à l’embrasser et à entrer dans la piscine. Et dans la piscine il va lui infliger une pénétration digitale”, détaille Maître Myriam Guedj Benayoun, avocate d’Ophélie Fajfer.
Ces dernières semaines, une trentaine de femmes ont témoigné contre le chanteur. De son côté, Patrick Bruel, présumé innocent, dit vouloir continuer à travailler. Il se produit chaque soir dans un théâtre parisien où il fait salle comble.

2026.5.15 Affaire Patrick Bruel : l’animatrice Flavie Flament l’accuse de viol et annonce porter plainte
Déjà visé par trois enquêtes en France et en Belgique, le chanteur et comédien Patrick Bruel est désormais accusé de viol par l’animatrice Flavie Flament, qui a annoncé vendredi avoir porté plainte pour des faits qui seraient survenus quand elle était adolescente.
Une accusation de plus dans l’affaire Patrick Bruel. Le chanteur et comédien, déjà visé par trois enquêtes en France et en Belgique, est dorénavant accusé de viol par l’animatrice Flavie Flament, qui a annoncé vendredi 15 mai avoir déposé plainte pour des faits qui seraient survenus quand elle était adolescente et que l’artiste conteste.
“J’ai de nouveau rendez-vous avec mon passé. Et un homme qui a pillé mon adolescence. Je porte plainte contre Patrick Bruel pour viol”, a écrit Flavie Flament, 51 ans, dans un message sur Instagram.
L’animatrice télé et radio avait déjà témoigné, sous un pseudonyme, auprès du site d’information Mediapart, à l’origine de la publication de nombreux témoignages de femmes affirmant avoir été victimes de l’artiste.
Flavie Flament s’est dite “révoltée” en lisant ces récits parus en mars, expliquant avoir décelé des “similitudes” avec les faits dont elle accuse Patrick Bruel, 67 ans, selon Mediapart.
Interrogés par l’AFP, les avocats de ce dernier ont récusé tout viol. Leur client assure qu’il n’a “jamais drogué Flavie Flament, et ne lui a imposé aucun rapport” sexuel, ont rapporté Mes Christophe Ingrain et Céline Lasek.
“Patrick Bruel a rencontré Flavie Flament dans les années 1990, ils ont eu une relation épisodique à l’époque. Leurs échanges ont toujours été amicaux depuis”, ont-ils ajouté.
Patrick Bruel avait déjà assuré à l’AFP, le 18 mars par la voix de Me Christophe Ingrain, n’avoir “jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel”. Il n’a “jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel”, selon son conseil.
En France, l’artiste fait l’objet d’investigations pour deux plaintes.
L’une est instruite à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) pour viol en marge d’un festival de cinéma en octobre 2012. L’autre a été déposée en mars à Paris pour tentative de viol et agression sexuelle. Ces derniers faits, dénoncés par une responsable de la promotion des films français à l’étranger, remonteraient à 1997, au Mexique.
Une enquête judiciaire a également été ouverte en Belgique, après une plainte enregistrée fin mars pour une agression sexuelle présumée à Bruxelles.
Pétition contre sa tournée
Flavie Flament avait révélé il y a dix ans, dans son livre “La consolation” (Éditions Lattès), avoir été violée par un célèbre photographe il y a près de 30 ans – un délai trop long pour déposer plainte –, avant de dévoiler son identité, David Hamilton. Ce dernier avait nié les faits.
Il avait été retrouvé mort peu après à son domicile parisien et la piste d’un suicide avait été privilégiée.
L’animatrice avait ensuite conduit avec un magistrat une mission pour essayer de faire avancer ce sujet de la prescription.
Voix singulière de la chanson française et comédien depuis quatre décennies, Patrick Bruel a de son côté toujours cultivé une image de séducteur impénitent, porté par la “Bruelmania” des débuts.
Patrick Bruel se produit actuellement dans une pièce de Samuel Benchetrit, au théâtre Édouard VII à Paris. En parallèle, il doit revêtir son costume de chanteur pour une nouvelle tournée.
Prévue sur 58 dates en France, en Belgique, en Suisse et au Québec, elle doit démarrer le 16 juin au Cirque d’Hiver et s’étirer jusque début décembre.
Mais une pétition, signée par des organisations et militantes féministes – dont les actrices Anna Mouglalis, Corinne Masiero et Anouk Grinberg –, demande à faire “annuler la célébration d’un agresseur présumé et à soutenir ces femmes qui ont eu le courage de prendre la parole.”
Le 10 mai déjà, des dizaines de personnes ont manifesté devant un hôtel de luxe appartenant à Patrick Bruel à L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse.
Il s’agit d’”un avant-goût des mobilisations de la tournée à venir”, a écrit sur Instagram le collectif “Salon Féministe”, à l’initiative du rassemblement.

2026.5.15 Flavie Flament annonce avoir déposé une plainte contre Patrick Bruel pour viol
La journaliste et autrice a annoncé sur Instagram avoir porté plainte contre le chanteur de 67 ans. Elle l’accuse de l’avoir violée en 1991, alors qu’elle avait 16 ans.
« Je porte plainte contre Patrick Bruel pour viol », a annoncé, vendredi 15 mai, la journaliste et autrice Flavie Flament, sur Instagram, juste après la publication d’un article de Mediapart. Dans sa plainte, déposée mercredi selon le média, elle accuse le chanteur de 67 ans de l’avoir violée en 1991, lorsqu’elle avait 16 ans. Patrick Bruel est déjà visé par trois enquêtes ouvertes à Paris, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) et en Belgique.
« Dix ans après La Consolation [livre paru en 2016 dans lequel elle racontait avoir été violée à 13 ans par le photographe David Hamilton, même s’il n’était pas nommé dans l’ouvrage], j’ai de nouveau rendez-vous avec mon passé. Et un homme qui a pillé mon adolescence », a écrit Mme Flament sur Instagram. Elle avait déjà parlé à Mediapart, anonymement, dans un dossier publié en avril et compilant de nouvelles mises en cause du chanteur par des femmes. Elle a, depuis, décidé de s’exprimer publiquement.
« Pour que la vérité éclate, pour que justice soit rendue, pour que cessent de se dérober les regards, je joins ma voix à celles des autres femmes qui s’élèvent en France, en Belgique et au Canada », a-t-elle ajouté. « Je parle pour la jeune fille que j’étais, je parle pour les autres femmes qui sont sorties du silence, courageusement, difficilement, et dont on ose remettre la parole en doute. Je les crois », a expliqué Mme Flament à Mediapart.
Une « relation épisodique », selon Patrick Bruel
Patrick Bruel assure qu’il n’a « jamais drogué Flavie Flament, et ne lui a imposé aucun rapport » sexuel, ont réagi, vendredi, ses avocats, Christophe Ingrain et Céline Lasek, auprès de l’Agence France-Presse, après la publication du post Instagram de l’animatrice.
« Patrick Bruel a rencontré Flavie Flament dans les années 1990, ils ont eu une relation épisodique à l’époque. Leurs échanges ont toujours été amicaux depuis, ont ajouté Mes Ingrain et Lasek. Ils se sont croisés plusieurs fois au fil des ans, lors d’émissions de télévision notamment, mais aussi lors de moments privés y compris en vacances. Flavie Flament l’a en outre invité à plusieurs émissions qu’elle présentait, une réalité parfaitement contradictoire avec son récit aujourd’hui. »
En avril, Patrick Bruel avait déjà démenti auprès du Monde, par la voix de ses avocats, toute « violence », « brutalité » ou « contrainte » à l’égard des différentes femmes l’accusant d’agressions sexuelles ou de tentatives de viols, tout en assurant qu’il « ne remet[tait] pas en question le ressenti des femmes ».
Un an avant #MeToo, en octobre 2016, Flavie Flament avait raconté dans La Consolation le viol subi à 13 ans. Puis elle s’était vu confier une mission sur le délai de prescription pour le viol par Laurence Rossignol, ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes, en 2016. Ce délai, à l’époque de vingt ans, est ainsi passé à trente ans, en 2018.
Une libération de la parole
Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, a elle aussi porté plainte contre le chanteur le 12 mars, pour agression sexuelle et tentative de viol. « Aujourd’hui, la démarche courageuse de Daniela Elstner de prendre la parole et de déposer une plainte, notamment pour ouvrir la voie à d’autres femmes et libérer leur parole, porte ses fruits », a réagi, vendredi, Jade Dousselin, son avocate.
Daniela Elstner et Me Dousselin se sont aussi dites « satisfaites de l’ouverture rapide d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris et de la poursuite des investigations dans son dossier », affirmant qu’une « longue audition » avait eu lieu il y a dix jours, « un moment difficile à affronter, mais également un instant nécessaire et soulageant ».
Patrick Bruel se produit actuellement dans une pièce de Samuel Benchetrit, au Théâtre Edouard VII, à Paris. En parallèle, il se prépare pour une nouvelle tournée de chant. Prévue sur 58 dates en France, en Belgique, en Suisse et au Québec, elle doit démarrer le 16 juin au Cirque d’hiver et s’étirer jusqu’à début décembre.
Une pétition, signée par des organisations et militantes féministes – dont les actrices Anna Mouglalis, Corinne Masiero et Anouk Grinberg –, demande à faire « annuler la célébration d’un agresseur présumé et à soutenir ces femmes qui ont eu le courage de prendre la parole ». Déjà, le 10 mai, des dizaines de personnes ont manifesté devant un hôtel de luxe appartenant à Patrick Bruel à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse). Il s’agit d’« un avant-goût des mobilisations de la tournée à venir », a écrit sur Instagram le collectif Salon féministe, à l’initiative du rassemblement. x1200

2026.5.14 L’essentiel du procès libyen en appel : Sarkozy, “l’instigateur” d’une association de malfaiteurs

Le procès en appel de l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2007 se tient à Paris depuis le 16 mars. Condamné en première instance à 5 ans de prison, il avait été détenu 20 jours à l’automne. Résumé de la neuvième semaine d’audience, au cours de laquelle l’accusation a requis sept ans de prison contre l’ancien chef d’État.

Nicolas Sarkozy a été “le principal, l’unique bénéficiaire”, “l’instigateur” d’une association de malfaiteurs “pour lui permettre d’être élu” à l’Élysée, selon le parquet général, qui a requis, mercredi 13 mai, sept ans de prison contre l’ancien président de la République. Il s’agit de la peine la plus lourde réclamée parmi les prévenus du procès en appel sur un présumé financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.

Nicolas Sarkozy et neuf coprévenus sont jugés en appel depuis le 16 mars. Le procès doit s’achever dans deux semaines, après les plaidoiries des avocats des prévenus. En première instance, le 25 septembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris a déclaré l’ancien chef d’État coupable d’association de malfaiteurs et l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme, 100 000 euros d’amende, l’interdiction de toute fonction publique pour cinq ans et une privation de ses droits civils et civiques pour la même durée, en raison d’une “corruption au plus haut niveau” d’une “exceptionnelle gravité”.

Entré le 21 octobre à la prison de la Santé sous les caméras du monde entier, Nicolas Sarkozy a obtenu sa mise en liberté sous contrôle judiciaire trois semaines plus tard. Le marathon judiciaire du procès en appel approche de son terme. Récit de cette semaine de réquisitoire.

•Lundi 11 mai : condamnation de Nicolas Sarkozy requise pour association de malfaiteurs
En conclusion de la première journée de réquisitoire, le parquet général a demandé à la cour d’appel de Paris de confirmer que Nicolas Sarkozy s’est rendu coupable d’association de malfaiteurs “en ayant été l’instigateur de rencontres avec des dignitaires du régime libyen et pas seulement en ayant laissé [ses proches collaborateurs] agir” en vue de percevoir des fonds occultes libyens pour financer sa campagne présidentielle de 2007, qui l’a propulsé à la tête de la France.

Cette infraction est la plus dangereuse pour l’ex-chef de l’État (2007-2012) qui joue à cette audience sa liberté, son honneur mais aussi sa place dans l’Histoire. Aujourd’hui âgé de 71 ans, Nicolas Sarkozy avait été relaxé en première instance des autres chefs pour lesquels il était poursuivi mais condamné pour association de malfaiteurs à cinq ans de prison ferme et écroué.

L’accusation s’articule autour de deux rencontres secrètes fin 2005 en Libye entre Claude Guéant et Brice Hortefeux, proches collaborateurs de celui qui était alors ministre de l’Intérieur, avec le haut dignitaire libyen Abdallah Senoussi. Ce beau-frère du dictateur Mouammar Kadhafi avait été, six ans auparavant, condamné en son absence à la perpétuité par la justice française pour avoir commandité l’attentat du DC-10 d’UTA qui a fait 170 morts en 1989, dont 54 Français.

De Claude Guéant “envoyé en éclaireur au contact des Libyens” en septembre 2005 au “premier bilan d’étape entre deux parties qui ont prévu de se corrompre” en marge d’une visite officielle de Brice Hortefeux en décembre, “Nicolas Sarkozy est celui sans qui toutes ces rencontres, tous ces transferts de fonds n’auraient aucun intérêt”, a lancé aux juges Damien Brunet, l’un des trois avocats généraux.

“Vous retiendrez donc qu’en projetant les atteintes à la confiance publique les plus graves, avec un niveau opérationnel inégalé, cette association de malfaiteurs se place dans le plus haut niveau de gravité que la République puisse connaître”, a-t-il conclu avant que l’audience ne soit suspendue.

Outre Nicolas Sarkozy, la condamnation pour association de malfaiteurs a été requise à l’encontre de ses ex-proches Claude Guéant, Brice Hortefeux et Thierry Gaubert, de l’intermédiaire Alexandre Djouhri et de l’ex-officiel libyen Béchir Saleh.

Nicolas Sarkozy dément catégoriquement les accusations qui le visent, martelant depuis le début que “pas un centime” d’argent libyen n’a été retrouvé dans sa campagne électorale.

Présente dans le code pénal depuis deux siècles, l’infraction d’association de malfaiteurs présente la particularité de sanctionner les préparatifs par “tout groupement formé ou entente” d’un acte délictuel ou criminel, et non l’acte en lui-même, qu’il ait ou non abouti.

Dans son propos introductif au réquisitoire de deux jours et demi devant la cour d’appel, l’avocat général Rodolphe Juy-Birmann a fait part du “goût amer” laissé par ce dossier.

En touchant au “pilier central de la société démocratique” qu’est la tenue d’élections libres, “cette affaire a largement participé, depuis qu’elle a été révélée, à dégrader le pacte social, scellant chez nos concitoyens un étrange sentiment de malaise, entre amertume et résignation”, a-t-il déclaré.

“Comment imaginer ce que ce dossier va révéler de la fragilité endémique du fonctionnement de nos institutions ?”, a lancé Rodolphe Juy-Birmann à la cour d’appel, dénonçant des “accointements malsains [qui] existent au sommet de l’État”.

•Mardi 12 mai : condamnation intégrale requise contre Sarkozy pour son “accord” avec Kadhafi
Le parquet général a requis la condamnation de Nicolas Sarkozy pour l’ensemble des faits pour lesquels il comparaît au procès libyen en appel, y compris la corruption et le financement illégal de campagne dont il a été relaxé en première instance, l’accusant d’avoir conclu un “accord” avec le dictateur Mouammar Kadhafi.

“Il a bien existé un accord entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi aux termes duquel, en récompense des fonds versés par le régime libyen, Nicolas Sarkozy et Claude Guéant devaient entamer des démarches qui visaient la levée du mandat d’arrêt visant Abdallah Senoussi”, le beau-frère de Kadhafi recherché par la justice française, a lancé l’avocat général Damien Brunet au deuxième jour du réquisitoire.

En première instance en 2025, l’accusation, alors portée par le parquet national financier (PNF), avait déjà demandé la condamnation de Nicolas Sarkozy des quatre chefs de prévention pour lesquels il a été renvoyé devant la justice correctionnelle.

Dans un réquisitoire féroce, le parquet général a tenté de convaincre lundi et mardi les juges de la cour d’appel de Paris de revenir partiellement sur la décision de leurs pairs et de déclarer Nicolas Sarkozy coupable sur toute la ligne. Le prévenu le plus célèbre de France dément toute malversation.

L’avocat général Damien Brunet a pointé la succession dans l’année 2006 de virements bancaires du régime libyen, pour un montant total d’environ 6 millions d’euros, vers des comptes de l’intermédiaire Ziad Takieddine, proche de la galaxie Sarkozy. Des versements qui font suite à des rencontres secrètes de Claude Guéant et Brice Hortefeux avec Abdallah Senoussi en Libye fin 2005, en présence de Takieddine.

Le sort de Senoussi est “l’obsession de Mouammar Kadhafi” qui veut que son bras droit puisse “circuler librement dans le monde” pour y représenter la Libye, considère le ministère public.

Au sujet de la corruption, les juges de première instance ont considéré que Nicolas Sarkozy a agi dans cette affaire non en tant que ministre de l’Intérieur puis président du conseil général des Hauts-de-Seine, mais en tant que candidat à l’élection présidentielle.

Or, ce statut politique mais non légal ne remplit pas, selon eux, les critères juridiques de corruption d’une personne “dépositaire de l’autorité publique”. En conséquence, ils ont prononcé sa relaxe.

En ayant une lecture différente, le parquet général estime que Nicolas Sarkozy a commis les faits en étant bien “dépositaire de l’autorité publique”. “C’est cette qualité qui lui a permis de se crédibiliser [auprès des Libyens], tantôt ministre de l’Intérieur, tantôt président de la République”, dit l’avocat général.

Mais, nuance Damien Brunet, les actions de Nicolas Sarkozy dans ce dossier ne rentraient pas dans le cadre normal de ses fonctions et en sont donc “détachables”. Et seule une juridiction spécifique peut juger des ministres et présidents pour des actes commis en exercice.

“L’examen des possibilités de ne pas mettre à exécution un mandat d’arrêt international est étranger à la conduite de la politique de la nation”, illustre Damien Brunet.

Il demande aussi que la cour le déclare coupable de financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007, qui l’a porté à la tête de la France, estimant que “Nicolas Sarkozy a fait de ses comptes de campagne [de 2007] le réceptacle occultant de ses actions corruptrices avec le régime libyen”.

Au terme du réquisitoire visant l’ancien président, “vous aurez obtenu la conviction que les prévenus, en accord avec Mouammar Kadhafi, ont récupéré des fonds publics libyens pour financer les aspirations politiques de Nicolas Sarkozy. Vous aurez obtenu la conviction que, pour se faire, tous les stratagèmes ont eu cours”, lance l’accusation aux juges d’appel.

Ces manœuvres ont eu pour conséquence “de vicier le financement de l’élection suprême de la Ve République, de nourrir des intérêts financiers opportunistes, de ravaler les fonctions républicaines au rang des qualités usurpées”, conclut-elle.

•Mercredi 13 mai : sept ans de prison requis contre Nicolas Sarkozy
Au terme de trois jours d’un réquisitoire que le septuagénaire a essuyé sans un regard pour le trio d’avocats généraux, le ministère public a, comme au précédent procès, demandé à l’encontre de l’ex-chef de l’État (2007-2012) sept années de prison, assorties de 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.

Le présentant comme “le principal, l’unique bénéficiaire”, “l’instigateur” d’une association de malfaiteurs “pour lui permettre d’être élu” à l’Élysée, l’avocat général Rodolphe Juy-Birmann n’a toutefois requis ni mandat de dépôt ni exécution provisoire. Le magistrat a demandé de sanctionner également “le mensonge” comme mode de défense des prévenus ou encore “la mise en cause du fonctionnement de l’institution judiciaire”.

Alors qu’il avait été uniquement condamné pour association de malfaiteurs en septembre, l’accusation a demandé aux juges d’appel de déclarer Nicolas Sarkozy coupable de l’ensemble des faits pour lesquels il est poursuivi, y compris la corruption, le financement illégal de sa campagne présidentielle victorieuse et le recel de détournement de fonds publics libyens.

“Nous démontrerons dans quinze jours, lors de nos plaidoiries, la parfaite innocence de Nicolas Sarkozy. Il n’y a pas d’argent [libyen] dans sa campagne, dans son patrimoine. Et pour cause : il n’y a pas eu de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye (…). Nicolas Sarkozy est innocent, son élection n’a pas été biaisée”, a réagi devant la presse l’un de ses avocats, Christophe Ingrain.

À l’encontre de Claude Guéant et Brice Hortefeux, le parquet général a demandé à la cour de globalement confirmer les peines prononcées.

Malgré la “reconnaissance en demi-teinte” de l’ancien secrétaire général “incapable de la moindre introspection” sur son propre enrichissement personnel, absent pour maladie mais qui a communiqué des attestations à la cour d’appel, six ans de prison ont été requis. Quatre ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique, ont été demandés pour Brice Hortefeux, le “fidèle” qui “a pactisé avec un terroriste”.

Six ans de prison avec mandat de dépôt ont été demandés pour l’intermédiaire Alexandre Djouhri, “stakhanoviste de la corruption”.

2026.5.12 Le conducteur qui a écrasé le cycliste Paul Varry sera jugé pour meurtre
Au volant de son SUV, l’automobiliste avait percuté puis roulé sur le jeune homme après une altercation, le 15 octobre 2024, à Paris. Le parquet avait demandé qu’il soit renvoyé aux assises pour répondre d’homicide volontaire.
Ariel M., l’automobiliste de 53 ans qui a tué en l’écrasant le cycliste Paul Varry le 15 octobre 2024 à Paris, a été renvoyé devant les assises, qui le jugeront pour meurtre, a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP), mardi 12 mai, une source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.
Paul Varry était un jeune homme de 27 ans qui militait à l’association Paris en selle afin de promouvoir l’usage du vélo dans la capitale. Sa mort avait provoqué un grand émoi dans la communauté des cyclistes et déclenché une mission gouvernementale contre la violence sur les routes. En juillet 2025, la Ville de Paris a même inauguré une piste cyclable à son nom entre les places de la République et de l’Opéra.
Après un an et demi d’enquête, la juge d’instruction chargée du dossier a ordonné un procès contre Ariel M., pour avoir « percuté volontairement avec son véhicule » le cycliste, « en lui roulant volontairement sur le corps et en l’écrasant » avec son SUV Mercedes de 2,3 tonnes, selon l’ordonnance dont l’AFP a eu connaissance. Il devrait comparaître détenu.
« Nous allons faire appel »
« Notre client n’a jamais eu l’intention de donner la mort. Nous allons bien évidemment faire appel de cette décision », ont déclaré les avocats de l’accusé, Caroline Toby, Steeve Ruben et Fabien Arakelian. « Cette qualification de meurtre est une étape essentielle vers la vérité judiciaire. Elle honore la mémoire de Paul Varry et le combat de ses proches », a réagi l’avocat Yassine Bouzrou, qui défend la famille de la victime.
A l’époque des faits, Ariel M. n’avait plus que huit points sur son permis de conduire, qu’il s’était déjà vu suspendre à deux reprises, et roulait avec sa fille dans la voiture. Selon les images de vidéosurveillance et les récits de témoins, le conducteur, pris dans la circulation du boulevard Malesherbes, avait emprunté la voie cyclable pour doubler les autres véhicules par la droite jusqu’à son altercation avec Paul Varry.
Ce dernier a été filmé, agitant les bras et frappant le capot de la voiture, jusqu’à ce que le SUV redémarre. On aperçoit alors les deux roues gauches de la Mercedes noire se soulever et redescendre en passant sur son corps. D’après un rapport d’expertise en accidentologie, le conducteur a nécessairement dû voir que le cycliste se tenait debout devant le phare avant gauche de son SUV quand il a redémarré.

2026.5.11 L’influenceur algérien « Doualemn », jugé en appel, se dit victime des tensions entre la France et l’Algérie
Boualem Naman, un agent de nettoyage de 60 ans connu sur TikTok sous le pseudonyme de « Doualemn », a assuré être une « victime collatérale » des tensions entre les deux pays, se défendant d’avoir incité à la violence.
« Vous ne pensez pas qu’on a tenté d’instrumentaliser la justice ? » L’ombre des tensions politiques entre la France et l’Algérie a plané, lundi 11 mai, sur la cour d’appel de Montpellier, où l’influenceur algérien Doualemn contestait sa condamnation pour « incitation à la violence ».
« Avec tout ce qui circule sur les réseaux sociaux, c’est quand même curieux de voir un maire vous signaler, un préfet faire de même… puis on vous expulse. Et, finalement, vous vous retrouvez devant nous. C’est une drôle d’histoire », s’est interrogé à haute voix le président de la cour, Charles Pinarel.
Face à lui, Boualem Naman, un agent de nettoyage de 60 ans connu sur TikTok sous le pseudonyme de « Doualemn », a assuré être une « victime collatérale » des tensions entre la France et l’Algérie, se défendant d’avoir incité à la violence. Ces tensions s’étaient encore accentuées après son refoulement par l’Algérie, quelques jours après son arrestation en janvier 2025, à Montpellier.
Sympathies pour le gouvernement d’Alger
L’interpellation de celui qui réfute être un « influenceur » avait été annoncée sur le réseau social X par le ministre de l’intérieur de l’époque et actuel président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, partisan d’une ligne dure face à Alger qu’Emmanuel Macron a récemment dénoncée.
La veille de son interpellation, M. Naman, qui ne cache pas ses sympathies pour le gouvernement d’Alger, avait fait l’objet d’un signalement par le maire de Montpellier et par le préfet de l’Hérault pour avoir diffusé un « live » sur TikTok dans lequel il appelait à « donner une sévère correction » à un opposant au régime à Alger.
« Il s’agit plutôt d’une “bonne tannée”, un mot qu’une maman utilise quand son enfant fait une bêtise », a nuancé son avocate, Vanessa Edberg, en plaidant la relaxe, son client n’ayant jamais eu selon elle « l’intention » d’appeler à la violence.
En première instance, en mars 2025, M. Naman avait été reconnu coupable de « provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit » et condamné à cinq mois avec sursis. Aujourd’hui, il jure que, pour lui, « les réseaux sociaux, c’est fini ».
Sous le coup d’un arrêté d’expulsion, il avait été placé en centre de rétention administrative en mars 2025, dont il était ressorti libre après trois mois, faute d’accord trouvé avec le gouvernement algérien. Tout en évoquant la possibilité d’une « instrumentalisation » du dossier, l’avocat général a demandé lundi à la cour d’appel la « confirmation » de la peine prononcée en première instance. Celle-ci rendra sa décision le 2 juillet.

2026.5.9 Suicide de Sara, 9 ans : l’enquête du rectorat confirme des “faits graves de harcèlement scolaire”
La mort de Sara, qui a mis fin à ses jours en octobre à Sarreguemines, en Moselle, avait provoqué une vive émotion en France.
Une enquête administrative souligne que la fillette de 9 ans était bien victime de harcèlement scolaire, comme l’avaient avancé ses parents.
Les investigations de la police sont toujours en cours.
l a choisi de ne pas donner plus de détails, par respect pour la famille de la victime. La jeune Sara, qui a mis fin à ses jours à l’âge de 9 ans à l’automne, était bien victime de “faits graves de harcèlement scolaire”, révèle le rectorat de la région académique Grand Est et de l’académie de Nancy-Metz. Les conclusions de cette enquête administrative ont été transmises aux parents lors d’une récente réunion organisée en présence du recteur et du directeur académique des services de l’éducation nationale, a précisé le rectorat à l’AFP, confirmant des informations du journal local Le Républicain lorrain.
Le suicide de Sara, survenu le 11 octobre dernier à son domicile de Sarreguemines, en Moselle, avait provoqué une vive émotion partout en France. Ses parents avaient parlé à la police de “moqueries infligées à leur fille au sujet de sa corpulence par deux ou trois camarades d’école de sa classe de CM2”, avait alors souligné le procureur de la ville, Olivier Glady.
Le couple avait annoncé en avril dans un entretien au Républicain Lorrain avoir créé une association, appelée “Sara, une voix pour tous”, afin de sensibiliser les élèves et de lutter contre le harcèlement scolaire. Le rectorat a indiqué les soutenir dans leur initiative. L’enquête confiée à la police est, elle, toujours en cours.

2026.5.6 Disparition de Manon Relandeau : son conjoint incarcéré en Algérie, l’enquête se poursuit
Alors que l’enquête mobilise d’importants moyens en France, la justice algérienne pourrait poursuivre le principal suspect, déjà condamné pour violences conjugales.
Le conjoint de Manon Relandeau, jeune mère de famille de la région nantaise disparue depuis plus d’un mois, a été placé en détention provisoire en Algérie, a fait savoir mercredi 6 mai le parquet, confirmant une information de Ouest-France.
Cet homme de 41 ans, de nationalité algérienne, avait été interpellé la semaine dernière par les services de police du pays. Il avait rejoint son pays d’origine le 2 avril avec leur fille, alors âgée de 15 mois. Le parquet de Nantes avait ouvert, au début d’avril, une enquête pour meurtre et enlèvement.
Le suspect, qui se trouvait avec le bébé au moment de son arrestation, était visé par une notice rouge d’Interpol. Selon une convention signée entre la France et l’Algérie, aucun des deux pays n’extrade vers l’autre ses ressortissants. Ils peuvent toutefois être poursuivis dans leur pays d’origine.
Déjà condamné pour violences conjugales
Déjà connu de la justice française, le suspect avait été condamné en 2019 à Nantes à une peine avec sursis pour des violences conjugales sur sa compagne de l’époque, selon le parquet.
Manon Relandeau, agricultrice de 31 ans, avait contacté récemment l’association Citad’elles, qui vient en aide aux femmes victimes de violences, et y avait pris un rendez-vous au début d’avril, qu’elle n’a pas honoré.
Depuis le 3 avril, date du signalement de la disparition de Manon Relandeau, plus de 100 gendarmes ont été mobilisés pour mener des recherches autour de Saint-Etienne-de-Montluc, où le couple résidait. Des équipes cynophiles et la brigade fluviale ont été engagées, et une cellule nationale d’enquête dirigée par la section de recherches de Nantes a été spécifiquement créée.
Deux personnes ont été mises en examen en France dans ce dossier pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime » et « modification des lieux d’un crime ».

2026.5.4 Un maire des Côtes-d’Armor, soupçonné de pratiques sectaires, mis en examen pour « abus de faiblesse » et viols
Agé d’une vingtaine d’années, le mis en cause est soupçonné d’avoir dirigé un groupe sectaire organisé autour d’un groupe de discussion créé sur un réseau social.
Interpellé jeudi, un maire des Côtes-d’Armor soupçonné de pratiques sectaires, a été mis en examen, notamment pour abus de faiblesse sur plusieurs femmes, et de viols sur au moins l’une d’elles, a déclaré lundi 4 mai le parquet de Toulon. Son maintien en détention provisoire a été prononcé par le juge des libertés et de la détention, a ajouté Raphaël Balland, procureur de la République de Toulon, dans un communiqué.
Le mis en cause, âgé d’une vingtaine d’années, est soupçonné d’avoir dirigé, dans le sud de la France, un groupe sectaire organisé autour d’un groupe de discussion créé sur un réseau social. Il réside désormais dans les Côtes-d’Armor, où il a été arrêté la semaine dernière et « où il a été récemment élu maire d’une petite commune », avait précisé le parquet jeudi.
Le suspect a été mis en examen des chefs d’« abus de faiblesse par le dirigeant “d’un groupement poursuivant des activités créant, maintenant, ou exploitant la sujétion psychologique des participants” », menaces de mort à l’encontre d’une des victimes, chantage à l’encontre de deux d’entre elles, ainsi que viols et agressions sexuelles au préjudice de l’une des plaignantes entre 2022 et 2025, alors qu’elle avait entre 17 et 20 ans. Les investigations vont se poursuivre sous l’autorité d’un magistrat instructeur.
Selon le quotidien Ouest-France, le suspect est le maire de Tréogan, qui a remporté les élections municipales de mars dans cette petite commune d’une centaine d’habitants.
Une « dévotion totale » exigée
L’une des victimes, une étudiante de 21 ans, avait porté plainte en 2022 dans le département de la Mayenne. Elle accusait un homme de la « menacer de mort » si elle quittait le groupe de discussions « structuré par une organisation hiérarchisée » et ayant pour objectif affiché « la rencontre de personnes à haut potentiel intellectuel », selon le parquet.
Les participants, « adeptes de spiritualité et de philosophie, se voyaient promettre la possibilité d’atteindre le “cinquième palier d’instruction ultime” à condition de suivre l’enseignement de cet homme, qui aurait exigé de certaines femmes une “dévotion totale”, en le reconnaissant comme “l’absolu” et le “divin” », selon le ministère public.
Outre une emprise sur leur vie intime, le prévenu leur aurait également soutiré de l’argent, jusqu’à plusieurs milliers d’euros pour l’une d’elles. « L’une de ces femmes affirmait aussi avoir vécu des violences psychologiques et avoir subi des actes sexuels sous la contrainte », avait précisé le parquet. Les enquêteurs ont identifié au moins six jeunes femmes victimes présumées du suspect entre 2017 et 2026.

2026.5.1 Les crimes sexuels augmentent en Europe, bien plus à l’Ouest qu’à l’Est
Les violences sexuelles sont en hausse en Europe, selon de nouvelles données d’Eurostat qui révèlent une progression continue des infractions et des écarts marqués entre l’Ouest et l’Est du continent.
Les chiffres révèlent un fossé grandissant entre les pays occidentaux, où la criminalité est élevée, et les taux bien plus faibles en Europe centrale et orientale.
De nouvelles données d’Eurostat montrent que les infractions de violence sexuelle ont continué d’augmenter en Europe en 2024, les fortes disparités entre pays de l’Ouest et de l’Est risquant d’alimenter le débat sur le lien entre criminalité et migration.
La police a enregistré 256 302 infractions de violence sexuelle en 2024, dont 98 190 viols. Cela représente une augmentation de 5 % des violences sexuelles en général et de 7 % des viols par rapport à 2023.
Au cours de la dernière décennie, la tendance a été à la hausse : les infractions de violence sexuelle ont presque doublé depuis 2014, tandis que les viols ont bondi de 150 %.
Une ventilation par population met en évidence des disparités régionales frappantes.
Les pays nordiques et d’Europe occidentale dominent le classement, la Suède enregistrant 200,98 cas de violences sexuelles pour 100 000 habitants, suivie de l’Islande, de la Finlande, de la France et de la Belgique.
À l’inverse, plusieurs pays d’Europe centrale et orientale affichent des taux nettement inférieurs, notamment la Hongrie (5,10), la Lituanie (5,79) et la Macédoine du Nord (7,17).
Des tendances similaires se dégagent pour d’autres catégories de crimes. L’Espagne, la Belgique, le Portugal, la France et l’Allemagne figurent parmi les pays les plus touchés par les vols qualifiés, les cambriolages et les vols, tandis que le Monténégro, la Slovaquie et la Hongrie se situent en bas du classement.
Les infractions liées aux stupéfiants présentent également des écarts similaires : la Suède, la France et la Belgique affichent des taux bien plus élevés que des pays comme la Slovaquie, la République tchèque et la Slovénie.
La hausse de la criminalité en Europe occidentale est de plus en plus souvent associée à l’augmentation des migrations. Des rapports provenant de pays comme l’Espagne, l’Italie, la France et l’Allemagne indiquent que les ressortissants étrangers sont surreprésentés parmi les suspects dans certaines catégories de crimes violents.
En France, les étrangers non européens représentent 5,7 % de la population, mais sont responsables de 14 % des homicides et jusqu’à 30 % des vols de véhicules.
Dans plusieurs Länder allemands, dont la Bavière, Berlin et le Bade-Wurtemberg, environ la moitié des suspects de crimes violents sont des ressortissants étrangers.
Comme nous l’avons déjà indiqué, les cas de violences sexuelles ont augmenté parallèlement à la hausse de l’immigration dans des pays comme l’Espagne, l’Italie, la France, la Belgique et l’Allemagne.

2026.4.18 “Ça permet d’être repéré moins facilement” : comment la prostitution s’est déplacée vers les meublés touristiques
En avril 2016, la France votait une loi pénalisant les clients des prostituées d’une amende de 1.500 euros.
10 ans après, cette législation semble avoir poussé les réseaux à quitter la rue pour l’anonymat des meublés touristiques.
Les propriétaires, comme les associations d’aide, sont désarmés, montre cette enquête du 20H de TF1.
Via une plateforme de location de courte durée, sa maison de Bourges (Cher) a été louée durant une semaine. Mais au bout de 5 jours, une intervention policière musclée est intervenue. “Le Raid est passé par là”, explique le propriétaire en montrant une porte fracturée à la caméra de TF1. Six personnes ont été interpellées, soupçonnées de participer à un réseau de prostitution et d’extorsion avec violence sur des clients.
“Ça c’est le salon, là vous voyez, avec la boîte à pizza, le cendrier, le verre”, poursuit le propriétaire du logement en montrant une vidéo de ce qu’il a retrouvé après l’opération policière. Dans les chambres, des vêtements, de la lingerie, des préservatifs. Impensable, alors qu’il croyait confier sa maison à un seul voyageur, un chef d’entreprise particulièrement rassurant. Mais il s’étonne, le jour de la remise des clés, de rencontrer une très jeune femme, censée être sa compagne. Elle parle à peine, baisse les yeux. “On sentait qu’il y avait quelque chose mais je me suis dit que c’était peut-être de la timidité.” Il l’apprendra plus tard, son interlocutrice n’a que 13 ans.
Louer des Airbnb, ça permet de changer de lieu, d’être moins repéré facilement.
Céline Visiedo, procureure de la République de Bourges.
L’adolescente était obligée de se prostituer, sous la contrainte de personnes armées, d’après les plaintes de clients eux-mêmes malmenés. Depuis, 4 personnes sont en détention provisoire, âgées de 19 à 22 ans. “Ce qui nous a interpellés et amenés à réagir très vite, c’est la crainte de voir cette victime disparaître dans les jours à venir”, raconte Céline Visiedo, la procureure de la République de Bourges. “Louer des Airbnb, ça permet de changer de lieu, d’être repéré moins facilement. C’est des lieux de prostitution un peu éphémères”, explique la magistrate.
“On se dit que c’est une blague”
Quelle que soit la plateforme, partout en France, les meublés touristiques sont devenus des lieux de prédilection pour les réseaux de prostitution. À l’abri des regards, et à l’insu des propriétaires. “On se dit que c’est une blague, c’est pas possible, ça ne nous arrive pas à nous”, témoigne une dame au micro de TF1. Ils sont nombreux à confier leur sidération. Alertée par des voisins, cette propriétaire a découvert une annonce “avec des prestations sexuelles et l’adresse de notre logement”. “Il n’y avait plus de doute, il y avait bien de la prostitution dans notre logement”, se souvient-elle.
Même constat pour une autre propriétaire, en région parisienne. La caméra à l’entrée de son appartement a filmé des dizaines de personnes s’y succédant, dont elle nous montre les captures d’écran. “On a des intervalles de 20, 30, 40 minutes, et c’est jamais les mêmes personnes. Un coup jeune, un coup plus vieux, un très très vieux. Vraiment des gabarits différents”, décrit-elle. Son appartement avait été loué seulement pour quelques jours à une trentenaire. “La première chose à laquelle je pense, c’est ‘dans quel état je vais retrouver mon appartement ?’. Et après, au niveau pénal, je me dis : ‘est-ce qu’il y a quelque chose qu’il faut que je fasse ou pas ?’. On est un peu démunis en fait. C’est grave et c’est écœurant”, témoigne-t-elle.
De peur d’être accusée de proxénétisme, elle prévient la plateforme, et tente de convaincre la locataire de partir, en vain. En effet, si le propriétaire ne réagit pas, il peut être poursuivi, et puni d’une peine de 10 ans de prison et 750.000 euros d’amende. Les plateformes assurent être réactives. “Nous prenons ce sujet très au sérieux”, nous a répondu Booking par mail. “En cas d’incident, nous enquêtons et prenons des mesures pouvant aller jusqu’au retrait de l’utilisateur de la plateforme”, assure Airbnb.
Depuis 10 ans, les réseaux de prostitution opèrent quasi exclusivement sur Internet. Offre de services, recrutement… La prostitution est de moins en moins visible dans la rue, et s’est déplacée vers des lieux fermés, comme les locations de courte durée. “En 2016, la prostitution logée, c’était 34%. Aujourd’hui, on est passé à 93%”, résume le commissaire Julien Bataille, chef de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains. Comment réagir si votre logement est concerné ? Premier réflexe, prévenir la police. “Parallèlement, se rendre au logement et puis demander aux personnes présentes dans le logement de cesser le trouble ou même de partir. Et en les informant aussi que les services de police ont été contactés”, préconise Julien Bataille.
Pour limiter les risques, les autorités conseillent d’accueillir son client en personne, de s’assurer que son identité correspond à celle de l’auteur de la réservation, de ne pas confier ses clés à un mineur, et de refuser tout paiement en liquide. Difficiles à localiser dans ces logements temporaires, les personnes prostituées sont toujours plus inaccessibles pour les forces de l’ordre, comme pour les associations qui peuvent leur venir en aide.
Des maraudes numériques sont donc mises en place. Les contacts sont pris sur des annonces d’escort, et les rendez-vous pris au téléphone. Un lien plus fragile que lors des maraudes traditionnelles dans la rue. “On n’est pas certain de retrouver à chaque fois la personne parce qu’elle a changé de numéro de téléphone, parce que l’annonce n’était plus valable. Donc on a une discontinuité des rencontres, qu’on n’avait pas en rue. On pouvait les revoir plus facilement”, rapporte Kévin Dubost, coordinateur de l’association amicale du Nid de Marseille. Encore plus isolées, et plus vulnérables entre les mains des proxénètes, 40.000 personnes seraient en situation de prostitution en France, dont toujours plus de mineurs.

2026.4.17 Attentat au marché de Noël de Strasbourg : peine de 30 ans de réclusion confirmée contre Audrey Mondjehi
Audrey Mondjehi, un délinquant multirécidiviste, a été condamné vendredi en appel à trente ans de réclusion criminelle.
Il lui est reproché d’avoir aidé le jihadiste Chérif Chekatt à se procurer le pistolet utilisé pour tuer cinq personnes au marché de Noël de Strasbourg en 2018.
La cour d’assises spéciale d’appel de Paris a confirmé le verdict de première instance.
Audrey Mondjehi, un délinquant multirécidiviste de 44 ans, a été condamné vendredi en appel à trente ans de réclusion criminelle, pour avoir aidé le jihadiste Chérif Chekatt à se procurer le pistolet utilisé pour tuer cinq personnes au marché de Noël de Strasbourg en 2018.
La cour d’assises spéciale d’appel de Paris a confirmé le verdict de première instance, y compris sur la période de sûreté de vingt ans, durant laquelle Mondjehi ne pourra prétendre à aucune mesure de libération conditionnelle ou d’aménagement de peine. Une interdiction définitive du territoire a également été prononcée contre ce ressortissant ivoirien.
Proches depuis 2007
Chérif Chekatt avait été abattu après deux jours de traque. Audrey Mondjehi réfute avoir eu connaissance de la radicalisation de Chérif Chekatt, dont il était proche depuis leur rencontre en détention en 2007, quand il l’avait aidé à se procurer une arme.
Le soir du 11 décembre 2018, après avoir prêté allégeance au groupe État islamique (EI), Chérif Chekatt, 29 ans, délinquant radicalisé fiché S, avait fait irruption au marché de Noël de Strasbourg, qui attire chaque année environ trois millions de touristes venus du monde entier. Ouvrant le feu sur des passants en criant “Allah Akbar !” (“Dieu est le plus grand”), il avait tué cinq personnes et en avait blessé onze autres dans les rues bondées de la capitale alsacienne. Il avait été abattu deux jours plus tard par les forces de l’ordre dans le quartier strasbourgeois du Neudorf où il avait été repéré et qu’il connaissait bien pour y avoir grandi.
En première instance, deux autres intermédiaires, coupables d’association de malfaiteurs mais sans que sa dimension terroriste ne soit retenue, avaient été condamnés à des peines de quatre et cinq ans de prison, respectivement assorties d’un an et de six mois avec sursis. Un troisième homme avait été acquitté.
Albert B., l’octogénaire qui avait vendu l’arme à Mondjehi et Chekatt quelques heures avant l’attentat, ne sera en revanche jamais jugé : fin 2025, une expertise médicale a conclu que son état de santé était définitivement “incompatible” avec toute comparution. Il n’avait déjà pas pu comparaître en première instance.

2026.4.17 Affaire Christophe Ruggia : le réalisateur condamné en appel à cinq ans de prison pour agressions sexuelles sur Adèle Haenel
Vendredi 17 avril, la cour d’appel de Paris a condamné le cinéaste Christophe Ruggia à cinq ans de prison, dont deux fermes, pour agressions sexuelles à l’encontre d’Adèle Haenel. Il est reconnu coupable d’avoir pris au piège l’actrice, alors âgée de moins de 15 ans au moment des faits.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
La fin d’un long parcours. La décision rendue vendredi 17 avril, dans l’après-midi, marque un jour important pour Adèle Haenel. La procédure judiciaire a été si éprouvante qu’il lui est toutefois impossible de complètement tourner la page. “Je pense immédiatement à tous les enfants qui sont victimes de pédocriminalité. Je pense à eux et je veux dire que moi, j’ai fini mon parcours judiciaire, mais en ce qui me concerne, toute ma vie sera dédiée à la justice et à l’avancée des droits humains”, a déclaré l’actrice à l’issue de l’audience.
Le cinéaste Christophe Ruggia vient d’être condamné à cinq ans de prison, dont deux fermes sous bracelet électronique pour agressions sexuelles sur la jeune femme. L’actrice quitte l’audience, émue, sous quelques applaudissements. “Aujourd’hui, le tribunal, puis la cour, lui a dit : ‘vous étiez une enfant, vous êtes une victime et il est coupable’. Et ça, il y a beaucoup d’enfants qui ont besoin de l’entendre”, a souligné Me Anouck Michelin, avocate d’Adèle Haenel.
Symbole du mouvement MeToo
Depuis ses révélations en 2019, Adèle Haenel raconte l’emprise, lorsqu’âgée de 12 ans, elle se rend les samedis dans l’appartement du réalisateur, trois fois plus âgé qu’elle. Des rendez-vous pendant trois ans destinés, selon lui, à étoffer sa culture cinématographique. L’actrice dénonce, elle, des attouchements et des baisers forcés.
En 2020, Adèle Haenel dénonce des violences sexuelles dans le cinéma français. Sa sortie fracassante lors de la cérémonie des César en 2020 marque les esprits : Roman Polanski, accusé de viol, venait de recevoir un prix. L’artiste devient un symbole du mouvement #MeToo. Vendredi 17 avril, à leur sortie d’audience, ni Christophe Ruggia ni ses avocats n’ont souhaité faire de commentaires. Le réalisateur a toujours nié ces agressions.

2026.4.17 Attentat de la rue des Rosiers en 1982 : le suspect Hicham Harb placé en détention provisoire
Extradé jeudi par l’Autorité palestinienne vers la France, Hicham Harb a été placé ce vendredi en détention provisoire.
Le Palestinien Hicham Harb a été placé en détention provisoire au lendemain de son extradition vers la France, dans l’attente du procès de l’attentat antisémite de la rue des Rosiers à Paris en 1982, qu’il est soupçonné d’avoir supervisé, a annoncé le Parquet national antiterroriste (Pnat) vendredi dans un communiqué.
« Après notification par le parquet national antiterroriste du mandat d’arrêt délivré à son encontre, (il) a été présenté au juge des libertés et de la détention », a annoncé le parquet. « Il a été placé en détention provisoire dans l’attente de sa comparution devant la cour d’assises spécialement composée, compétente en matière de terrorisme ».
« Il n’y a aucune preuve »
Arrêté par les autorités palestiniennes le 17 septembre 2025, quelques jours avant la reconnaissance officielle de la Palestine par Paris, Hicham Harb, 72 ans, faisait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis 2015.
Contactée vendredi après-midi par l’AFP, son avocate française avait indiqué qu’elle ne souhaitait pas s’exprimer pour le moment. « La France est un Etat de droit, et il n’y a aucune preuve » contre lui et « il n’a aucun rapport avec les accusations faites contre lui », a déclaré son fils aîné, Bilal Harb, interrogé par l’AFP vendredi à Ramallah. Son avocat sur place, Ammar Dweik, avait jugé jeudi que son extradition constituait « une violation grave de la loi fondamentale palestinienne et un dangereux précédent ».
La cour d’assises spéciale doit prochainement juger les suspects de cet attentat qui avait fait six morts et 22 blessés dans le Marais, quartier juif du centre de Paris, il y a un peu plus de quatre décennies. L’attentat a été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Deux autres suspects jordaniens de l’attentat de la rue des Rosiers restent en Jordanie.

2026.4.17 Body exhumed of possible victim of French rapist Dominique Pelicot
The body of a young woman who may have been a victim of French convicted rapist Dominique Pelicot was exhumed this week, a prosecutor’s office told AFP.
Pelicot was sentenced in 2024 to 20 years in prison for aggravated rape, after he recruited dozens of strangers to rape his then-wife after drugging her in their home between 2011 and 2020.
His now ex-wife Gisele Pelicot has been hailed for her courage and dignity at the trial, which saw all 51 defendants convicted.
The exhumation took place on Tuesday at a cemetery southwest of Paris, said the prosecutor’s office in the western suburb of Nanterre.
It had been requested by Dominique Pelicot’s lawyer, Beatrice Zavarro, who told AFP she hoped it would exonerate her client.
Sophie Narme, a 23-year-old estate agent, was raped and then killed in December 1991 during the viewing of a flat in Paris’s 19th arrondissement.
Her body, which had been severely beaten and was half-undressed, was subsequently discovered by the manager of her agency.
While the perpetrator has never been identified, questions were raised when Dominique Pelicot admitted his involvement in the attempted rape of another estate agent in the Seine-et-Marne region east of Paris in 1999, for which he was identified by his DNA.
Both women had been stripped in the same manner, and a strong smell of ether had been detected at the crime scene in Sophie Narme’s case — a substance used to attack the other estate agent in 1999.
In November, lawyer Zavarro had suggested to AFP that Sophie Narme may have been the victim of Francois Verove, a serial killer and rapist who had been wanted since the 1980s and has since died.
The results of the exhumation tests are expected in several weeks’ time, according to Zavarro and the attorney representing the victim’s family.

Iran’s Mahdieh Esfandiari, accused of glorifying terrorism, arrives for her trial in court Jan. 14, 2026 in Paris. (AP Photo)
2026.4.15 An Iranian national convicted in France returns to Iran after release of 2 French citizens
PARIS (AP) — An Iranian national convicted in France on charges of inciting terrorism went back to Iran on Wednesday, one week after two French nationals detained in Tehran returned to France, according to Iranian state television.
Mahdieh Esfandiari was sentenced by a Paris criminal court in February to one year in prison with an additional three-year suspended sentence, along with a permanent ban from French territory, over comments she made about the Hamas-led Oct. 7, 2023 attacks on Israel. She appealed the decision.
She had initially been placed under house arrest, but the measure was lifted last week by French authorities shortly after it was made public that French detainees Cécile Kohler and Jacques Paris had left Iran, her lawyer Nabil Boudi told The Associated Press.
Kohler and Paris spent more than three years in Tehran’s Evin prison, where many political prisoners and dissidents are held, over spying charges which Paris said were unfounded. They were released from jail in November, but had been holed up in French diplomatic premises as Iranian authorities wouldn’t let them leave the country.
Speaking on Iranian national television, Esfandiari said the court’s verdict was “unjust” and she “had done nothing other than stating the truth.”
Esfandiari made a link between her case and Iran’s decision to allow Kohler and Paris to return home last week. x1200

2026.4.1 La famille de Cédric Chouviat, mort après une interpellation en 2020, veut engager la responsabilité de l’Etat après un “usage disproportionné de la force”
Les proches du livreur mort en 2020 dénoncent des gestes policiers “volontaires” et réclament des poursuites plus sévères.
Un nouveau front judiciaire dans une affaire emblématique des violences policières. La famille de Cédric Chouviat a annoncé, mercredi 1er avril, vouloir engager la responsabilité de l’Etat après la publication d’une décision de la Défenseure des droits, qui pointe un “usage disproportionné de la force”(Nouvelle fenêtre) lors de son interpellation en janvier 2020. L’homme de 42 ans, victime d’un malaise, était mort deux jours plus tard. Dans ce document, révélé par Le Nouvel Obs(Nouvelle fenêtre), l’institution établit un “lien de causalité certain” entre les gestes des policiers et la mort de ce chauffeur-livreur.
Pour les avocats de la famille, il ne peut s’agir d’un simple “homicide involontaire”. “On ne peut pas appeler un homicide involontaire des gestes volontaires répétés” a martelé le père de la victime, Christian Chouviat. Les avocats ont par ailleurs manifesté leur volonté d’”écrire au ministère de l’Intérieur et engager un recours en responsabilité de l’Etat devant les juridictions administratives”.
Une procédure contestée et toujours sans procès
La décision de la Défenseure des droits, Claire Hédon, relève notamment le caractère dangereux du plaquage ventral appliqué par les policiers à Cédric Chouviat, combiné au port du casque et au menottage. Elle recommande également l’ouverture de procédures disciplinaires contre les policiers impliqués. Six ans après les faits, aucun procès n’a encore été fixé.
Trois policiers ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel, mais la famille réclame que les quatre agents présents soient jugés et conteste la qualification retenue, estimant que les faits pourraient relever d’une juridiction criminelle. Les avocats dénoncent enfin un “fonctionnement défectueux de la justice” et l’absence de sanctions administratives, estimant que les policiers ont pu continuer à exercer “une vie normale” malgré la gravité des faits.

2026.4.1 “Un proie idéale”: Isabelle Adjani se défend en appel d’avoir cherché à frauder le fisc
“Je ne suis pas la voleuse du siècle”: jugée pour fraude fiscale mercredi à Paris, Isabelle Adjani s’est décrite devant la cour d’appel comme “une proie”, “victime d’escroqueries successives”.
“Je vais être honnête, je n’ai jamais rempli une fiche d’impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux (…). J’ai la phobie des papiers”, a expliqué l’actrice, la voix serrée, à la barre.
L’artiste de 70 ans a déjà été condamnée, en 2013, à deux ans d’emprisonnement avec sursis et 250.000 euros d’amende pour s’être fictivement domiciliée au Portugal en 2016 et 2017 et avoir dissimulé une donation en prêt en 2013.
“Mes affaires, je les ai confiées à des gens pour qu’elles soient gérées en bonne et due forme”, a-t-elle expliqué, rejetant la faute sur ses conseillers fiscaux.
Mais aussi sur ceux qui l’ont selon elle trompée: l’un des gérants de sa société Isia Films et son ex-compagnon, le médecin Stéphane Delajoux, qu’elle accuse à la barre “d’avoir euthanasié sa mère”.
“J’ai tout payé pour lui et sa famille. Il a été condamné pour escroquerie, mais j’ai cru qu’il était victime d’une conspiration dans son propre milieu, comme moi en 1987 avec le sida (une fausse rumeur lui attribuait la maladie, NDLR)”.
Face à l’incapacité de l’actrice à estimer le montant de ses impôts (environ 455.000 euros en 2023) la présidente, Pascaline Chamboncel-Saligue, résume: “Vous avez d’autres priorités que le financier”.
Très émue, Isabelle Adjani l’admet: “Je suis la proie idéale et j’ai horreur de vous le dire”.
Gentils donateurs
“Vous aviez pourtant un conseiller fiscal ?”, lui demande l’avocat général, Laurent Couderc. “Je n’ai pas été capable de jauger de sa virtuosité en la matière”, répond-elle.
“Vous jouez de malchance”, poursuit-il. “Je ne vous le fais pas dire”, enchaîne-t-elle.
Domiciliée à Carcavelos au Portugal, l’actrice explique avoir “toutes ses affaires au Portugal” mais “ne pas être ancrée”, ni “confinée à résidence”.
“Il est évident qu’elle était résidente en France avec une résidence non habituelle au Portugal”, a fait valoir Me Ralph Boussier, l’avocat de la Direction générale des finances publiques (DGFiP).
“Toute la vie fiscale de Madame Adjani est un habillage permanent, on saute d’une dette à une autre, de gentils donateurs vous donnent un appartement gratuit ou deux millions d’euros”, a-t-il ajouté.
Au sujet des deux millions d’euros versés par Mamadou Diagna Ndiaye, un homme d’affaires, l’actrice dément avoir cherché à masquer une donation pour échapper à 1,2 million d’euros de droits de mutation.
“Je savais que j’avais du temps pour le rembourser, il m’a fait un avenant, il m’a libérée de l’obsession de le rembourser car il n’avait pas besoin que ce soit rapide.”
“Je le rembourserai jusqu’au dernier centime”, a-t-elle répété.
“Je ne vais jamais contourner l’impôt et me retrouver dans une situation d’illégalité, pour quoi faire ? Je n’ai pas l’intelligence de la manœuvre des escrocs”, a assuré l’actrice.
L’audience reprendra jeudi après-midi avec les réquisitions et les plaidoiries de la défense.
2026.4.1 Mairie de Fresnes saccagée : quel est le profil des dix suspects placés en garde à vue ?
Dix jeunes, soupçonnés d’avoir vandalisé la mairie de Fresnes dans le Val-de-Marne, ont été interpellés et placés en garde à vue.
Quel est le profil de ces suspects ? Et où en est l’enquête ? Le 20H de TF1 fait le point dans le reportage ci-dessous.
Le hall de la mairie de Fresnes (Val-de-Marne) saccagé en moins d’une minute. Du mobilier et des ordinateurs détruits. C’est en analysant ces images de vidéosurveillance visibles dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article, mais aussi grâce à la téléphonie et aux traces laissées sur place, que les enquêteurs sont parvenus à identifier les auteurs en moins de trois jours.
Les dix suspects ont passé, ce mardi 31 mars, leur première nuit en garde à vue. Les jeunes hommes ont entre 14 et 17 ans. Tous ont été interpellés chez eux, à Fresnes. Parmi eux, un seul est connu de la justice pour violence contre personnes dépositaires de l’autorité publique. Les arrestations ont eu lieu dans différents quartiers de la ville.
Une auto-école pillée
Le mobile reste au cœur des interrogations. S’agit-il de violence gratuite ? Ou ont-ils été poussés à agir pour envoyer un message au nouveau maire, Les Républicains, Christophe Carlier, la veille de sa prise de pouvoir ? La question se pose car ce dernier veut renforcer sa police municipale et multiplier les caméras de vidéosurveillance. C’est d’ailleurs l’avis de certains habitants. “Ce sont des petits lascars qui ont voulu manifester contre la vidéoprotection”, est convaincu un passant au micro de TF1. “Ce sont des jeunes qui sont dans un besoin de s’exprimer et ils n’ont pas choisi la bonne manière de le faire, tout simplement”, confie un autre habitant également interrogé par l’équipe de reportage de TF1.
Après avoir saccagé la mairie, les suspects s’en sont pris à une auto-école. Une moto a été volée et le montant des dégâts s’élève à 25.000 euros. Le gérant, Stevie Agodor, a une autre interprétation. “C’est un effet de groupe, estime-t-il. Je pense que c’est plus ça que l’aspect politique.” Selon nos informations, au moins trois autres suspects sont encore recherchés. Tous encourent cours une peine maximale de 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende.
2026.4.1 En prison depuis 34 ans, le tueur en série Francis Heaulme est hospitalisé
Routard du crime•Le tueur en série Francis Heaulme, condamné pour onze homicides et détenu à Ensisheim, est hospitalisé à Nancy depuis la semaine dernière, selon le parquet du pôle « cold cases » de Nanterre
Francis Heaulme, condamné pour onze homicides et en détention à Ensisheim (Haut-Rhin), a été hospitalisé, indique mercredi le parquet du pôle « cold cases » de Nanterre. Le ministère public ne donne pas plus d’informations sur son état de santé. Le tueur en série âgé de 67 ans est hospitalisé à l’UHSI (Unité hospitalière sécurisée interrégionale, qui accueille des personnes détenues) de Nancy, en Meurthe-et-Moselle, depuis la semaine dernière, selon Ici Lorraine.
Francis Heaulme est incarcéré depuis 1992. Il est actuellement détenu à la maison centrale d’Ensisheim, aux côtés de Dominique Pelicot, Nordahl Lelandais ou Guy Georges, où il purge plusieurs peines de prison, notamment à perpétuité. Surnommé le « routard du crime », il est également mis en examen pour le meurtre de Jean-Joseph Clément en 1989 dans le Vaucluse.
Le tueur en série avait bénéficié d’un non-lieu pour ce meurtre en 2002, mais le dossier a été rouvert, conduisant à sa remise en examen en 2023. Les investigations sont désormais menées par le pôle national des crimes sériels ou non élucidés ou pôle « cold cases ».
« Nous alertons depuis des années les magistrats du risque de ne plus pouvoir juger M. Francis Heaulme, à l’instar de Michel Fourniret », tueur en série décédé en 2021 avant d’avoir pu être jugé dans certains dossiers, déclare Marine Allali, qui représente, avec Didier Seban, la famille de Jean-Joseph Clément. « Nous sommes inquiets de ces nouvelles sur l’état de santé du mis en examen. Nous espérons qu’il sera en état d’être jugé ».

2026.4.1 L’ex-plumassier du Lido condamné à dix ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur mineurs
L’ancien plumassier belge du Lido a été condamné mercredi à dix ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur deux mineurs par la cour criminelle de Paris.
A l’issue de trois jours de procès, Jean-Claude de Roo, 77 ans, a été déclaré coupable de viols et agressions sexuelles sur mineur de moins de 15 ans et par personne ayant autorité, ainsi que corruption de mineur, des faits survenus à l’égard d’une première victime présumée, Baptiste, de janvier 2007 à octobre 2010.
M. de Roo a également été reconnu coupable d’une agression sexuelle commise en 2016 sur une deuxième victime, Louison, 16 ans au moment des faits.
A la fin du verdict, les deux hommes se sont fait une discrète tape dans le dos, accueillant avec soulagement la décision.
Interrogé par l’AFP, Louison s’est dit “soulagé que la cour ait pris la mesure de la gravité des faits”.
Plus tôt dans la journée, le ministère public avait requis douze ans de réclusion criminelle.
Outre la peine de prison avec mandat de dépôt à effet différé, la cour a aussi condamné l’accusé à un suivi socio-judiciaire de cinq ans, une injonction de soin ainsi que son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
Jean-Claude de Roo a également interdiction de rencontrer ses deux victimes et d’exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact avec des mineurs.
“Emprise”
En 2007, Jean-Claude de Roo, surnommé “Dominique”, fait la connaissance de Baptiste, un adolescent qui rêve de devenir danseur, par l’intermédiaire d’une connaissance commune.
Le garçon évolue alors dans un environnement familial compliqué à Nice, avec un père absent et une mère dépressive.
“Je me suis dit que c’était peut-être la bonne étoile qui veillait sur moi”, a raconté à la barre Baptiste, aujourd’hui âgé de 33 ans.
D’après l’enquête, une relation “sous emprise” s’est rapidement installée entre l’adolescent de 14 ans et le plumassier qui a contribué aux costumes féeriques du Lido, mythique cabaret des Champs-Elysées.
“Pas capable de qualifier les faits” dont il était victime à l’époque, Baptiste a affirmé que “D.” – il refuse de prononcer son prénom – “a exercé son emprise par chaque acte, chaque viol”. “Et une fois l’emprise acquise, il y a eu beaucoup de chantage affectif”.
Selon la cour, le sexagénaire avait “sciemment mis en place des mécanismes pernicieux d’emprise sur Baptiste”.
Autre victime dans cette affaire, Louison, 16 ans à l’époque et en CAP plumasserie, a lui raconté que lors d’une visite à Jean‑Claude de Roo dans sa boutique-atelier à Paris, il a subi des “attouchements”.
“Je n’ai pas compris pourquoi il a dit ça”, s’était défendu l’accusé, avançant l’idée d’une machination de la part de “concurrents” pour le “faire tomber”.
Dans son verdict, la cour a noté “l’absence de griefs” de Louison “qui aurait pu le conduire à mettre faussement en cause Jean-Claude de Roo”.
“Pluralité de victimes” ?
Invité lundi à l’ouverture de son procès à dire s’il reconnaissait les faits qui lui étaient reprochés, l’accusé avait invariablement répondu “non”.
A la barre mercredi, il a assuré “regrette(r) vraiment, sincèrement tout ça”. Il n’a pas souhaité davantage s’exprimer à l’issue des débats.
L’enquête a par ailleurs permis de confirmer l’attirance de Jean‑Claude de Roo pour les jeunes hommes. Interrogé sur le sujet, l’accusé, en couple avec un homme de 51 ans son cadet, a indiqué “ne pas pouvoir l’expliquer”.
Durant son procès, certains de ses proches ont souligné son “côté Peter Pan” ou “Pygmalion”.
La cour a pointé dans son verdict le comportement “global plus problématique” de Jean-Claude de Roo “avec les mineurs et les jeunes majeurs, sur lequel celui-ci ne semble pas avoir commencé la moindre réflexion”.
Pour le ministère public, “en toile de fond de cette procédure”, il y a “ce doute qui plane sur une pluralité de victimes”.
Mardi, un témoin que l’accusé appelait son “fils” (M. de Roo n’a, en réalité, pas de fils) a, à la surprise générale, révélé à la barre avoir subi “des rapports sexuels non consentis” de ses 14 ans à ses 18 ans. Aucune plainte n’a été déposée à ce jour concernant ces faits.

2026.4.1 Affaire Cédric Prizzon : sa compagne et son ex-conjointe tuées «par asphyxie», les enfants remis jeudi aux autorités françaises
Ce sont les conclusions du rapport d’autopsie des deux corps retrouvés la semaine dernière dans le nord du Portugal. L’ancien policier de 42 ans est soupçonné d’avoir enlevé les deux femmes dans l’Aveyron avant de les les tuer.
La compagne et l’ex-conjointe du Français Cédric Prizzon, soupçonné de ce double féminicide, ont été tuées «par asphyxie», selon le rapport d’autopsie des deux corps retrouvés la semaine dernière dans le nord du Portugal, a appris l’AFP mercredi auprès d’une source policière portugaise.
L’ex-policier de 42 ans a été placé en détention provisoire après avoir été interpellé lors d’un contrôle routier en compagnie de ses deux enfants de 12 ans et 18 mois, qu’il est également soupçonné d’avoir enlevés depuis l’Aveyron, dans le sud de la France. D’après des médias portugais, sous les yeux de son fils, il avait d’abord tué Audrey Cavalié, 40 ans, puis Angela Legobien, 26 ans, sa compagne actuelle, qui le sommait de se rendre.
Les corps des deux Françaises, âgées de 40 et 26 ans, ont été retrouvés mercredi dernier enterrés dans «un lieu isolé» du district de Bragança (nord-est), à une centaine de kilomètres au nord du lieu de l’arrestation du suspect, dans la région de Guarda.
Violente dispute
Cédric Prizzon, interpellé après plusieurs jours de cavale depuis le sud de la France, d’où les deux femmes et leurs enfants avaient disparu, a été interrogé par un juge portugais auquel il aurait, selon plusieurs médias, avoué avoir tué son ex-compagne et sa compagne actuelle mais nié toute préméditation.
Selon ce récit rapporté par la presse, il aurait quitté l’Aveyron avec les deux femmes et ses deux enfants et serait entré au Portugal le 22 mars avec le projet d’abandonner son ex-conjointe en Afrique du Nord. Mais une violente dispute aurait éclaté avec sa compagne en raison d’un désaccord sur le plan à suivre. C’est lors de cette dispute que l’ex-policier aurait tué sa compagne actuelle, avant de tuer également son ex-conjointe.
Les enfants, un garçon de 12 ans et sa demi-sœur de 18 mois, seront remis jeudi aux autorités françaises pour être rapatriés en France, a-t-on appris ce mercredi, où ils seront dans un premier temps accueillis par l’Aide sociale à l’enfance. Ils voyageront «accompagnés des chiens qui se trouvaient avec eux dans la camionnette» lors de l’interpellation de leur père, avait indiqué lundi à l’AFP une source judiciaire portugaise. .

2026.3.31 Mort de Loana : l’autopsie exclut l’intervention d’un tiers
L’autopsie de Loana a permis aux médecins d’exclure l’intervention d’un tiers dans sa mort.
Selon le parquet de Nice, les blessures observées sont compatibles avec l’hypothèse d’une chute au sol.
Des analyses de prélèvements effectués sont attendues pour déterminer si la mort peut être d’origine médicale ou toxique.
On en sait plus sur les circonstances de la mort de Loana. Selon les résultats de l’autopsie du corps de la star de téléréalité, retrouvée morte à son domicile mercredi 25 mars, l’intervention d’un tiers est “exclue” par les médecins légistes. Ceux-ci ont notamment relevé “une absence de fracture, signe de coup violent, traces de strangulation ou de saisie”, selon un communiqué du parquet de Nice publié ce mardi.
Les résultats d’analyses encore attendus
Le procureur Damien Martinelli a également annoncé que les opérations autopsiques n’ont pas permis “à ce stade de dater précisément le décès”, ni d’en déterminer la cause.
L’hypothèse d’une chute au sol, mise en évidence par les premières constatations, est compatible avec la plaie du cuir chevelu superficielle, ainsi que les petites ecchymoses au niveau du dos, des lombaires et des fesses compatibles observées par les deux médecins légistes qui ont réalisé l’autopsie de Loana Petrucciani lundi 30 mars.
Néanmoins, des analyses de prélèvements réalisés devront permettre de savoir si la mort peut être d’origine médicale ou toxique. Le corps de la victime a été mis à la disposition de sa famille, indique enfin le procureur.

2026.3.31 France suspects an Iran link after foiling bomb attack outside Bank of America
PARIS (AP) — French authorities are investigating a suspected link to Iran after thwarting a bomb attack outside a Bank of America building in Paris, the interior minister said Monday. Five people are in custody.
Authorities suspect a link due to similarities with other recent attempted attacks in Europe for which a pro-Iran group claimed responsibility, Interior Minister Laurent Nuñez said.
On Saturday morning, Paris police officers spotted two suspects carrying a shopping bag near the Bank of America office in the 8th arrondissement of the French capital. The national anti-terrorism prosecutor’s office is looking into alleged terrorism-related offenses.
The “modus operandi is in every respect similar to actions that have been carried out in the Netherlands and in Belgium,” Nuñez said on French radio RTL. In those cases, there were claims by a pro-Iranian group that “linked them to the conflict” in the Middle-East.
The group, known on Telegram as Harakat Ashab al-Yamin al-Islamia, which translates as the Islamic Movement of the Companions of the Right, also claimed responsibility for an attack last week in London, where four ambulances belonging to a Jewish charity were set on fire.
“Typically, intelligence services of this country (Iran) operate in this way: They use proxies, a series of subcontractors, often common criminals, to carry out highly targeted actions aimed at U.S. interests, the interests of the Jewish community, or Iranian opposition figures,” Nuñez said.
Nuñez said French authorities have stepped up security around key personalities and sites since the United States and Israel launched their war against Iran on Feb. 28, including personal protection for some people from the Iranian opposition.
Bank of America spokesperson Bill Halldin told The Associated Press the bank is ‘’communicating with the French authorities’’ about the investigation. He did not elaborate.
The bank has hundreds of employees in France. Staff returned to work Monday at the targeted office, which is about 600 meters (yards) from the French presidential palace.

2026.3.30 “Il commence à me palper une fesse, puis l’autre” : le navigateur Kevin Escoffier jugé à Lorient pour quatre agressions sexuelles présumées
Kevin Escoffier, figure de la voile française, fait face à la justice ce lundi 30 mars à Lorient. Le skipper est poursuivi pour quatre agressions sexuelles, des faits qu’il nie, dans une affaire qui a bouleversé le milieu nautique.
Il y a des images qui marquent une époque. Celle de Kevin Escoffier, en novembre 2020, en fait partie. En pleine nuit, dans les quarantièmes rugissants au large du Cap de Bonne-Espérance, dans l’océan Indien, son bateau se brise net. En quelques minutes, le navigateur passe du statut de compétiteur engagé dans le Vendée Globe à celui de naufragé, seul sur un radeau de survie, balloté par une mer déchaînée.
Le monde entier retient alors son souffle jusqu’à ce que Jean Le Cam, guidé dans l’obscurité et la tempête, finisse par le retrouver. Escoffier grimpe à bord, transi, épuisé, mais vivant. L’histoire est celle d’un miracle, d’un homme arraché à la mort. Mais près de six ans plus tard, le décor a radicalement changé.
Ce lundi 30 mars, à Lorient, Kevin Escoffier ne va pas lutter plus contre les éléments mais devant la justice. Le skipper comparaît devant le tribunal correctionnel de la ville aux six ports pour des faits d’agressions sexuelles dénoncés par quatre femmes, en France et à l’étranger commis entre 2017 et 2023. Des faits que le skipper conteste fermement.
Une première plainte en 2023
Ce procès, très attendu, marque une étape majeure dans une affaire qui secoue depuis 2023 le milieu de la course au large. Pour son avocate, Me Virginie Le Roy, le navigateur entend s’expliquer et défendre sa version. En face, les plaignantes, soutenues notamment par leurs conseils, évoquent des faits graves et répétés.
Tout commence publiquement en 2023. Une jeune, attachée de presse de l’équipe avec laquelle Escoffier participe à l’Ocean Race, dépose plainte après une soirée à Newport, aux États-Unis.
Tandis qu’elle s’apprête à une accolade avec le skipper, celui-ci lui “presse les seins avec ses mains”, a affirmé la jeune femme. “Il commence à me palper une fesse, puis l’autre”, “et sa main commence à remonter sous mon t-shirt”. Sidérée, elle s’éloigne, tente de comprendre, avant de décider de porter plainte.
“Si ce procès a lieu aujourd’hui, c’est parce que ma cliente a été la première à dénoncer les agressions sexuelles qu’elle a subies. Son courage a rendu cette action en justice possible”, souligne son avocate, Me Caroline Toby.
Des faits similaires décrits par trois autres femmes
Ce premier témoignage agit comme un déclencheur. Au cours de l’enquête, les policiers vont s’appuyer sur les témoignages de trois autres femmes. Skippers débutantes ou membres d’équipes techniques, elles décrivent des faits similaires survenus dans différents lieux : Lorient, le Brésil, Melbourne.
Toutes évoquent des gestes déplacés, souvent dans des contextes festifs, parfois avec un Kevin escoffier décrit comme alcoolisé. Certaines racontent avoir dû se défendre physiquement, D’autres mentionnent des comportements intrusifs, voire l’envoi de contenus sexuels non sollicités.
Dans le journal L’Équipe, Me Caroline Toby, conseil de l’attachée de presse, explique : “Si on lit bien les témoignages avec attention, on a un faisceau, une construction identique, un mode opératoire similaire. J’agresse, souvent dans un contexte alcoolisé, ensuite je m’excuse. Une sorte d’usage”.
Le skippeur se voit comme “un dragueur”, mais conteste toute agression sexuelle
Face à ces accusations, Kevin Escoffier conteste. Il se décrit comme un “dragueur”, reconnaît une possible lourdeur liée à l’ambiance festive, mais nie toute agression. Sa ligne de défense repose sur l’idée de gestes “mal interprétés”, de “quiproquos”, d’interactions ambiguës mais non intentionnellement violentes.
Dans le même temps, certains témoins, cités par L’Équipe, continuent de saluer le marin qu’il a été : un professionnel respecté, un navigateur exemplaire. Sur le plan sportif, les conséquences sont déjà lourdes. Kevin Escoffier a quitté son équipe en pleine compétition dès 2023. Suspendu un temps par la Fédération française de voile (avant une annulation pour vice de procédure), il n’a depuis repris aucune course majeure. Depuis les plaintes, aucun sponsor n’a osé remonter à bord.
S’il est reconnu coupable d’agression sexuelle par le tribunal de Lorient, Kevin Escoffier encourt une peine maximale de cinq ans de prison, voire sept ans si des circonstances aggravantes sont retenues. Le jugement devrait être mis en délibéré à l’issue des débats lundi soir.

2026.3.26 Nicolas Zepeda condamné à perpétuité pour l’assassinat de son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki
La cour d’assises du Rhône a reconnu qu’il y a près de dix ans, le Chilien âgé aujourd’hui de 35 ans a tué son ex-compagne «par jalousie» avant de faire «disparaître» son corps. Elle a alourdi de deux ans les deux verdicts rendus lors de précédents procès en 2022 et 2023.
Le Chilien Nicolas Zepeda a été condamné en appel à Lyon, jeudi 26 mars, à la prison à perpétuité pour l’assassinat, il y a près de 10 ans à Besançon, de son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki, dont le corps n’a jamais été retrouvé. La cour d’assises du Rhône a été convaincue «au-delà de tout doute raisonnable» que le jeune homme d’aujourd’hui 35 ans a prémédité le meurtre «par jalousie», et qu’il a ensuite «fait disparaître son corps».
Dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016, Nicolas Zepeda a assassiné la jeune femme, alors étudiante de 21 ans à Besançon, «par suffocation», probablement «par strangulation ou étouffement», selon le verdict lu par le président de la cour Eric Chalbos. L’assassinat a eu lieu «dans la chambre 106» de la résidence universitaire où vivait Narumi Kurosaki. Le Chilien a ensuite «eu le temps d’emporter» le corps, de «le faire disparaître, possiblement» dans un sous-bois au bord de la rivière du Doubs où il avait fait un «repérage quatre jours plus tôt», a-t-il énoncé.
La cour a alourdi la peine de 30 ans requise par l’avocat général, mais aussi les deux verdicts de 28 ans de prison rendus lors de précédents procès, en 2022 et 2023 en appel. La Cour de cassation avait annulé en 2025 le verdict pour vice de procédure.
La famille de Narumi Kurosaki «entendue dans sa peine»
Au cours des dix dernières années, l’accusé a «varié son récit sur de nombreux points, c’est pourquoi la cour a accordé un crédit limité à ses dénégations», a expliqué Eric Chalbos, après avoir énuméré les nombreux indices confondants du dossier. Nicolas Zepeda, qui a toujours clamé son innocence, a écouté le verdict le visage enfoui dans ses mains tandis que la mère et les soeurs de Narumi Kurosaki ont caressé une photo de la jeune fille.
Le Chilien «continuera de se battre contre cette injustice», a déclaré à la presse l’un de ses avocats, Sylvain Cormier, annonçant un pourvoi en cassation, voire une «demande de révision» ou un recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. «C’est une décision totalement inattendue pour la famille de Narumi qui n’imaginait pas que la cour irait au-delà des réquisitions», a de son côté réagi son avocate Sylvie Galley, pour qui la mère et les deux sœurs ont «au moins été entendues dans leur peine et leur deuil impossible».
«Hurlements de terreur»
Nicolas Zepeda et Narumi Kurosaki avaient entamé une relation amoureuse en 2014 au Japon où le Chilien étudiait. Mais «il n’a pas supporté qu’elle le laisse pour poursuivre ses études en France» à l’été 2016, puis qu’elle y «tombe amoureuse» d’un étudiant du campus, avait estimé mercredi l’avocat général Vincent Auger. Après des mois d’«espionnage informatique» des comptes de la jeune femme, le blocage de ses «amis masculins» sur Facebook et une vidéo menaçante, il a fait le voyage du Chili jusqu’à Besançon sans la prévenir. Après trois nuits et quatre jours à l’épier, comme l’attestent bornages, témoins et caméras de surveillance, il l’a invitée au restaurant et trouvé un moyen pour rentrer avec elle dans sa chambre la nuit du 4 au 5 décembre 2016.
La cour a situé la mort de Narumi aux environs de 3 h 20, quand des étudiants ont entendu des «hurlements de terreur» suivis d’un «long râle». Après des tergiversations, Nicolas Zepeda avait reconnu avoir passé 25 heures dans la chambre, après ces cris qu’il est le seul à n’avoir «pas entendus».
Le portefeuille avec 565 euros, les cartes bancaires, l’ordinateur, et l’unique manteau d’hiver de l’étudiante ont été retrouvés dans sa chambre, mais pas sa couverture, ni sa valise. Dès son arrivée en France, Nicolas Zepeda avait acheté du détergent javellisé, un bidon de produit inflammable et des allumettes. Une preuve de la préméditation, pour l’avocat général. Mais il a probablement renoncé à incinérer le corps pour le précipiter dans le Doubs, a estimé le magistrat.
Après quoi, et jusqu’à son retour au Chili le 13 décembre, il s’est employé à «faire vivre virtuellement» l’étudiante en envoyant des messages rassurants aux proches de la jeune femme, depuis son adresse mail et ses réseaux sociaux. Il avait ainsi retardé l’alerte sur la disparition.
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2026.3.26 Chilean man sentenced to life in prison in France for murdering ex-girlfriend
A French criminal court found Nicolas Zepeda, 35, guilty of murdering his Japanese ex-girlfriend by ‘suffocation,’ most likely by ‘strangulation or smothering,’ in 2016.
A French court on Thursday, March 26, sentenced a Chilean to life in jail for killing his Japanese ex-girlfriend in 2016, increasing his sentence in the latest ruling in the missing body case. It found Nicolas Zepeda, 35, was guilty “beyond all doubt” of the premeditated murder of Narumi Kurosaki, a 21-year-old student, in the eastern city of Besançon.
Zepeda, who has been in detention since being extradited from Chile in 2020 and has always claimed his innocence, listened to the verdict with his face in his hands. His lawyer said he would be appealing to the country’s top court. In the front row, the victim’s mother, accompanied by Kurosaki’s sisters, held and gently touched a photo of the young woman.
The court in the city of Lyon ruled that Zepeda had murdered his ex-girlfriend on the night of December 4, 2016, “by suffocation,” “probably by strangulation or smothering”, according to the verdict read out by presiding judge Eric Chalbos.
A lower court had in 2022 sentenced the Chilean to 28 years over the killing. An appeals court upheld that verdict in 2023. France’s top court last year ordered a retrial because investigators had withheld evidence from his defense team.
Zepeda and Kurosaki began a romantic relationship in 2014 in Japan, where the Chilean was studying. The prosecution argued that he could not bear her leaving him to continue her studies in France in the summer of 2016, and then falling in love with another student. After stalking her online and sending her a threatening video, he traveled from Chile to France without telling her, the investigation showed. He spied on her for four days and three nights, according to witnesses and surveillance footage, then invited her to a restaurant and went back to her room with her on the night of her disappearance.
Flammable product, matches
Kurosaki was last seen on surveillance video footage in her dormitory on December 4, 2016. Her body was never found. Investigators found her wallet containing €565, credit cards, a mobile phone, a transport pass, a winter coat, and shoes in her room. The defendant admitted in court that he had stayed in her room for more than 24 hours, as revealed by geolocation data from his mobile phone and rental car.
The investigation showed that Zepeda had previously purchased a jerrycan of flammable liquid, matches and a spray bottle containing bleach and detergent. Public prosecutor Vincent Auger argued this showed premeditation, even if he likely then decided to dispose of her body in the nearby Doubs River instead.
Five days later, Zepeda bought a train ticket in Kurosaki’s name for a trip to the nearby city of Lyon. The prosecution argued he also sent messages from her email and social media accounts to reassure her friends and relatives, though he denied ever doing this. He eventually returned to Chile later the same month, after spending time in the Spanish city of Barcelona.
2026.3.22 Meurtre de Justice Vayrac : Lucas Larrivée condamné à 30 ans de réclusion criminelle
Le récit de l’accusé, âgé de 24 ans, n’a pas convaincu la justice qui l’a reconnu coupable du meurtre de la jeune femme de 20 ans, tuée au retour d’une soirée en discothèque.
« Pas un monstre » mais des traits « de psychopathe ». Lucas Larivée a été condamné samedi 22 mars à une peine de 30 ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté de 20 ans, pour le viol et le meurtre de Justine Vayrac en 2022 en Corrèze. Après six heures de délibération, les jurés ont prononcé une peine légèrement inférieure à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de 22 ans de sûreté, réclamée par le parquet.
Pour l’avocate générale Émilie Abrantes, cet ouvrier agricole de 24 ans, « prisonnier de (ses) mensonges » durant les six jours de procès, n’est « pas un monstre » mais possède « tous les traits de personnalité » qui font de lui « un psychopathe » dangereux pour la société. En larmes et dans les bras de ses proches lors de l’annonce du verdict, la mère de la victime a ensuite fait un pas pour enlacer celle de l’accusé.
« Depuis le début, nous avons fait le choix de faire confiance à la justice de notre pays et cette confiance est intacte », a réagi le beau-père de la victime, au nom de la famille Vayrac. De son côté, le représentant de la défense, Me Michel Labrousse, n’a pas souhaité commenter le verdict, précisant que l’« éventualité d’un appel n’est pas une décision qui se prend à chaud ».
Déjà condamné pour une affaire d’incendie volontaire, Lucas Larivée, présenté comme « intolérant à la frustration » par les experts psychiatres, était jugé pour le viol et le meurtre le 22 octobre 2022 de Justine Vayrac, 20 ans, au retour d’une soirée en discothèque à Brive-la-Gaillarde. Pour le parquet, dès la nuit des faits, le jeune homme « a mis en place une mécanique machiavélique et glaçante ».
« Lucas Larivée, ce n’est pas Émile Louis », a plaidé son avocat
« Il a réfléchi à chaque détail » avec « cynisme », poursuit le parquet, indiquant qu’aussitôt après la mort de Justine, il a rassuré ses amis par téléphone, enterré le corps, puis accusé un personnage inventé. Dans le dossier des incendies, « l’expert psychiatre avait conclu que Larivée ne présentait aucun profil psychopathique. Comment peut-on dire tout l’inverse aujourd’hui ? », a mis en cause l’avocat de la défense Me Michel Labrousse.
Durant sa plaidoirie, qui a duré près de quatre heures, les proches de la victime ont quitté la salle. « Ce [nouveau] rapport [d’expertise psychiatrique, ndlr] est un torchon. Il a mis dans la tête des gens l’item d’un tueur en série, et l’avocate générale profite de ce pain béni », a-t-il ajouté, assurant que : « Lucas Larivée, ce n’est pas Émile Louis ».
Avant de tancer les jurés : « Vous aurez sur la conscience une décision sur laquelle il y a du doute et qui doit lui profiter », les enjoignant à ne retenir que « la qualification de coups mortels ». Depuis le début du procès, la défense a plaidé l’accident lors d’un jeu sexuel – un étranglement au cours de l’acte – consenti ayant mal tourné, pour expliquer la mort, « sans intention de la donner », de la jeune femme.
Les justifications de l’accusé mises à mal au fil des débats
Mais cette thèse a été bousculée, au fil des débats, par les expertises attestant de projection de sang dans la chambre, de coups portés à la victime, par le témoignage d’une seconde jeune femme, disant avoir aussi été étranglée lors d’une deuxième relation dans le même lit, deux heures après la mort de Justine, et par les mensonges de l’accusé.
Au début de l’affaire, Lucas Larivée avait évoqué, « pour se dédouaner », l’intervention d’un tiers, qui s’avérera imaginaire, auteur d’un rapport forcé et de quatre coups de poing sur Justine Vayrac. « Ce mensonge ne vous dédouane pas, au contraire, il vous accable », a lancé l’avocate générale, expliquant que dans « ce récit » attribué à un tiers fictif, « tout correspond[ait] à ce qui est constaté scientifiquement. »
Décrite comme « douce » et « très sensible » par ses parents à la barre, « Justine, alcoolisée et d’une fragilité particulière » le soir des faits, « n’était qu’une proie de plus sur le tableau de chasse de Lucas Larivée », qui, séducteur, collectionnait les petites amies d’après l’enquête, selon l’avocat de la famille Vayrac, Me Olivier Guillot.
Vendredi, Lucas Larivée avait qualifié son geste d’« irréparable » et d’« impardonnable », tout en restant campé sur la thèse de « l’accident ». « Je ne me pardonnerai jamais », avait-il déclaré, en larmes, le regard tourné vers les parents de Justine.

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2026.3.18 Sarkozy claims innocence at Libyan campaign funding appeal trial
On the third day of his appeal trial over allegations that he sought funding from Muammar Gaddafi’s Libya for his 2007 election campaign, ex-president Nicolas Sarkozy said he ‘did not commit any of the acts’ he stands accused of.
Former French president Nicolas Sarkozy said, on Wednesday, March 18, that he “did not commit any of the acts” he is accused of, as he took the stand at an appeal trial on charges he sought Libyan financing for his 2007 election. Sarkozy became modern France’s first president to serve jail time last year after being convicted in an earlier trial on the same charges, spending 20 days behind bars.
“I appealed because I did not commit any of the acts for which I was convicted. I will muster all the strength I have to defend this truth, which is deeply rooted within me,” Sarkozy said, on the third day of his appeal trial. The 71-year-old has always denied any wrongdoing and had also told the court he was innocent on Tuesday.
Verdict expected in the autumn
A lower court in September found the right-wing politician, who was president from 2007 to 2012, guilty of seeking to acquire funding from Muammar Gaddafi’s Libya for the campaign that saw him elected and sentenced him to five years behind bars. Sarkozy served 20 days before he was released pending the appeal.
Under France’s legal system, the appeal trial amounts to a retrial, with the court re-examining all evidence and testimony, and Sarkozy is again presumed innocent. The trial is set to run until June 3, with a verdict expected in the autumn. If convicted, Sarkozy faces up to 10 years in prison.
Sarkozy has faced a series of legal issues since leaving office and has already received two definitive convictions in other cases.

2026.3.16 Affaire du financement libyen : le procès en appel de Nicolas Sarkozy s’est ouvert à Paris
L’ancien chef de l’État est rejugé jusqu’au 3 juin, dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. Neuf autres prévenus comparaissent à ses côtés, dont les ex-ministres Brice Hortefeux et Éric Woerth. Claude Guéant n’est lui, pas présent, pour raison de santé.
Nicolas Sarkozy est de retour devant la justice. L’ancien président, âgé de 71 ans, est rejugé dans l’affaire dite du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007. Un peu moins de six mois après sa condamnation, le 25 septembre, à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt et 100 000,00 € d’amende, il comparaît en appel avec neuf autres personnes.
L’audience s’est ouverte à 13 h 30 ce lundi 16 mars, sous les ors de la première chambre du palais de justice historique de Paris. Aux côtés de l’ancien président, assis au premier rang devant la cour avec ses avocats Me Jean-Michel Darrois et Me Christophe Ingrain, se trouvent aussi les ex-ministres Brice Hortefeux et Éric Woerth, mais pas Claude Guéant, absent pour raison de santé. La cour a ordonné une expertise médicale comme l’a demandé l’avocat de l’ancien secrétaire général de l’Élysée. « Son état fragile ne lui permet pas d’être physiquement présent », a-t-il souligné son avocat. Si son client ne pouvait pas suivre le procès, il le représentera et ne demandera pas un renvoi à une date ultérieure, a-t-il précisé.
Lecture du rapport et questions de procédures jusqu’à mercredi
L’audience ce lundi est consacrée à l’organisation du procès et à la lecture du rapport du président sur les faits. Des questions de procédure seront débattues aussi demain et mercredi, avant des déclarations liminaires des mis en cause envisagées mercredi après-midi avant le début des interrogatoires. Selon le planning prévisionnel, Nicolas Sarkozy devrait être entendu sur trois jours les 7, 8 et 13 avril.
L’enjeu est important pour celui qui compte deux mentions à son casier avec ses condamnations définitives dans les dossiers Bismuth et Bygmalion. Il joue sa liberté à son procès en appel. En première instance, l’ancien chef de l’État avait été relaxé pour trois des quatre infractions pour lesquelles il était jugé. Mais, reconnu coupable d’association de malfaiteurs.
« Solliciter un financement occulte »
Le tribunal correctionnel a considéré que fin 2005 et début 2006, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait « sciemment laissé ses collaborateurs », Claude Guéant et Brice Hortefeux, démarcher la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi, « afin de solliciter un financement occulte » pour soutenir son accession à l’Élysée.
Pour l’accusation, un pacte aurait été noué avec le « colonel », en échange d’un retour en grâce diplomatique de l’état pétrolier, de la signature de contrats et de la réhabilitation judiciaire d’Abdallah Senoussi. Ce beau-frère de Kadhafi et chef du renseignement militaire avait été condamné à la perpétuité par contumace pour l’attentat du DC-10 d’UTA en 1989, qui a fait 170 morts, dont 54 Français.
« Pas un centime libyen n’a été retrouvé »
Dans son jugement, le tribunal s’appuie sur des déclarations d’ex-dignitaires du régime libyen et des déplacements à Tripoli de Claude Guéant et Brice Hortefeux qui y ont rencontré Senoussi, hors de tout circuit diplomatique officiel. Ils ont relevé aussi des flux financiers, mis au jour par l’enquête, avec des montants proches de ceux mentionnés à la date du 29 avril 2007, dans des carnets de Choukri Ghanem, ex-ministre libyen mort en 2012.
Les investigations ont également montré que des liquidités d’origine inconnue (au moins de 35 000 €) ont circulé au QG du candidat de l’UMP en 2007, mais les juges ont considéré qu’il n’y avait « pas de démonstration » que de l’argent parti de Libye ait, « in fine », été utilisé dans la campagne.
Nicolas Sarkozy a toujours tout contesté, fustigeant un dossier « vide de preuves », martelant que « pas un centime libyen n’a été retrouvé » dans sa campagne. Et de parler d’un « complot » ourdi par le clan Kadhafi pour se venger de son rôle déterminant dans la chute du dictateur en 2011.

2026.3.16 Financement libyen: le procès en appel de Nicolas Sarkozy s’est ouvert à Paris
Paris, France | AFP | lundi 16/03/2026 – La liberté, ou la prison et le déshonneur pour Nicolas Sarkozy: le procès en appel de dix personnes dans l’affaire du financement libyen s’est ouvert lundi à Paris, une échéance cruciale pour l’ex-président après son incarcération à l’automne.
A l’occasion de cette audience, prévue jusqu’au 3 juin dans le décor monumental de la première chambre de la cour d’appel de Paris, les enjeux ne sauraient être plus élevés pour le prévenu le plus célèbre de France, devenu l’année dernière le premier ex-président (2007-2012) à être incarcéré dans l’histoire de la République.
Sourire crispé, M. Sarkozy, 71 ans, est entré dans la salle quelques minutes avant l’ouverture de l’audience, serrant les mains de gendarmes et avocats sur son passage, avant de s’asseoir au premier rang des prévenus.
En septembre, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclaré coupable d’association de malfaiteurs et l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme en raison d’une “corruption au plus haut niveau” d’une “exceptionnelle gravité”.
Entré le 21 octobre à la prison de la Santé sous les caméras du monde entier, Nicolas Sarkozy a obtenu sa mise en liberté sous contrôle judiciaire trois semaines plus tard.
Dans ce feuilleton politico-financier aux multiples méandres, qui a commencé en 2011, l’ancien champion de la droite est accusé d’avoir voulu faire financer par des fonds secrets de la Libye du dictateur Mouammar Khadafi sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, ce qu’il a toujours nié vigoureusement.
En première instance, le tribunal correctionnel l’a relaxé pour trois des quatre infractions pour lesquelles il était jugé.
Les juges ont estimé que le financement libyen de la campagne électorale de 2007 n’était pas établi, malgré l’envoi corroboré de 6,5 millions d’euros par la Libye en janvier et novembre 2006. Pour les magistrats, il n’a pas été apporté la preuve que ces fonds ont effectivement atterri dans les caisses de la campagne qui a porté Nicolas Sarkozy à l’Élysée.
Toutefois, ils ont jugé que l’ex-président avait effectivement laissé ses plus proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, démarcher le pouvoir libyen en ce sens à l’occasion de rendez-vous secrets qu’ils ont eus en Libye fin 2005 avec un proche de Mouammar Kadhafi, recherché par la justice française.
-“Pacte démocratique” fragilisé –
Outre Nicolas Sarkozy, définitivement condamné dans les affaires Bismuth et Bygmalion, respectivement pour corruption et financement illégal de campagne, neuf autres prévenus seront rejugés à l’occasion de ce procès en appel.
“Le financement occulte de campagne électorale – qui repose sur un ensemble complexe d’acteurs, de transactions financières et de montages juridiques – fragilise le pacte démocratique. Chaque euro détourné ou injecté illégalement est une atteinte directe à la souveraineté”, ont estimé dans un communiqué les associations anticorruption Sherpa, Anticor et Transparency International France, parties civiles.
Aux côtés de l’ancien chef de l’Etat doivent notamment comparaître son ex-bras droit Claude Guéant et l’ancien ministre Brice Hortefeux, son ami de toujours.
Secrétaire général de l’Elysée sous la présidence Sarkozy, Claude Guéant a été l’un des plus lourdement sanctionnés en première instance. Le tribunal l’a condamné à six ans de prison pour toute une série de délits, dont corruption, trafic d’influence passive ou encore faux et usage de faux.
En raison de son état de santé, il a échappé au mandat de dépôt et sa présence au procès en appel est incertaine, son avocat comptant demander une expertise médicale. Il était effectivement absent lundi à l’ouverture des débats.
Quant à Brice Hortefeux, 67 ans, la justice lui reproche d’avoir agi comme intermédiaire du financement à travers le réseau du Franco-Libanais Ziad Takieddine. Ce personnage central du dossier, qui avait été jugé en son absence devant le tribunal, est décédé juste avant le jugement.
Brice Hortefeux a été condamné par le tribunal correctionnel à deux ans de prison, une peine aménageable à effectuer sous bracelet à domicile assortie de l’exécution provisoire, et à une amende de 50.000 euros.
Sur le banc des prévenus figure également le trésorier de la campagne de 2007, l’ex-ministre Eric Woerth, tout juste nommé président du PMU. Sa relaxe en première instance a fait l’objet d’un appel du parquet national financier (PNF).
A l’instar de Nicolas Sarkozy, les deux condamnés écroués à l’issue du jugement de septembre, l’intermédiaire Alexandre Djouhri et le banquier Wahib Nacer, ont été mis en liberté par la justice les semaines suivantes.
Officiellement onze prévenus sont jugés en appel mais l’avocat malaisien Sivajothi Rajendram est présumé mort, même si la justice française n’a pas obtenu notification de ce décès.

2026.2.26 “Une fraude internationale” : 16 tonnes de tabac saisies en Savoie lors d’un simple contrôle routier
C’est l’une des plus importantes saisies de tabac de contrebande en France.
À Modane en Savoie, les douaniers ont trouvé 16 tonnes dissimulées dans la remorque d’un poids lourd polonais.
De la fabrication à la mise en vente des cigarettes, cette enquête du 20H de TF1 vous dévoile les dessous de ce trafic.
Dans un camion intercepté par les douanes, on ne compte pas moins de 320 cartons. À l’intérieur 16 tonnes de tabac, de quoi fabriquer 16 millions de cigarettes. Comme le montrent ces images, la cargaison a été saisie par les autorités. Contrôlé sur l’A43 à Modane, en Savoie, le poids lourd était passé par l’Italie.
Le véhicule a été immatriculé en Pologne, impossible pour l’heure de savoir s’il venait précisément de ce pays. “C’est un contrôle qui est à la base un simple contrôle de routine et qui débouche sur une grosse quantité de tabac qui circule sans aucun document d’accompagnement ou justificatif d’origine, rapporte Thibaut Rougelot, chef divisionnaire des douanes à Chambéry (Savoie). Il s’agit d’un camion complètement hors radar et qui circule de manière illégale. C’est clairement une organisation de fraude internationale.” Les trafiquants auraient pu fabriquer 16 millions de cigarettes.
Le tabac est bien sûr de moindre qualité.
Delphine Sarfati-Sobreira, directrice générale de l’Union des fabricants (UNIFAB)
Le chauffeur allait-il approvisionner des usines clandestines de production de cigarettes ? L’enquête est en cours. Entre 2021 et 2025, huit ont été démantelées en France, comme celle-ci à Toulouse. Grâce à ces machines, les trafiquants fabriquaient illégalement 1.500 cigarettes par minute. Depuis ce hangar, les enquêteurs ont pu remonter un vaste réseau criminel. Le tabac était acheminé depuis la Pologne et transformé en France.
“Ils sont là pour un temps déterminé, pour faire un maximum d’argent en un temps déterminé, fabriquer le maximum de cigarettes et les écouler le plus rapidement possible. Ensuite, ils déplacent les machines pour changer d’endroit”, détaille un agent de la police nationale, dans la vidéo du 20H de TF1, visible en tête de cet article.
Le tabac utilisé dans la contrefaçon est principalement cultivé en Chine. Une fois les cigarettes fabriquées, elles sont revendues à la sauvette, dans la rue, comme à la sortie du métro parisien. Des paquets à moins de 5 euros contre plus de 13 euros dans un bureau de tabac, comment est-ce possible ? ” Ça ne coûte pas cher à fabriquer. En plus, le tabac arrivé en vrac est mélangé à d’autres substances, on ne sait pas trop lesquelles. Et puis, évidemment, vous ne payez pas de taxes, donc tout ça fait que le produit est beaucoup moins cher. Il est bien sûr de moindre qualité”, explique Delphine Sarfati-Sobreira, directrice générale de l’Union des fabricants (UNIFAB). À l’œil nu, impossible de voir la différence entre un vrai et un faux paquet. “Notamment avec le paquet neutre, poursuit-elle, cela a beaucoup simplifié, le travail du contrefacteur.”
La vente de tabac de contrefaçon est passible de cinq ans de prison. Parfois, les saisies se font loin de la métropole. Il y a un an, au large de la Nouvelle-Calédonie, la douane française intercepte un navire de commerce. C’est la plus importante saisie réalisée sur le territoire national. Au total, 67 tonnes de cigarettes, dissimulées dans plusieurs conteneurs. La valeur estimée de la marchandise confisquée par les autorités s’élève à 34,6 millions d’euros.

2026.2.11 Procès en appel de Marine Le Pen et du RN : la décision sera rendue le 7 juillet
Alors que Marine Le Pen risque une peine d’inéligibilité – le parquet a requis quatre ans de prison, dont un an ferme, et cinq ans d’inéligibilité – l’empêchant de se présenter à l’élection présidentielle de 2027, cette date était très attendue au sein du Rassemblement national et chez les postulants à l’élection.

2026.2.11 Grenoble : un homme poursuivi pour viols et agressions sexuelles sur 89 mineurs
Jacques Leveugle, né à Annecy et âgé de 79 ans, est au cœur d’une titanesque affaire de pédocriminalité. Il est poursuivi pour viols et agressions sexuelles sur 89 mineurs. Le septuagénaire est actuellement en détention provisoire.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Des décennies d’abus et de méfaits que Jacques Leveugle avait soigneusement consignés dans des écrits stockés chez lui. Cet homme, né à Annecy (Haute-Savoie) et âgé de 79 ans, est au cœur d’une titanesque affaire de pédocriminalité. Il est poursuivi pour viols et agressions sexuelles sur 89 mineurs. Lors de ses nombreux voyages autour du monde, il travaillait notamment en tant qu’enseignant et avait jeté son dévolu sur ceux qui étaient ses élèves.
Dans son périple criminel, Jacques Leveugle a parcouru les cinq continents entre 1967 et 2022. Les gendarmes ont lancé un appel à témoin et diffusé différentes photos du septuagénaire dans l’espoir de retracer plus précisément son parcours.
Il a aussi avoué le meurtre de deux de ses proches
“On recherche bien entendu à la fois des victimes, pour lesquelles on n’aurait que des surnoms et qu’on a encore du mal à identifier, et des personnes qui l’auraient côtoyé sur l’ensemble de son parcours criminel et qui pourraient éclairer les enquêteurs et la magistrate instructrice sur un petit peu la personnalité de Monsieur Leveugle”, explique Serge Procédès, commandant de la section de recherches de la gendarmerie de Grenoble (Isère).
Jacques Leveugle n’est pas seulement soupçonné de viols et d’agressions sexuelles. Il a aussi avoué le meurtre de deux de ses proches gravement malades en les étouffant. Il est actuellement en détention provisoire.
2026.2.10 Agressions sexuelles et viols pendant 55 ans, 89 victimes mineures et des aveux consignés… Ce que l’on sait de l’affaire de pédocriminalité mettant en cause Jacques Leveugle

Le procureur de la République de Grenoble a tenu à rendre publique l’identité du suspect, Jacques Leveugle, né en 1946 à Annecy, dans le cadre d’un appel à témoins visant à identifier ses victimes.

Un parcours criminel de plus de cinquante années sur les cinq continents, détaillé dans des écrits très fournis. Le parquet de Grenoble a lancé, mardi 10 février, un vaste appel à témoins concernant un homme de 79 ans. Celui-ci est poursuivi pour des viols et agressions sexuelles aggravés commis sur 89 mineurs dans plusieurs pays entre 1967 et 2022, mais aussi pour le meurtre de sa mère et de sa tante il y a des décennies.

Le procureur de la République de Grenoble, Etienne Manteaux, a tenu à rendre publique l’identité du suspect, Jacques Leveugle, né en 1946 à Annecy (Haute-Savoie). “Ce nom doit être connu parce que l’objectif est de permettre à d’éventuelles victimes de se manifester”, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse.

Dans cette titanesque affaire de pédocriminalité, les enquêteurs travaillent depuis 2024 à partir des “mémoires” du septuagénaire, consignées dans des clefs USB. Les faits auraient été commis en Allemagne, en Suisse, au Maroc, au Niger, en Algérie, aux Philippines, en Inde, en Colombie et en Nouvelle-Calédonie. Voici ce qu’il faut retenir de la conférence de presse du procureur de la République de Grenoble.

L’alerte a été donnée par le neveu du septuagénaire
Fin 2023, le neveu de Jacques Leveugle “se questionne” sur la vie de son oncle, alors âgé de 77 ans, et décide de profiter de son absence à son domicile pour “exploiter les clefs USB” qu’il retrouve dans la chambre de celui-ci, a relaté le procureur. Il va alors découvrir “des documents écrits très volumineux”, qui ressemblent à “des mémoires”.

Ces récits “commencent dans les années 1960” et vont “jusqu’en 2023”. Le neveu du septuagénaire “parcourt très rapidement ces mémoires et se rend compte que l’on parle beaucoup de sexualité avec ces mineurs”, a détaillé Etienne Manteaux lors de sa conférence de presse. Le neveu décide alors de se présenter à la brigade de gendarmerie de Vizille (Isère), où il remet tous ces éléments aux enquêteurs.

Le suspect a confirmé la réalité de ses écrits aux enquêteurs
Dès lors, une enquête est ouverte par la gendarmerie et les investigations débutent à partir de ces écrits : “Un travail très long”, articulé autour de “15 tomes” de documents, et mené pendant plusieurs mois par la brigade de Vizille, “avec un enquêteur qui a consacré un temps considérable à l’exploitation de ces mémoires”. Les gendarmes recensent 89 victimes mineures, de 13 à 17 ans, avec des premiers faits remontant à 1967 et s’étalant jusqu’en 2022.

Jacques Leveugle est interpellé en février 2024 et placé en garde à vue. Alors que les enquêteurs pensent dans un premier temps qu’il y a “une part de mythomanie”, le suspect leur confirme “que ce qu’il écrivait dans ses mémoires était l’expression de la réalité de ce qu’il avait vécu”. L’homme assure toutefois ne pas avoir eu “conscience de la contrainte morale qui pouvait être imposée à ces mineurs”.

Il est mis en examen dans la foulée pour agressions sexuelles et viols aggravés. D’abord placé en détention provisoire, “il a ensuite été remis en liberté sous assignation à résidence, sous surveillance électronique, dans le cadre d’un contrôle judiciaire”, a précisé le procureur. Mais Jacques Leveugle “n’a pas respecté les assignations fixées : il y a eu une révocation de cette mesure en avril 2025. Il est donc de nouveau en détention provisoire” depuis cette date.

Un appel à témoignages est lancé
De par son ampleur, l’enquête a été reprise par la section de recherches (SR) de Grenoble, qui lance un appel à témoins pour permettre à toutes les victimes de se manifester. A ce jour, “une quarantaine de mineurs ont été identifiés sur les 89” mentionnés dans les mémoires du septuagénaire, a souligné le procureur, ajoutant que “la plupart ont déposé plainte, en revanche, peu se sont constitués parties civiles”.

Les enquêteurs ont procédé à une centaine d’auditions. Certaines victimes ne sont mentionnées que par leurs prénoms ou des surnoms, ce qui rend leur identification compliquée. Il est par ailleurs possible que toutes ne soient pas consignées dans les écrits retrouvés sur les clés USB.

Le colonel Serge Procédès, à la tête de la SR de Grenoble, a précisé lors de la conférence de presse que Jacques Leveugle a “changé physiquement” au fil des années, d’où l’intérêt de faire figurer des photos de lui au fil de sa vie sur l’appel à témoins. Le numéro vert (0 800 20 01 42) renvoie directement sur la SR de Grenoble et est accessible depuis l’étranger. “On est sur un parcours criminel individuel mais on veut savoir, de par la longévité de ce parcours, et la multitude de structures associatives, périscolaires, qu’il a pu investir, s’il n’a pas pu bénéficier de complicités ou de personnes qui auraient agi sur le même type d’actes”, a souligné le colonel.

Deux homicides familiaux également reconnus
Dans ses mémoires, Jacques Leveugle a par ailleurs consigné le meurtre de sa mère en 1974, alors que celle-ci souffrait d’un “cancer en phase terminale”, l’obligeant à revenir à son chevet, à Maisons-Laffitte (Yvelines), alors qu’il vivait en Algérie. “La constatant particulièrement affaiblie, il a décidé d’abréger ses souffrances et l’a étouffée avec un coussin”, a rapporté Etienne Manteaux.

Le suspect a également relaté le meurtre de sa tante, la sœur de sa mère, en 1992. Agée de 92 ans, elle “souffrait d’une maladie grave” et, alors qu’elle le suppliait “de rester plus longtemps” à son chevet, “il a fait le choix de lui donner la mort”, a rapporté le procureur. Jacques Leveugle l’aurait alors étouffée, elle aussi, dans son sommeil avec un coussin. Le médecin qui s’est rendu sur place pour constater le décès n’a pas conclu à un homicide : la victime a été “inhumée de façon classique”, a précisé le procureur.

Jacques Leveugle “a admis son passage à l’acte” : une enquête distincte de celle sur les viols et agressions sexuelles a été ouverte pour ces deux homicides. Le prévenu “légitime son passage à l’acte en considérant qu’il aimerait bien qu’on lui fasse la même chose s’il se trouvait dans cette situation de fin de vie”, a encore expliqué le magistrat.

Une vie professionnelle en contact permanent avec des enfants et adolescents
Le procureur est revenu en détails sur la vie de Jacques Leveugle. L’homme est né en juin 1946 à Annecy (Haute-Savoie), a fait des études, “mais n’est jamais allé au bout de ses projets”. Il a fait deux ans de prépa littéraire hypokhâgne-khâgne, “mais n’est pas allé au terme”. “Il voulait devenir professeur, mais n’a jamais obtenu le titre officiel d’enseignant, a fait une formation d’éducateur spécialisé, mais qu’il n’a pas véritablement menée à terme, une formation d’infirmier qu’il n’a pas amenée à terme”, a énuméré le procureur.

Il a ensuite oscillé entre les fonctions d’éducateur et d’enseignant. Il prodiguait “du soutien scolaire” et encadrait “beaucoup de camps de jeunesse”, comme “des séjours éducatifs d’enfants délinquants en Allemagne”, sillonnant le monde à travers huit pays référencés dans ses mémoires : l’Allemagne, la Suisse, le Maroc, le Niger, l’Algérie, les Philippines, l’Inde, la Colombie et la France, et spécifiquement la Nouvelle-Calédonie. Il a relaté les relations sexuelles qu’il a eues avec des mineurs tout au long de ses déplacements.

Un homme qui se décrit comme un “boy lover”, usant de “contraintes morales” sur ses victimes
Jacques Leveugle, qui se décrit dans ses textes comme “un boy lover”, se voyait “comme un Grec antique formant de jeunes éphèbes”, a rapporté le procureur. “Cultivé et charismatique”, il prenait ces jeunes sous son aile et procédait par “séduction intellectuelle du mineur, et [pour le] côté sexuel, l’approche se fait ensuite par le rire”, a continué le magistrat.

“Il n’y a jamais eu de violence commise. On est vraiment sur des contraintes morales”, a renchéri le colonel Serge Procédès, évoquant “un cas d’école de sérialité”.

2026.2.10 Suicide d’Evaëlle : sa professeure nie tout harcèlement
Procès en appel pour le harcèlement d’Évaëlle, collégienne de 11 ans suicidée en 2019 dans le Val-d’Oise. Relaxée en première instance, son enseignante risque 18 mois de prison avec sursis. Les parents espèrent une nouvelle décision.
2026.2.10 L’affaire Issei Sagawa : les aveux d’un cannibale obsédé par la chair humaine
PODCAST – “L’Heure du Crime” revient sur l’affaire Issei Sagawa : au printemps 1981, ce Japonais est appréhendé pour le meurtre, le viol post mortem et le dépeçage d’une étudiante hollandaise, dont il a consommé certaines parties du corps. Il est alors placé en garde à vue.

2026.1.31 Lyon : un homme va être jugé pour avoir défenestré son voisin de 89 ans, la piste antisémite au cœur du procès
Un homme de 55 ans doit être jugé à partir de lundi devant la cour d’assises du Rhône pour le meurtre de son voisin René Hadjadj, 89 ans, jeté du 17e étage d’un immeuble lyonnais en mai 2022. Le dossier, particulièrement violent, soulève une question centrale : celle du possible mobile antisémite.
La justice a retenu la circonstance aggravante de meurtre commis en raison de la religion de la victime, mais l’accusé conteste toute intention antisémite. Le crime est reconnu, selon la défense, mais c’est l’interprétation du passage à l’acte qui sera débattue tout au long de la semaine d’audience.
Licra et Crif parties civiles, comparaison avec Sarah Halimi
Les faits remontent au 17 mai 2022. Le corps de René Hadjadj est retrouvé au pied de l’immeuble où il habitait. Rapidement, les enquêteurs interpellent un voisin vivant au 17e étage, Rachid Kheniche, qui admet avoir jeté la victime depuis son balcon après une altercation. Il affirme avoir été en proie à une crise de paranoïa et évoque une tentative d’étranglement préalable.
Deux expertises psychiatriques ont conclu à une altération du discernement, sans abolition totale, ce qui maintient sa responsabilité pénale. Plusieurs associations, dont la Licra et le Crif, se sont constituées parties civiles et estiment que le caractère antijuif du crime est établi, évoquant des similitudes avec l’affaire Sarah Halimi. Le procès devra déterminer si l’antisémitisme a joué un rôle déterminant dans le meurtre.

2026.1.31 Trafic de chiots : trois éleveurs français mis en examen après une filière Serbie–France
Un réseau international de trafic de chiens reliant la Serbie à la France a été démantelé, conduisant à la mise en examen de trois éleveurs installés dans la Drôme et le Rhône, a annoncé ce vendredi la gendarmerie nationale. Les suspects, interpellés mardi, ont été placés sous contrôle judiciaire, avec notamment interdiction de quitter le territoire et d’exercer toute activité en lien avec les animaux.
Les investigations ont révélé l’importation de chiennes gestantes depuis la Serbie, destinées à mettre bas en France en contournant les règles sanitaires. Lors des perquisitions menées dans les élevages, les forces de l’ordre ont saisi 18 chiens adultes, 19 chiots, des médicaments ainsi que de faux passeports provenant de plusieurs pays d’Europe de l’Est.
Mutilations illégales et faux documents
Selon les gendarmes, les chiots étaient mutilés dès la naissance : ablation partielle des oreilles (otectomie) et de la queue (caudectomie), des pratiques interdites dans l’Union européenne. Les animaux étaient ensuite revendus sur internet grâce à de faux carnets de vaccination et de faux passeports, visant à faire croire à une provenance européenne et à masquer l’origine serbe.
L’enquête, ouverte en février 2023, a été conduite par le DOCLAESP de Lyon et la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires, sous l’autorité du procureur de Villefranche-sur-Saône. La gendarmerie indique que le couple drômois se rendait régulièrement en Serbie et disposait de contacts spécialisés dans le transport d’animaux, en lien avec l’éleveuse du Rhône, soupçonnée de méthodes similaires.

2026.1.30 Bébé tué à l’acide à Lyon : l’ex-employée de crèche condamnée en appel à 30 ans de prison
par Aymen Amiri avec AFP
La fin de trois jours d’audience éprouvants. Dix mois après sa première condamnation, Myriam Jaouen a écopé ce vendredi en appel de 30 ans de réclusion criminelle pour avoir tué la petite Lisa en 2022. La cour d’assises de l’Ain a ainsi estimé que l’ancienne auxiliaire puéricultrice a “donné volontairement la mort” au bébé de 11 mois.
Début avril 2025, la jeune femme avait déjà été condamnée(nouvelle fenêtre) en première instance pour “torture ou actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Les jurés avaient en revanche écarté la qualification de meurtre, telle que requise par l’avocat général Baptiste Godreau et qui implique l’intention de donner la mort. Il avait notamment estimé que l’accusée avait agi “en parfaite conscience” et “lâchement retiré la vie à une enfant sans défense”.
Intention de donner la mort
“Je vous demande de la déclarer coupable du crime de meurtre, elle a consciemment tué avec un produit toxique létal, l’administrant directement dans la bouche d’une enfant de 11 mois”, a cette fois-ci argué Baptiste Godreau.
L’affaire remonte au 22 juin 2022 : ce jour-là(nouvelle fenêtre), le papa de la petite Lisa, âgée de 11 mois, la dépose à la microcrèche Danton Rêve, à Lyon. Alors qu’elle se met à pleurer, Myriam Jaouen lui fait ingérer une dose “massive” d’un produit à base d’acide sulfurique de type Destop. La fillette décèdera quelques heures plus tard, au bout de quatre heures de souffrance “extrême”, selon un médecin interrogé à la barre.
Elle a consciemment tué avec un produit toxique létal
Baptiste Godreau, avocat général
Tout au long du procès, les enquêteurs ont également mis en lumière les mensonges répétés(nouvelle fenêtre) de l’ancienne employée. Immédiatement après les faits, la jeune femme a notamment cherché sur Internet “que faire quand un enfant a mangé un déboucheur pour toilette”. Elle avait également nettoyé le vomi au sol, changé les vêtements de la petite Lisa et fait tourner la machine. À l’arrivée des autres parents, elle élabore également un mensonge, en leur affirmant qu’un tube de gouache aurait explosé et que ses projections auraient atteint la bouche du bébé, avant d’en répandre sur son pantalon pour accréditer sa version.
À la barre ce vendredi, Myriam Jaouen a tenu à présenter ses excuses aux parents de la fillette. “Je veux m’excuser auprès de la famille, tous les jours je pense à Lisa”, a-t-elle notamment soufflé, alors que les différentes expertises psychiatriques l’ont décrite comme “immature”, “modérément” déficiente intellectuellement, mais “sans maladie mentale avérée”, qui aurait pu engendrer une altération de son discernement au moment des faits.

2026.1.30 Saisie record : Marseille plaque tournante du trafic de cigarettes
À Marseille, une nouvelle saisie de cigarettes de contrebande a eu lieu dans le port de Fos-sur-Mer. Seize tonnes de marchandises, c’est un record. Les douaniers ont inspecté, au scanner, un conteneur qui leur semblait suspect. Une nouvelle prise qui confirme bien que la cité phocéenne est devenue la principale porte d’entrée pour le trafic de cigarettes. Une saisie qui représente non seulement neuf millions d’euros de taxe non perçue, mais aussi des dizaines de millions d’euros à la revente.

2026.1.29 “Toute la rue s’est fait cambrioler” : le ras-le-bol des commerçants de Toulouse victimes de vols impliquant des mineurs
La scène se déroule dans le restaurant “Foca Foca” en plein centre-ville de Toulouse. En 53 secondes, un voleur s’empare du fond de caisse, filme la scène et prend la fuite. L’image a été enregistrée par la caméra de surveillance, il y a deux semaines, en pleine journée. “On entend bien son pote derrière qui lui dit de s’activer. On voit qu’ils sont plusieurs. Et on a des amis qui les ont croisés dans le centre-ville, après ils étaient trois”, raconte Mehdi Morsli, le gérant, dans le reportage ci-dessus. Un groupe de mineurs qui opèrent toujours de la même manière. “En gros ils ont dégondé la porte. Ils ne sont pas cagoulés, ils n’ont pas de gants, c’est des gamins, ils font ça comme des gosses”, assure-t-il.
Ils ont arraché la porte, ils sont tombés face au placo, et donc du coup ils se sont rendu compte qu’ils ne pouvaient rien faire
Nesrine El Amri, gérante du salon de thé “Blossom”
À quelques rues de là, même tentative de vol début décembre dans le salon de thé “Blossom”, avec le même mode opératoire. La bande tente d’entrer par le hall du bâtiment à l’arrière de la boutique, plus discret que l’entrée principale. Mais cette fois-ci, elle essuie un échec. “Ils ont tenté de rentrer et on voit les traces d’effraction. Ils ont arraché la porte, ils sont tombés face au placo, et donc du coup ils se sont rendu compte qu’ils ne pouvaient rien faire”, explique Nesrine El Amri, la gérante, déjà victime une première fois d’un vol en juillet dernier. “C’est décourageant et c’est épuisant moralement. Parce qu’en fait on se lève le matin, on fait tout le nécessaire pour gagner notre vie, et on sait pas quand on ouvre le magasin si on va se faire cambrioler. Parce que toute la rue s’est fait cambrioler, et c’est un ras-le-bol”, dit-elle excédée.
Depuis début décembre, une vingtaine de vols et tentatives de vols par effraction ont été recensés par la police à Toulouse. Contre 11 l’an dernier, sur la même période. “Par moment on a une bande, on va venir, on va interpeller une fois, deux fois, trois fois. Souvent ils sont mineurs, ça veut dire que la réponse pénale peut tarder à venir, et généralement en première sanction la bande arrête, et on retrouve le calme. Et puis malheureusement on va retrouver une autre bande”, indique Emilion Esnault, adjoint au maire de Toulouse.
Car la sanction n’est pas toujours évidente pour ces délinquants, trop jeunes pour être condamnés. Certains sont placés en foyer, d’autres relâchés, avant de recommencer, jusqu’à parfois aller encore plus loin. Le 31 décembre dernier, un groupe est entré dans le salon de thé Blondy Café par le mur. Difficile pour autant de savoir s’il s’agit des mêmes bandes de mineurs. “Ils sont rentrés, je pense avec des haches, ils ont fait le trou qui donne directement dans la salle principale”, montre devant la caméra de TF1 Manon Colin, la gérante.
En attendant la prise en charge des réparations par les assurances, Manon a installé une palette, et des plaques en bois devant le trou. “Le plus embêtant dans tout ça, c’est les travaux qu’il va y avoir, le temps perdu, j’ai dû fermer une journée de plus”, se désole-t-elle. Depuis début septembre, 17 mis en cause ont été interpellés pour vol avec effraction dans les commerces du centre-ville, âgés pour la plupart entre 11 et 17 ans.

Former senator Joël Guerriau at the Paris court on January 26, 2026.
2026.1.28 Former French senator found guilty of drugging MP with intent to sexually assault or rape
In its ruling, the Paris court found that Joël Guerriau intended to commit rape or sexual assault against MP Sandrine Josso. He was sentenced to four years prison, with 30 months suspended, a five-year ban on holding public office, and a mandatory treatment order.
No, it was not “by accident” that Joël Guerriau served Sandrine Josso champagne mixed with a substance he claimed not to know, during a dinner at his Paris apartment on November 14, 2023. The conviction of the former senator of the centrist MoDem party to four years in prison, of which 30 months suspended, handed down Tuesday, January 27, by the Paris Criminal Court, firmly rejected the dubious defense he maintained throughout the proceedings.
The court found that Guerriau knowingly administered, without his colleague MP’s knowledge, a dose of MDMA “well above recreational levels,” with the intent to sexually assault or rape her. The sentence includes a five-year ban from holding public office and a mandatory treatment order. However, the court dismissed the request to add the former senator to the national sex offender registry, as had been requested by prosecutors

2026.1.27 Violences en réunion sur Kick : deux streamers, proches de Jean Pormanove, en garde à vue à Nice
par I.N avec le service police-justice de TF1-LCI
L’enquête se poursuit. Deux streamers ont été placés en garde à vue ce mardi 27 janvier dans le cadre de l’enquête autour de la mort en direct de Jean Pormanove sur la plateforme Kick(nouvelle fenêtre). “Dans la suite des différents éléments transmis en lien avec l’enquête, je vous informe que ce jour que les surnommés Naruto et Safine ont été convoqués et placés en garde à vue par le service local de police judiciaire de Nice”, indique le procureur de Nice à TF1-LCI, confirmant une information de BFMTV(nouvelle fenêtre).
Une enquête ouverte dès 2024
Les deux hommes sont entendus des chefs de “violences en réunion sans ITT”, “violences en réunion avec arme sans ITT”, “violences en réunion avec arme sans ITT sur mineurs de 15 ans”, “violences sur mineur de 15 ans sans ITT”, “abus de faiblesse”, “provocation à la haine et à la discrimination en raison du handicap”, “provocation à la haine et à la discrimination en raison de l’orientation sexuelle”, et “enregistrement et diffusion d’images de violences”, liste le parquet. Il précise que “les mesures constituent des reprises de garde à vue dans le cadre de l’enquête préliminaire initiée en décembre 2024”, avant le décès du streamer.
La mort en direct de Jean Pormanove cet été avait déclenché un vif émoi. Suivie par près de 200.000 personnes, la chaîne “jeanpormanove” montrait depuis des mois Raphaël Graven, 46 ans, se faire insulter, frapper, tirer les cheveux, menacer ou encore tirer dessus sans protection avec des projectiles de paintball. L’autopsie a cependant conclu que son décès n’était pas dû à l’intervention d’un tiers.
Lui-même et ses acolytes ont assuré qu’il s’agissait de contenus scénarisés, chaque participant touchant plusieurs milliers d’euros par mois des dons des internautes payant pour assister aux mises en scène.
Fin août, la procureure de Paris avait annoncé l’ouverture d’une enquête sur les pratiques de Kick, en plus de celle déjà menée par le parquet de Nice pour éclaircir les circonstances du décès en direct du streamer.

2026.1.26 Paris appeals trial begins for four involved in murder of French teacher Samuel Paty
An appeals trial begins on Monday for four people sentenced to prison for their involvement in the murder of teacher Samuel Paty in a Paris suburb in 2020.
Paty, a history and geography teacher, was beheaded on October 16, 2020 near the Bois d’Aulne school in Conflans-Sainte-Honorine, northwest Paris, by a Chechen Islamist, Abdoullakh Anzorov, who was shot dead by the police shortly after the crime.
During the initial trial, the eight defendants, seven men and one woman, were all found guilty and sentenced to prison terms ranging from one to 16 years.
Four of them are being retried by the special Court of Appeal in Paris.
Prior to his murder, Paty had been the subject of an online campaign of intimidation and hatred based on a lie told by a 13-year-old student, accusing him of discriminating against Muslim students during a lesson on freedom of expression in which he had shown a cartoon of the Prophet Mohammed.
In reality, she had not been present in the class.
Her lie was widely shared on social media by her father, Brahim Chnina, and Islamist preacher Abdelhakim Sefrioui, who were sentenced to 13- and 15-years’ imprisonment respectively for criminal association with a terrorist enterprise.
Both are appealing the sentence along with two friends of Anzorov, Naïm Boudaoud and Azim Epsirkhanov, who were sentenced to 16 years’ imprisonment for complicity in murder.
The four other individuals who did not appeal were in contact with Abdoullakh Anzorov on social media.

2026.1.23 Trois ans de prison ferme requis contre Christophe Ruggia pour agressions sexuelles sur Adèle Haenel
Lors du procès en appel de Christophe Ruggia, le réalisateur français accusé d’accusations d’agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel, le parquet général de Paris a requis contre le cinéaste une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme. Les faits reprochés se seraient déroulés entre 2001 et 2004, alors qu’Adèle Haenel avait entre 12 et 14 ans, à la suite du tournage du film Les Diables.
Le procureur général a souligné devant la cour l’importance de prendre en compte la gravité et la répétition des actes, malgré l’ancienneté des faits, et s’est interrogé sur « Est‑ce que l’ancienneté des faits doit être un élément qui vient amoindrir la sévérité de la sanction (…) et justifie qu’il ne connaisse pas l’emprisonnement réel ? ».
Pour rappel, en première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait reconnu Christophe Ruggia coupable d’agressions sexuelles aggravées sur mineure et l’avait condamné à quatre ans de prison, dont deux aménageables sous bracelet électronique, en plus de dommages et intérêts à verser à la victime. Le cinéaste avait fait appel de cette décision, rejetant les accusations et niant toute violence sexuelle.
Lors de l’audience précédente, en décembre 2025, Christophe Ruggia avait de nouveau contesté les faits, affirmant qu’ils n’avaient « jamais eu lieu » et rejetant les accusations comme une « reconstruction ». Sa défense a mis en avant une version selon laquelle les reproches seraient liés à une rancœur personnelle après l’abandon d’un projet cinématographique. Ces arguments ont été vigoureusement contestés au cours des débats.
La vague #MeToo
L’affaire avait suscité une attention médiatique considérable dès les premières révélations publiques d’Adèle Haenel en 2019, qui avait déposé plainte après avoir dénoncé des attouchements et une emprise psychologique durant plusieurs années, débutant à l’âge de 12 ans. Ce procès est souvent mentionné comme un moment marquant dans la manière dont le mouvement #MeToo a transformé le traitement judiciaire des abus sexuels dans le monde du cinéma français.
La cour d’appel de Paris doit poursuivre l’examen du dossier avant de rendre sa décision sur la peine définitive.

2026.1.19 Louvre heist probe: What we know so far

Thieves in October broke into the French capital’s world-famous Louvre museum in broad daylight, escaping in under eight minutes with jewellery worth €88 million – from the suspects to the location of the jewellery, via the possibility of a unnamed mastermind – here’s what we know so far.

Three months on from the brazen heist, four suspects are in police custody but the jewels are still nowhere to be found.

Here is what we know – and don’t.

Four detained

Four men in their thirties, arrested in October and November, are suspected of being the team who conducted the theft on October 19th, 2025.

The pair suspected of having broken in include Abdoulaye ., an unlicensed taxi driver turning 40 this month, who previously showed off his motorbike stunts on social media.

The other is a 35-year-old Algerian, who was detained in October as he was preparing to fly out of Paris.

A third suspect, aged 37, was involved in a previous theft with Abdoulaye N, while a fourth is 38 year-old man. All four hail from the Paris suburb of Aubervilliers.

Investigating magistrates started questioning them this month, but have no significant leads so far, top Paris prosecutor Laure Beccuau has said.

A fifth suspect – a 38-year-old woman who is the partner of the third suspect – has been charged with being an accomplice, but released under judicial supervision pending a trial.

‘Genuine preparation’

There was “genuine preparation” before the heist, said Beccuau.

The robbers struck early on a Sunday morning, “when everything was slowly getting going at the museum”, after locating and stealing a mover’s truck with an extendable ladder to reach the first-floor gallery housing the French crown jewels.

After parking the truck below, two of the thieves hoisted themselves up the ladder in a furniture lift, the investigation has shown.

They broke a window and used angle grinders to cut glass cases containing the treasures, while the other two waited below.

They then lowered themselves down with their loot, and the four fled on high-powered motor scooters, dropping a diamond-and-emerald crown in their hurry.

But eight other items – including an emerald-and-diamond necklace that Napoleon I gave his second wife, Empress Marie-Louise – remain at large.

DNA samples

During the escape, “you can sense a certain amount of stress – no doubt because they are actually doing it – which means they end up dropping the jewellery and also leaving behind DNA traces,” Beccuau said.

The first suspect – the motorbike stuntman – was identified after his DNA was found on broken glass and objects abandoned on site, while the second left genetic clues on a scooter as he fled.

The third – and his female partner – had left DNA on the furniture lift.

Further investigations and cross-checks led to the arrest of a fourth, suspected of having parked the truck under the museum gallery, said Beccuau.

‘Not bunglers’

Some observers may have called the burglars amateurs, but a source with knowledge of the probe said they were “not such bunglers after all”.

“They had put their scooters and equipment in storage units and had disabled the video surveillance” nearby before the heist, the source said, speaking to AFP on condition of anonymity because they were not allowed to reveal details of the investigation.

Dressed as workmen in high-visibility jackets, they completed the whole burglary in just eight minutes.

After they abandoned their scooters for a van, it headed for the suburbs “to throw off the investigators by entering an area not covered by cameras”, the source added.

“They then didn’t call each other again and went back to their lives as if nothing had happened,” the source said.

Contacted by AFP, lawyers of the suspects did not immediately respond or declined to comment.

Poor security

Poor security at the Louvre made the robber’s getaway easier, a culture ministry probe found last month, even if they evaded security forces with just 30 seconds to spare.

Only one of two security cameras was working near the site where the intruders broke in, and agents in the security control room did not have enough screens to follow the images in real time.

Missing jewellery

Beccuau said it was still unclear if a third party ordered the heist – or indeed where the jewellery might be.

Beccuau said there was no sign the spoils had crossed the French border, but investigators were relying on contacts abroad to signal if something suspicious showed up.

Chloé P. (à gauche) avec son avocate, Isabelle Steyer, au palais de justice de Blois, le 15 janvier 2026.
2026.1.17 Femme agressée à Blois par son ancien compagnon : quinze ans de prison pour violences volontaires aggravées
La cour a écarté la tentative de meurtre arguant qu’un doute subsistait sur la volonté de Marvin Joli de tuer « en dépit de la violence et de la localisation des coups portés ». Une intention qui ne faisait « aucun doute », selon l’avocate de la victime qui souffre de séquelles irréversibles de son agression.
Marvin Joli a été reconnu coupable et condamné à quinze ans de prison, vendredi 16 janvier, par la cour d’assises du Loir-et-Cher pour violences volontaires aggravées, alors qu’il était jugé pour tentative de meurtre sur son ex-compagne, qui avait vainement tenté de déposer plainte avant sa violente agression en 2022. A cette peine, s’ajoutent une peine de sûreté à hauteur des deux tiers, un suivi sociojudiciaire de sept ans avec injonction de soins et l’interdiction d’entrer en contact avec les parties civiles.
La cour et le jury ont estimé « qu’en dépit de la violence et de la localisation des coups portés » notamment à la tête de la victime, un doute subsistait sur la volonté de Marvin Joli de tuer Chloé P., qui conserve des séquelles irréversibles de son agression. L’homme de 30 ans avait exprimé ses « excuses » avant la clôture des débats, assurant qu’il n’avait jamais voulu tuer son ex-petite amie. « J’ai vrillé (…) C’est comme si ma force avait été décuplée », a dit l’accusé, crâne rasé et en jogging, dont le casier judiciaire comporte déjà 14 mentions.
Une intention de donner la mort que Marvin Joli a toujours niée, mais qui ne faisait « aucun doute » pour l’avocate générale, Stéphanie Clément-Bornet, qui avait requis vingt-deux ans de prison à son encontre. « Je n’ai aucun doute » que l’accusé « a porté des coups » et « bel et bien voulu tuer » une femme « désormais marquée à tout jamais », avait-elle déclaré dans son réquisitoire.
Me Isabelle Steyer, l’avocate de Chloé P., a rappelé que « Chloé a réchappé de très peu à la mort ». « Elle ne comprend pas, elle est très déçue », a-t-elle ajouté.
Une jeune femme « miraculée »
Après avoir suivi l’intégralité des débats entourée de ses parents, Chloé P. n’a pas caché sa déception au moment de l’énoncé du verdict. La veille, elle était très brièvement sortie, choquée en découvrant les images de son visage défiguré par les coups.
« Je suis très déçue, je ne comprends pas. Il faudrait peut-être mieux que la femme meurt », a déploré sa mère, qui avait appelé à une « peine maximale et exemplaire ».
Les séquelles de la jeune femme « miraculée » selon sa mère, aujourd’hui âgée de 27 ans, sont nombreuses. Outre la perte de son œil droit, elle a subi des lésions neurologiques irréversibles, au terme notamment de deux mois de coma. Jeudi, à la barre, la mère de la victime a détaillé la perte des « souvenirs », du « goût », de « l’odorat », dont souffre désormais sa fille.
L’avocat de son ex-compagnon, Me Stéphane Rapin, avait demandé la requalification des faits, fustigeant des réquisitions « sans nuance et à charge » et rappelant que son client avait reconnu des violences volontaires.
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2026.1.21 France Le Pen’s trial
Marine Le Pen insists party acted in ‘good faith’ at appeal trial
The French far-right leader claimed in a Paris appeals court that her political party and its members did not do anything intentionally wrong in an embezzlement scandal at the European Parliament over the course of 12 years. She sought to shift blame onto the Parliament for being too ‘lenient.’

2026.1.13 Understanding Marine Le Pen’s crucial appeal trial

Le Pen’s trial
Understanding Marine Le Pen’s crucial appeal trial
The second trial opening on Tuesday is set to be decisive for the political future of the far-right leader. Her initial sentence of ineligibility, with immediate effect, barred her from running in the 2027 presidential election.

Marine Le Pen, head of the Rassemblement National (RN, formerly Front National, FN) MPs, at the trial in the first instance of the FN parliamentary assistants, in Paris, on November 26, 2024.
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Just like the original trial in the fall of 2024, Marine Le Pen’s appeal in the embezzlement case over her party’s alleged fake European parliamentary assistant jobs is shaping up to be one of the defining judicial moments of 2026.

On March 31, 2025, the leader of the far-right Rassemblement National (RN) was sentenced to a five-year ban from holding public office, a ruling that would bar her from running in the 2027 presidential election. The appeals court’s decision on that penalty is the central question of the hearings, which open on Tuesday, January 13, and are scheduled to run through February 12. Here’s what is at stake in this new trial.

What is Le Pen accused of?
The 57-year-old MP was convicted in the first trial, on March 31, 2025, of “embezzlement of public funds” and “complicity in the embezzlement of public funds.” She was accused of using European Parliament funds intended for parliamentary assistants to pay employees doing work for her party, which she chaired from 2011 to 2021. The court ruled that Le Pen stood at the center of a “system” intended to divert European Union funds, estimating the losses at about €4.4 million.

Le Pen was sentenced to four years in prison, including two years suspended and the other two to be served at home with an electronic bracelet, a €100,000 fine, and a five-year ban on holding elected office with immediate effect.

Who is appealing?
Only 12 of the 25 defendants convicted in the first trial appealed. They include Le Pen herself; Louis Aliot, a former MEP, vice president of the RN, and mayor of Perpignan running for re-election in the March municipal elections; Julien Odoul, MP and former parliamentary assistant; and Wallerand de Saint-Just, the party’s former treasurer.

The other appellants are:
Nicolas Bay, MEP, former secretary general of the FN;
Bruno Gollnisch, former MEP and close associate of Jean-Marie Le Pen (founder and former leader of the FN);
Fernand Le Rachinel, former MEP;
Catherine Griset, MEP, former parliamentary assistant and close aide of Marine Le Pen;
Guillaume L’Huillier, former parliamentary assistant and former chief of staff to Jean-Marie Le Pen;
Timothée Houssin, MP and former parliamentary assistant and current;
Nicolas Crochet, RN accountant;
The RN party itself.

Why is the timeline so important?
As things stand, the ban on holding public office imposed on Le Pen at her first trial bars her from running in the 2027 French presidential election, since judges ordered it to take immediate effect. While her appeal secured a new trial, it did not suspend the sentence pending a fresh ruling.

Seeking to minimize interference in political life, the judiciary set an unusually tight timetable for the appeal so that a decision would be issued well before the presidential campaign. Following hearings in January and February, the appeals court is expected to rule this summer, a decision that could have very different consequences for Le Pen’s presidential bid.

In the best-case scenario for her, she would be fully acquitted, removing any judicial uncertainty. Alternatively, she could be convicted on the charges but without a ban from holding office; or the ban could be upheld but shortened so that it ends before the presidential vote (scheduled for April and/or May 2027).

If the appeals court upholds the ban, the RN leader would still have one final option: filing an appeal to the Cour de Cassation, France’s highest appeals court, which rules only on points of law. For any favorable ruling to come in time for her to run, the court would have to move quickly. If the Cour de Cassation is called upon, “it is good judicial administration, if possible – but I do not know if it will be possible – for the matter to be resolved before the presidential election,” Christophe Soulard, the court’s chief judge, told reporters on Thursday, January 8, according to Agence France-Presse.

A trial under pressure
During the original hearings and after the verdict, Le Pen did not hesitate to politicize the trial. She publicly accused the presiding judge, Bénédicte de Perthuis, of a “tone of partiality,” and called the conviction a “political decision.”

In the run-up to the appeals trial, the president of the Paris judicial court, Peimane Ghaleh-Marzban, commented on a report by German weekly Der Spiegel that claimed the Trump administration had considered sanctioning the judges who convicted Le Pen in the first trial. “If such facts were proven or were to come to pass, they would constitute unacceptable and intolerable interference,” Ghaleh-Marzban said on Tuesday, January 6.

The US State Department denied the Spiegel report, calling it “stale and false.” Ghaleh-Marzban’s statement outraged the RN, which said it saw in his remarks “unacceptable pressure on the judges,” and the “endorsement of fake news.”

The Spiegel report prompted strong reactions within the judiciary in part because the Trump administration previously sanctioned a French magistrate, Nicolas Guillou, who issued an arrest warrant for Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu at the International Criminal Court.

France’s highest-ranking prosecutor, Rémy Heitz, sought to calm the tensions. Speaking on Franceinfo on Thursday, he urged restraint over Le Pen’s case: “Let’s remain calm, let’s remain cautious, let’s not impugn anyone’s motives,” Heitz said. “Judicial decisions may have political consequences, but they are not inspired by political considerations.”

2026.1.9 “On avait les yeux bandés” : le témoignage glaçant d’une des victimes d’un ancien instituteur de Bordeaux accusé de 17 viols
Elle avait 9 ans, en 2008, quand son professeur de CM1 l’aurait invitée, elle et une camarade, à faire un jeu, porte close, dans une salle de classe de l’établissement scolaire catholique privé Saint-Genès La Salle, à Bordeaux (Gironde). Un “jeu du goût”, consistant à leur faire deviner des aliments, qui était en réalité un viol, selon elle.
“On avait les yeux bandés et on devait dire si c’était de la confiture, si c’était du miel, si c’était du Nutella. En fait, il n’a pas du tout utilisé de cuillère comme il a prétendu le faire. Il a utilisé son sexe”, confie la jeune femme, qui témoigne anonymement dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article. “À l’époque, je n’ai pas compris, parce que je n’avais que 9 ans”, précise-t-elle. L’homme, âgé de 54 ans, est soupçonné d’avoir commis des viols sur 17 de ses élèves et d’en avoir agressé sexuellement six autres. Il a été renvoyé devant la cour criminelle de la Gironde, a annoncé ce jeudi 8 janvier le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul.
Des agressions sexuelles commises lors de voyages scolaires
Ce n’est qu’en 2023, lors de l’arrestation de l’ancien professeur de cette école privée catholique bordelaise, que les souvenirs refont surface. “La première prise de conscience, les premiers souvenirs qui se débloquent, c’était à mes 16-17 ans à peu près. Ça m’a explosé à la figure en 2023, quand il a été arrêté”, poursuit la victime présumée qui, “pendant des années”, l’a “laissé de côté”, “parce que ça [lui] semblait tellement impossible, tellement dégueulasse, que ce n’était pas possible que ce soit vrai”.
L’ancien enseignant avait été mis en examen et placé en détention provisoire en juin 2023, dénoncé par des élèves de CM2 qu’il avait filmées sous la douche(nouvelle fenêtre), lors d’un séjour sur le bassin d’Arcachon, en plaçant son téléphone sous la porte des cabines. Une enquête avait été ouverte sur ces faits de voyeurisme et des photos saisies sur l’ordinateur de l’enseignant avaient conduit à le mettre en cause, également, pour des agressions sexuelles commises lors de voyages scolaires depuis 2017 – faits qu’il avait reconnus en garde à vue, selon le parquet. L’information judiciaire a ensuite été étendue à des faits de viols, dénoncés par 17 anciennes élèves.
36 victimes potentielles
Au total, les enquêteurs ont identifié 36 victimes potentielles, pour des faits commis entre janvier 2008 et décembre 2012 pour les viols, et entre juillet 2017 et juin 2023 pour les agressions sexuelles, a souligné le parquet. Des agressions sexuelles dans le sommeil des élèves ou des photographies prises à l’insu des élèves ont été signalées. L’individu se défend d’avoir commis des viols, selon son avocat. “Dans les accusations pour les faits de viol, il y a des choses qui sont invraisemblables”, assure Me Éric Grosselle.
L’établissement scolaire était-il au courant ? Dès 2011, une mère d’élève aurait averti la direction que l’enseignant recevait des fillettes seules en classe, en dehors des heures de cours. Une plainte a été déposée le 25 novembre pour non-dénonciation de crime. “Ce serait intéressant de savoir pourquoi. Est-ce qu’ils ne se sont pas posé des questions ? Moi, ce que je peux dire aujourd’hui, c’est que s’ils ne s’en sont pas posé, ce n’est pas normal. Et peut-être qu’ils en savaient plus et qu’ils ont dissimulé. Là, c’est encore plus grave”, explique Me Sophie Benayoun, avocate des parties civiles.
Dans l’attente de son jugement devant la cour criminelle de Gironde, l’ex-instituteur est présumé innocent. Il risque vingt ans de réclusion criminelle.

2026.1.4 À Paris, une tentative d’enlèvement ratée de « deux clampins » illustre la menace visant les détenteurs de cryptos
Cryptorapt•Trois hommes ont été condamnés à Paris après une intrusion suspecte visant un couple d’entrepreneurs en cryptomonnaie. Malgré un mode opératoire jugé amateur, la justice a retenu la menace d’un possible enlèvement sur fond d’extorsion
L’essentiel
Le 19 janvier, quatre hommes ont été interpellés dans le 16e arrondissement de Paris après avoir pénétré dans un immeuble abritant un couple d’entrepreneurs en cryptomonnaie, avec du matériel suggérant une tentative d’enlèvement ou d’extorsion.
Les prévenus nient les faits, l’un affirmant vouloir récupérer « un objet illégal » contre 200 euros, les autres nient avoir eu connaissance du projet. Leurs avocats pointent « le bénéfice du doute » et un mode opératoire « ubuesque », mais le tribunal a condamné les trois majeurs à des peines de 10 à 24 mois de détention.
Les tentatives d’enlèvement de détenteurs contre une rançon en cryptoactifs sont en hausse en France depuis un an et demi.
Au petit matin du 19 janvier, on fête encore la victoire du Sénégal à la Coupe d’Afrique des nations au football. C’est aussi le jour choisi pour M. So. pour se rendre, avec trois personnes M. Sa., M. Y., et un quatrième complice mineur, dans le 16e arrondissement de Paris. Dans un immeuble haussmannien cossu, à la même adresse qu’un consulat, réside un couple d’entrepreneurs dans la cryptomonnaie. M. So. et Sa. ouvrent la porte de l’immeuble d’un coup d’épaule, sans arme et à peine encapuchonnés. Alertée par la gardienne de l’immeuble, la police les interrompt avant qu’ils n’aient pu aller plus loin. A bord du véhicule, où s’étaient cachés les deux autres complices, les enquêteurs retrouvent cagoules, gants, scotch, deux couteaux.
Après un renvoi lors d’une première audience, l’affaire est arrivée en comparution immédiate mercredi au tribunal de Paris. Trois prévenus, amis de longue date, se tiennent dans le box, le quatrième, mineur, est jugé séparément. Chacun nie avoir rien su de ce qu’il faisait là. De nombreux indices laissent pourtant à penser qu’ils avaient l’intention de commettre un home-jacking ou un enlèvement contre une rançon en crypto. Le tribunal n’a pas hésité longtemps : Vingt-quatre mois de détention pour M. So., dix-huit mois pour M. Sa., dix mois pour M. Y.
Les prévenus nient avoir prévu une extorsion
Les avocats de la défense ont pourtant tenté de jouer sur le doute. « Quand on a un garçon de 22 ans, un soir de match, à qui on dit “viens, on fait un tour”, oui, il monte dans la voiture », défend le conseil de M. Y. Il demande la relaxe. Pour M. Sa., son avocat s’interroge : « Jusqu’à la dernière minute, il y a une forme de réticence ». Il plaide des alternatives à l’incarcération pour un jeune « qui n’est même pas encore entré dans la vie active, qui travaille avec sa famille ».
Me Florian Goddest Le Gall tente de lever des lièvres : pas d’adresse de victime dans les messages, pas de surveillance préalable documentée, deux hommes qui entrent dans la cour sans arme, sans moyen d’immobiliser qui que ce soit. « Deux clampins arrivent : ils font comment, ils toquent à la porte ? C’est ubuesque comme mode opératoire. » L’avocat reconnaît malgré tout une défense « imparfaite et difficile » dans ce dossier qu’il dit n’avoir eu que « quelques minutes » pour examiner. Il a été désigné juste avant l’audience, dans un contexte où le barreau observe une grève de zèle contre un projet de loi sur la justice pénale.
M. So., de son côté, bougonne, presque penaud, et peine à se justifier. Il reconnaît avoir forcé la porte pour récupérer « un objet illégal » qu’on lui avait demandé d’aller chercher, contre 200 euros. Qui lui a passé cette commande ? Impossible pour lui de le dire. Quel objet ? Il ne précise pas. Pourquoi s’y rendre à cinq heures du matin, avec trois complices dont un mineur, en voiture volée ? « Les trois personnes avec moi n’avaient rien à faire, je leur ai demandé de m’accompagner. »
Une augmentation des tentatives d’extorsion de crypto
L’avocat de la partie civile, Me Charles Merveilleux du Vignaux, ne mâche pas ses mots. Pour lui, pas de doute possible, l’équipement retrouvé dans la voiture constitue « le parfait attirail pour un enlèvement et une extorsion. » Il souligne « un grand amateurisme », mais estime que cela les rend « encore plus dangereux ».
Les cibles présumées, elles, ont depuis quitté la France et avancé leur projet d’installation aux États-Unis. Leur conseil avait résumé l’enjeu ainsi : « Une tentative d’enlèvement et d’extorsion, à travers lui, c’est la sécurité de la France comme lieu d’accueil de ce type d’activité qui est en jeu. » Une quarantaine d’affaires d’enlèvements organisés entre juillet 2023 et fin 2025 sont à mettre en lien avec la cryptomonnaie, selon une note confidentielle de police partagée par Radio France.

2026.1.3 Femme enterrée dans un jardin : l’ex-conjoint assure que le “décès” est “accidentel”
l a avoué les faits face aux enquêteurs mais a tenu un discours qui les a pour le moins surpris. Jeudi dernier, un homme âgé de 41 ans a été placé en garde à vue après que son ex-compagne Isabelle Aleci a été retrouvée enterrée dans son jardin à Mont-de-Marsan.
Pas mis en cause dans un premier temps après avoir été entendu en qualité de témoin et alors que la piste d’un départ volontaire a été un temps privilégiée, le quadragénaire a été finalement considéré comme suspect après l’audition de deux témoins et surtout d’une perquisition à son domicile le 1ᵉʳ janvier. Au cours de celle-ci, les yeux des enquêteurs ont été attirés par de la “terre fraîchement retournée” dans son jardin.
En creusant, ils ont retrouvé le corps sans vie de la victime enroulé dans une couette. Confronté à cet élément de preuve, le quadragénaire a alors avoué avoir “causé la mort” de celle-ci mais a soutenu que “son décès était survenu accidentellement après la soirée du réveillon du 24 décembre 2025, au cours d’une dispute liée à la consommation d’alcool de la défunte”, détaille la procureure de la République de Mont-de-Marsan ce samedi dans un communiqué.
Une “bousculade mutuelle” et une victime inanimée
Selon la description de la scène faite par l’intéressé, il y aurait eu ainsi une “bousculade mutuelle”. Isabelle Aleci se serait jetée sur lui pour le frapper avec une bouteille d’alcool tandis que lui l’aurait maintenue à distance avant de la repousser en la saisissant par la gorge.
La victime aurait alors trébuché et sa tête aurait heurté le plan de travail de la cuisine. Isabelle Aleci serait ensuite revenue à la charge et que lui l’aurait à nouveau repoussée en la saisissant par la gorge, lui faisant ainsi une nouvelle fois heurter le plan de travail et la faisant chuter au sol, où elle serait restée inanimée malgré ses tentatives de la faire revenir à elle, explique la magistrate.
Il aurait finalement décidé de dissimuler le corps
Le quadragénaire aurait ensuite constaté que son ex-compagne, qu’il hébergeait de nouveau depuis l’été 2025 en raison de problèmes financiers, n’avait plus de pouls.
Il aurait, selon ses déclarations toujours, alors “pensé à appeler les secours” mais avait finalement “décidé de dissimuler le corps, pensant se rendre au commissariat pour tout raconter, mais seulement après les vacances scolaires afin que sa fille n’assiste pas à l’intervention des services de police”.
Mis en examen et écroué
Ce samedi 3 janvier 2026, à l’issue de la mesure de garde à vue, une information judiciaire était ouverte du chef de “meurtre par une personne étant ou ayant été le conjoint, le concubin ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité”.
Présenté au magistrat instructeur, le mis en cause a gardé le silence. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire.
“L’examen du corps d’Isabelle Aleci I n’ayant pas permis d’émettre une hypothèse franche sur le mécanisme de son décès, la version livrée par le mis en examen devra être confrontée aux données médico-légales à venir, seules à même de permettre d’établir avec exactitude ses causes. Les investigations se poursuivront désormais sur commission rogatoire”, conclut Alexa Dubourg, procureure.

2026.1.2 Pour échapper à la justice, une femme simule sa mort… et réapparaît six mois plus tard dans un mariage
Certaines personnes sont prêtes à tout pour échapper à la justice… ou presque. En janvier 2023, une femme nommée Amy McAuley devait se rendre devant la cour criminelle de Dublin, en Irlande, dans le cadre d’une affaire de vol et de tentative d’escroquerie. Mais alors qu’elle s’apprêtait à être condamnée, la mère de famille a simulé son propre décès. Comme l’a rapporté The Mirror, l’accusée avait appelé la police, en se faisant passer pour sa sœur, pour annoncer sa mort. Elle était d’ailleurs allée encore plus loin dans la démarche puisqu’elle avait falsifié des documents pour obtenir son certificat de décès, qui a été finalement déclaré le 26 décembre 2022.
Une femme simule sa mort pour échapper à la justice
Le plan d’Amy McAuley était si réaliste que les documents révélaient qu’elle avait été incinérée trois jours après son décès. “26 décembre 2022. Paisiblement ; [Amy McAuley] manquera beaucoup à ses parents, sa sœur, ses frères, son fils, ses nièces, ses neveux, sa famille élargie, ses voisins et ses amis. Elle nous a quittés, mais nous ne l’oublierons jamais”, pouvait-on notamment lire dans une fausse annonce nécrologique relayée par nos confrères britanniques. Cependant, la mère de famille a fait une grosse boulette. Selon nos confrères, celle qui se faisait passer pour morte s’est rendue à un mariage dans la commune d’Enniscorthy, en juin 2023, soit six mois seulement après son supposé décès. Une réapparition surprenante qui est arrivée jusqu’aux oreilles des autorités locales.
La mère de famille retrouvée et condamnée
Intrigués par cette nouvelle, la police a donc ouvert une enquête. Très rapidement, les forces de l’ordre se sont rendu compte de la supercherie en visionnant les images de vidéosurveillance du lieu de la fête. La mère de famille de 35 ans, qui a été arrêtée, a donc dû assister à son nouveau procès, toujours dans le cadre d’une affaire de vol et de tentative d’escroquerie. Comme l’ont rapporté nos confrères, Amy McAuley s’est justifiée en expliquant qu’elle avait eu peur de perdre la garde de son enfant et d’assumer ses actes devant la justice. Finalement, elle a été condamnée à une peine de trois ans de prison ferme.

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