2026.6.5 Ce samedi, le Togo se rappelle la répression et les assassinats du 6 juin 2025
En prêtant serment le 03 mai 2025 sur une constitution écrite par et pour lui contre la volonté des Togolais, Faure Gnassingbé n’imaginait pas faire face à une mobilisation citoyenne d’envergure telle que menée par le M66 (Mouvement du 6 Juin). Le Togo demeure figé sans aucune perspective de développement. Pour exprimer cette stagnation et un rejet total du gouvernement illégitime de système Rpt/Unir, le M66 appelle les Togolais à l’évènement « Togo en pause » ce samedi 06 juin 2026 sur toute l’étendue du territoire.
« Puisque pendant plus de 20 ans, Faure Gnassingbé a mis le Togo en pause privant le pays de toutes les opportunités de développement économique, de mise en place d’infrastructure sociale d’envergure et d’une justice équitable, la meilleure manière de lui en montrer les conséquences est que toutes les couches sociales se mettent en pause ce samedi 06 juin 2026 », a déclaré un jeune étudiant togolais interrogé sur sa perception de cet évènement lancé par le M66.
La réflexion de ce jeune homme témoigne à quel point la population togolaise reste à l’écoute des mots d’ordre et des analyses faites par le Mouvement du 06 juin (M66), un mouvement citoyen à l’image de la GEN Z qui use des outils de communication moderne pour mener des luttes contre la corruption, la mauvaise gouvernance et les dérives politiques dans certains pays comme le Togo.
Avec une dénomination qui fait référence au jour de naissance de Faure Gnassingbé, le 06 juin 1966, le M66 est né de la mobilisation de jeunes artistes et influenceurs togolais de la diaspora contre l’arrestation et les tortures infligées à l’artiste rappeur Aamron (de son véritable nom TCHALLA Essowè).
Celui-ci, au lendemain d’une prestation théâtrale de serment d’un certain « président du conseil des ministres » en la personne de Faure Gnassingbé, n’hésitait à interpeller ce dernier à travers des « directs » sur les réseaux sociaux, sur l’incohérence de son système politique, la corruption généralisée et surtout le bilan catastrophique de ses 20 années de pouvoir.
Une prise de parole qui comme à l’accoutumée dans la dictature des Gnassingbé, a valu à l’artiste Aamron non seulement une arrestation et une incarcération en dehors de toute procédure judiciaire, mais également des tortures physiques et psychologiques. Le M66 s’est constitué avec des figures comme Zaga Bambo, Togbévissi Kpéssé, Roméo Mokonzi et Kodjovitoguin pour exiger la libération d’Aamron en particulier et plus généralement la libération de tous les prisonniers politiques, le retour à la Constitution votée par le peuple togolais en 1992 et le départ de Faure Gnassingbé.
Les manifestations au Togo, et spécifiquement à Lomé, sur les mots d’ordre du M66 au cours du mois de juin 2025 ont rencontré une violente répression du régime sanguinaire de Faure Gnassingbé qui n’a pas hésité à faire usage de l’armée et des miliciens.
Plusieurs Togolais ont perdu la vie dont le corps du jeune élève Koutoglo âgé de 15 ans, en classe de Troisième, retrouvé dans la lagune de Bè.
Comme toute réaction à ce nouveau bilan macabre qui venait s’ajouter à ceux de 2005 et de 2017, la réaction des autorités togolaises a été de dépêcher le ministre des Droits de l’Homme à l’époque, Pacôme Adjourouvi sur les médias internationaux pour nier l’usage de miliciens par le pouvoir qu’il sert, de même que les assassinats de manifestants.
A côté du M66, d’autres personnalités publiques issues des rangs du système Rpt/unir comme l’ex ministre des Armées, Marguerite Essossimna Gnakadé ont clairement exposé l’incompétence de Faure Gnassingbé à diriger efficacement le Togo. Cela vaut à cette femme, une intime de Faure Gnassingbé d’être incarcérée aujourd’hui.
De simples citoyens et leaders d’opinion qui ont manifesté en juin 2025 comme la sage-femme KOUMAYI Grâce ou encore Madame AMAVI, portent encore les séquelles des tortures subies. Médecins, artistes, étudiants ou simples salariés ont été victimes de tortures parce qu’ils ont osé s’associer aux demandes légitimes portées par le M66.
C’est donc en hommage aux personnes ayant perdu la vie depuis juin 2025, à ceux et celles qui portent dans leur chair les séquelles des tortures subies, aux citoyens et citoyennes séquestrés et détenues par le régime de Faure Gnassingbé, que le M66 appelle les Togolais à l’évènement « TOGO EN PAUSE » ce samedi 06 juin 2026.
« TOGO EN PAUSE » est un évènement symbolique pour montrer au régime cinquantenaire des Gnassingbé ce qu’il a fait du Togo. Il s’agit d’un appel à cesser toute activité, à garder les boutiques et shops fermés afin d’extérioriser la réalité de l’état du Togo, celui d’un pays stationnaire.
« TOGO EN PAUSE », c’est zéro circulation, pas de commerce, pas d’activités, pas de bruit. Ce 06 juin 2026, le Togo s’arrête et se repose. Le Togo se rappelle également que depuis la contestation menée par le M66 avec le soutien de plusieurs leaders d’opinion, de partis politiques et autres, plusieurs vies sont mises en pause en raison des incarcérations, des confiscations de documents de voyage et de matériels de travail et autres voies de faits subies par les citoyens.
Les Togolais sont par conséquents conviés à se mobiliser pour offrir à Faure Gnassingbé le revers de sa gouvernance chaotique, c’est-à-dire observer une journée d’inaction qui, loin d’être une résignation, constitue un acte bravoure.
2026.5.27 Braquage déjoué à Lomé : la gendarmerie leur tombe dessus en pleins préparatifs
Ils avaient tout planifié : la cible, les armes, même des préparatifs mystiques. Mais la Gendarmerie nationale a eu vent de leur projet. Dans la nuit du 25 mai 2026, une opération de filature menée dans le quartier Limousine à Lomé a permis de déjouer un braquage prémédité et d’interpeller quatre suspects en pleine phase de préparation.
Tout part d’un renseignement. Des informations faisant état de mouvements suspects d’individus armés en provenance de Kovié, dans la préfecture du Zio, parviennent aux services de la gendarmerie. La Brigade de Recherches et la Brigade Antigang de Lomé se mettent aussitôt en mouvement et engagent une opération de filature.
Aux environs de 23 heures 45 minutes, les gendarmes fondent sur une maison identifiée comme point de regroupement des suspects, dans le quartier Limousine. Quatre individus sont interpellés, à la devanture et à l’intérieur de la maison. Tous de nationalité togolaise, âgés de 22 à 36 ans, ils résident respectivement à Accra, Kovié et Djidjolé. Il s’agit de K. Moses, 22 ans, chauffeur, demeurant à Accra, A. Koffi, 22 ans, conducteur de taxi-moto, demeurant à Kové, A. Komi, 30 ans, cultivateur, demeurant à Kové et F. Emmanuel, 36 ans, réparateur d’appareils électroniques, demeurant à Djidjolé.
Armes, motos et téléphones saisis
La perquisition menée sur les lieux a permis la saisie de deux armes à feu de fabrication artisanale — dont un pistolet dissimulé dans une sacoche et un fusil démonté —, trois motos et quatre téléphones portables.
Selon la gendarmerie nationale, les premières auditions ont permis de savoir que le groupe a ciblé un particulier récemment revenu d’Europe, avec l’appui de complices basés au Togo et au Ghana. Composé de huit individus répartis en binômes, le groupe aurait même procédé à des préparatifs mystiques avant de programmer le passage à l’acte pour la nuit du 25 mai 2026.
L’opération de la gendarmerie a donc mis fin au projet avant qu’il ne soit exécuté.
Les quatre mis en cause ont été placés en garde à vue et seront présentés au parquet. Les investigations se poursuivent activement pour identifier et interpeller les complices encore en fuite.
La Gendarmerie nationale a remercié la population pour sa collaboration et l’exhorte à signaler sans délai toute présence inhabituelle ou mouvement suspect aux forces de défense et de sécurité.
2026.5.27 La Police nationale neutralise un gang spécialisé dans le vol de motos
La Police nationale togolaise a annoncé ce mercredi 27 mai 2026 le démantèlement d’un réseau criminel spécialisé dans le vol de motos, opérant entre le Togo et le Bénin.
L’opération, menée les 24 et 25 mai 2026, a permis l’interpellation de trois suspects et la restitution de plusieurs engins volés à leurs propriétaires.
D’après les informations communiquées, dans l’après-midi du 24 mai 2026, les forces de l’ordre ont récupéré des mains d’une foule un certain D. Martin, 39 ans, ressortissant béninois. Ce dernier tentait de fuir à dos de moto volée, poursuivi par des riverains en colère. Son arrestation à Agou-Gare a été le point de départ d’une opération policière de plus grande envergure.
L’audition de D. Martin a rapidement conduit les enquêteurs sur la piste de ses complices. Deux autres membres du réseau ont ensuite été interpellés. Il s’agit des nommés A. Pascal, 41 ans, ressortissant béninois, arrêté à Notsemonou et D. Félix, ressortissant togolais, appréhendé à Notsé.
Les trois hommes sont poursuivis pour vols de motos en bande organisée et groupement de malfaiteurs. Un quatrième membre du groupe, répondant au nom de AGBE, ressortissant togolais et détenteur de l’un des engins volés, est actuellement en fuite.
Selon les investigations, le gang utilisait une méthode particulièrement insidieuse. « Les malfrats droguaient » leurs victimes en mélangeant une substance somnifère à des boissons, attendaient que celles-ci s’endorment, puis dérobaient leurs motos. Les engins étaient ensuite revendus au Bénin.
Des substances somnifères ont d’ailleurs été découvertes à Notsé, dans la chambre de l’un des mis en cause au moment de son arrestation.
Sur les trois motos que les suspects reconnaissent avoir volées, deux ont déjà été retrouvées et restituées à leurs propriétaires légitimes. Les trois individus interpellés ont reconnu les faits et seront présentés à la justice.
À travers son communiqué, la Police nationale togolaise réaffirme sa détermination à lutter sans relâche contre toutes les formes de criminalité organisée. Elle invite également la population à faire preuve de prudence vis-à-vis des inconnus, notamment en ce qui concerne les offres de boissons ou de nourriture provenant de personnes peu familières.
2026.5.23 Grossesses précoces en milieu scolaire au Togo : plus de 2 200 cas recensés en une année
Au Togo, les grossesses précoces en milieu scolaire demeurent une préoccupation majeure. Lors d’une rencontre organisée à Kpalimé, Bénédicte Gnasa, directrice générale du genre et de la promotion de la femme, a révélé que 2 284 cas ont été enregistrés au cours de l’année scolaire 2024-2025.
Parmi eux, 17 concernent le primaire, 1 319 le secondaire 1 et 948 le secondaire 2.
Ces chiffres, jugés inquiétants par les autorités et les acteurs communautaires, témoignent de la persistance du phénomène malgré les efforts de sensibilisation déjà entrepris.
Les grossesses précoces restent l’une des principales causes d’abandon scolaire chez les jeunes filles et accentuent les difficultés sociales ainsi que les violences basées sur le genre.
Pour faire face à cette situation, le gouvernement togolais intensifie ses actions à travers le programme national 2023-2027. Cette stratégie prévoit notamment la mise en place de cellules communautaires de veille et le renforcement des mécanismes de protection au sein des communautés.
Dans cette dynamique, un atelier tenu dans la préfecture de Kloto a rassemblé autorités administratives, chefs traditionnels, responsables religieux et organisations de jeunesse afin d’harmoniser les initiatives de prévention, de sensibilisation et de suivi des jeunes filles exposées à ce fléau.
2026.5.20 Braquage à Djagblé : Un malfrat neutralisé lors des échanges de tirs avec la Police
Un commerçant dévalisé, son ami blessé par balle, un braqueur mort après une course-poursuite avec la Police : tel est le bilan d’une tentative de braquage qui a viré au drame dans la nuit du 11 mai 2026 à Djagblé, aux environs de 22 heures.
Selon les informations fournies par la Police nationale, tout commence au moment où un commerçant s’apprête à quitter sa boutique de quincaillerie. Il vient de fermer et se dirige vers sa voiture pour rentrer chez lui quand surgit un individu armé d’un FAC (Fusil Automatique de Chasse ndlr), parlant anglais, qui lui intime l’ordre de remettre son sac contenant la recette de la journée.
Face à la résistance du commerçant, le malfrat tire un coup de sommation en l’air. Un ami du commerçant, qui attendait à proximité, réagit aussitôt et lance un caillou en direction du braqueur. Ce dernier esquive le projectile et riposte en ouvrant le feu en rafale, atteignant l’homme à la main et au bras.
Profitant de la confusion, le braqueur prend la fuite avec un complice qui l’attendait sur une moto, emportant le butin en direction d’Avéta.
Alertées par les détonations, les équipes de patrouille de Police opérant dans la zone se lancent immédiatement à la poursuite des deux hommes.
Acculés, les braqueurs font volte-face et ouvrent le feu sur les policiers, qui ripostent.
« Il s’en suit des échanges de tirs au cours desquels le conducteur de la moto sera atteint, occasionnant ainsi leur chute. Alors que le tireur a continué sa fuite à pied, le conducteur, grièvement blessé, était en cours d’évacuation au CMS de Djagblé lorsqu’il succombe à ses blessures ».
Une AK 47 et 40 munitions découvertes
Le ratissage des lieux par les forces de l’ordre a permis une saisie importante.
« Le ratissage des lieux a permis de découvrir une arme de type AK 47 ainsi que deux (02) chargeurs garnis de quarante (40) munitions de 7,62 mm dissimulés dans une touffe d’herbes d’une clôture », indique la Police nationale.
Le second suspect, auteur des tirs, reste en fuite. Les recherches se poursuivent.
Dans son communiqué, la Police nationale a tenu à remercier la population pour « sa collaboration habituelle » et a exprimé ses vœux de prompt rétablissement au blessé. Elle réaffirme par ailleurs « sa détermination à lutter sans relâche contre toutes les formes de criminalité et à garantir la tranquillité publique. »
2026.5.12 Togo : des détenus entament une grève de la faim pour réclamer l’exécution d’un arrêt ordonnant leur remise en liberté
À la prison civile de Lomé, treize détenus ont décidé d’user de leur corps comme ultime recours pour obtenir l’application d’une décision de justice qui leur est favorable. En février 2026, la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé avait ordonné leur remise en liberté sous contrôle judiciaire. Près de trois mois plus tard, ils sont toujours derrière les barreaux.
Selon RFI, l’arrêt rendu le 18 février par la chambre d’instruction précise que les treize détenus doivent être libérés sous contrôle judiciaire. Mais le parquet général n’a pas donné suite à cette décision, plongeant les concernés et leurs familles dans l’incompréhension.
Pour leur avocat, Maître Darius Atsoo, la situation est juridiquement intenable. « La décision a été rendue par trois juges indépendants et impartiaux, donc le procureur général a juste la mission d’exécuter la décision. »
Face à l’inaction du parquet, la défense a multiplié les démarches. Maître Atsoo a saisi la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), qui a à son tour interpellé le parquet général et le ministère de la Justice. Jusqu’ici, sans résultat.
L’avocat n’hésite plus à qualifier la situation de détention arbitraire.
« Aujourd’hui, ils sont pratiquement en détention arbitraire parce qu’il n’y a pas de mandat de dépôt valable et on se réserve tous les droits parce que notre code de procédure pénale prévoit des dispositions », avertit-il, laissant entendre que toutes les options juridiques demeurent désormais sur la table.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la justice internationale se prononce en faveur de ces détenus. En 2023, la Cour de justice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) avait déjà réclamé leur libération, une injonction elle aussi restée lettre morte.
Au-delà du sort de ses clients, Maître Atsoo s’alarme des implications plus larges de cette affaire. Leur détention prolongée, prévient-il, pourrait créer un « précédent fâcheux ».
« C’est inacceptable dans un État de droit, dans une société démocratique », martèle-t-il au micro de RFI.
Il faut noter que les 13 détenus avaient été arrêtés fin 2018 lors de manifestations contre le pouvoir togolais avant d’être condamnés à dix ans de prison.
2026.5.5 Affectio, poète et activiste de nouveau inquiété par la justice au Togo
Ce lundi 4 mai 2026, Sokpor Kossi Sitsopé Honoré, alias « Affectio », militant et poète togolais, a été présenté à un juge d’instruction, a annoncé son avocat Maître Paul Dodji Apevon. Il retournera en prison, a précisé ce dernier. Une issue qui clôt onze jours de détention et ouvre une nouvelle phase judiciaire pour cet homme déjà incarcéré pendant près d’un an pour avoir publié un poème sur les réseaux sociaux.
Des photos de caniveau au poste de gendarmerie
Les faits remontent au vendredi 24 avril 2026. Selon le Cadre National de Concertation pour le Changement au Togo (CNCC), regroupant plusieurs organisations de la société civile et les partis ADDI, ANC, FDR et PSR, Affectio photographiait des caniveaux construits près du domicile de ses parents, « dans l’intention d’interpeller l’opinion sur l’importance des travaux pour la gestion des inondations à Lomé », lorsque des individus l’ont approché et lui ont demandé d’effacer les images.
Bien qu’il ait obtempéré, il a été contraint de les suivre. La suite est décrite dans le communiqué du CNCC : « quatre individus se sont jetés sur lui avec une violence inouïe, le plaquant au sol. Ils l’ont étranglé pour lui arracher sa sacoche et son téléphone portable, lui infligeant des blessures physiques ». Affectio a d’abord été conduit à la gendarmerie d’Agoè-Nyivé.
Jean-Pierre Fabre se déplace personnellement
Informé de l’arrestation le mercredi 29 avril, Jean-Pierre Fabre, président national de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), s’est rendu sans délai à la gendarmerie d’Agoè-Nyivé pour s’enquérir de la situation et apporter son soutien au détenu. À l’issue de sa visite, il a sollicité la libération d’Affectio auprès du commandant de la brigade, « estimant que son arrestation est abusive ». En réponse, le commandant l’a orienté vers l’unité Anti-gang qui avait procédé à l’interpellation.
Fabre s’est alors rendu au siège de ladite unité à Djidjolé, où il a rencontré le colonel Banawai. Ce dernier « a indiqué qu’il veillerait à ce que la situation soit traitée avec diligence en vue d’un dénouement rapide », selon le communiqué de l’ANC. Le lendemain, jeudi 30 avril, le président de l’ANC reprend contact avec le colonel. La réponse est moins rassurante : « l’exploitation du téléphone portable de M. Affectio Sitsopé Sokpor a révélé que les photos contenues dans l’appareil ne concernent pas seulement le chantier ». D’autres clichés seraient en cause. Les investigations se poursuivent. Affectio reste derrière les barreaux.
Nouveau périple difficile
Le 30 avril, après un passage à la brigade anti-gang de Djidjolé, Affectio est transféré au SCRIC (Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles), « au mépris de ses problèmes de santé connus », dénonce le CNCC. Les autorités justifient désormais la prolongation de sa détention par la découverte sur son téléphone d’images autres que celles du chantier. Affectio est soupçonné de les avoir transmises à des membres de la diaspora, en l’occurrence le Mouvement du 6 juin (M66). Un mouvement des jeunes togolais de la diaspora très critiques vis-à-vis du régime togolais.
Un « cas d’acharnement »
Pour plusieurs formations de l’opposition, le dossier s’inscrit dans un schéma plus large. « Pour le régime de Faure Gnassingbé, les arrestations arbitraires et la restriction de l’espace civique sont devenues un mode de gouvernance pour faire taire les voix dissonantes », écrivent dans un communiqué conjoint la DMK, la DMP, la LDP et le mouvement « Touche Pas À Ma Constitution ».
Le parcours d’Affectio donne du poids à cette lecture. De janvier à décembre 2025, il avait déjà été incarcéré après la publication d’un poème sur Facebook dans lequel il dénonçait l’arbitraire. Libéré sous contrôle judiciaire en décembre, il aura passé moins de quatre mois en liberté avant de se retrouver à nouveau devant un juge, cette fois pour des photos de caniveau.
Le CNCC appelle les autorités à « cesser le harcèlement systématique contre ce citoyen » et exige sa libération immédiate et sans condition. Mais la présentation au juge d’instruction le 4 mai semble avoir définitivement fermé cette porte, du moins pour l’instant.
2026.4.29 Affectio en garde à vue : que lui reproche-t-on cette fois ?
Cinq jours de garde à vue, sans explication officielle. C’est ce que dénonce la sage-femme d’État Grâce Koumayi, qui a alerté l’opinion publique via une vidéo publiée sur TikTok : l’activiste Sokpor Kossi, connu sous le pseudonyme Affectio, serait détenu depuis le vendredi 24 avril 2026 dans une gendarmerie qu’elle qualifie d’« allures indignes ».
C’est en se rendant au domicile de l’activiste, après avoir manqué un rendez-vous fixé le jour de son arrestation, que Grâce Koumayi a découvert la situation.
« Dès mon arrivée, les quelques informations que j’ai reçues : Affectio serait arrêté par des éléments de la gendarmerie depuis vendredi », a-t-elle relaté, précisant s’être ensuite rendue à la gendarmerie d’Agoè où elle a pu le localiser.
À ce stade, les raisons de cette interpellation demeurent inconnues. Aucune communication officielle n’a été faite par les autorités sur les circonstances précises de l’arrestation.
Ce n’est pas la première fois qu’Affectio se retrouve dans le collimateur de la justice. Arrêté le 12 janvier 2025 pour appel à l’insurrection et incitation à la révolte des poursuites liées à la publication d’un poème intitulé Fais ta part, jugé subversif, il n’avait retrouvé la liberté que fin décembre de la même année. Son retour en détention, dans le silence des autorités, ravive les inquiétudes de ceux qui suivent de près la liberté d’expression au Togo.
2026.2.5 Braquages de taxi-motos : 3 présumés malfaiteurs interpellés à Wognomé
(Lomé, le 04 février 2026)-a Police nationale a annoncé l’interpellation de trois individus suspectés d’être impliqués dans une série de braquages visant des conducteurs de taxi-motos dans la banlieue ouest de Lomé. L’opération s’inscrit dans le cadre de la mission permanente de lutte contre l’insécurité sous toutes ses formes.
Selon les informations communiquées lors d’un point de presse, les nommés K. Donné, A. Koffi et D. Yao ont été arrêtés dans la nuit du 2 février 2026, aux environs de 2 heures du matin, au carrefour Wognomé, lors d’une patrouille suivie d’une fouille de routine. La palpation de sécurité a permis de découvrir une machette sur K. Donné et une quantité importante de poudre de piment sur D. Yao. D’autres objets jugés compromettants ont été saisis ultérieurement à leurs domiciles respectifs.
Les premiers éléments de l’enquête révèlent un mode opératoire particulièrement violent. Les suspects opéraient dans plusieurs quartiers, notamment Yokoè, Amadahomé, Wognomé, Sagbado, Awatamé et Adidogomè-Adroukpakpé. Ils attiraient leurs victimes, le plus souvent des conducteurs de taxi-motos, vers des zones isolées et mal éclairées avant de les agresser à l’aide de machettes ou de poudre de piment projetée dans les yeux.
Dans certains cas, les victimes étaient conduites dans de véritables guet-apens où des complices surgissaient pour les neutraliser à l’aide de la poudre irritante, facilitant ainsi le vol de leurs engins et effets personnels.
Les trois individus seront présentés au Procureur de la République afin de répondre des faits qui leur sont reprochés.
La Police nationale réaffirme, par ailleurs, sa détermination à assurer la protection des personnes et des biens et rassure la population de la poursuite des opérations visant à démanteler les réseaux criminels. Elle appelle également les conducteurs de taxi-motos à la vigilance, leur recommandant de ne pas transporter plus d’un client à la fois et d’éviter de suivre des passagers vers des zones désertes ou insuffisamment éclairées.
2026.2.5 Crime organisé, extrémisme violent, violences sexistes : WANEP-Togo dévoile son rapport sécuritaire de l’année 2025
Principales tendances sécuritaires en 2025
Selon les informations communiquées, les données du système NEWS ont permis de recenser au cours de l’année dernière 629 incidents (criminalité organisée, extrémisme violent, violences sexistes, accidents de circulation, risques environnementaux, incidents liés à l’espace civique ou encore à la gouvernance locale) sur l’ensemble du territoire national. Ces incidents ont occasionné le décès de 157 personnes et ont fait 390 blessés.
« Nous avons remarqué une hausse générale de 40 % des incidents comparativement à 2024 », explique Amah Léonce AYIH, NEWS Manager et chargé du Programme Alerte Précoce et Prévention des Conflits de WANEP-Togo.
WANEP-Togo a notamment relevé une augmentation notable des incidents en lien avec la démocratie et la gouvernance (424 cas), les violences basées sur le genre (108 cas) et les risques environnementaux et sanitaires (52 cas).L’organisation signale néanmoins une baisse des cas liés au crime organisé et à l’extrémisme violent.
« Les mois de février, mai, juin et juillet ont été les plus marqués par des pics d’incidents, en lien notamment avec les événements sociopolitiques, les élections locales, sénatoriales et municipales, les manifestations et mesures sécuritaires, les accidents de la circulation, les violences basées sur le genre, ainsi que des cas de noyade et d’incidents sanitaires », renseigne le rapport.
2026.1.14 Togo : des quantités importantes de drogues détruites
(Lomé, le 14 janvier 2026)-L’État togolais a procédé, ce mercredi 14 janvier 2026, à la destruction solennelle des drogues saisies au cours de l’année 2025. L’opération s’est déroulée sur le site du champ de tir d’Agoè, sous la présidence du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Calixte Batossie Madjoulba, en présence de son collègue de la communication et des médias, Yawa Kouigan, des responsables des forces de défense et de sécurité, des autorités administratives, ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Placée sous la coordination de l’Office central de répression du trafic illicite des drogues et du blanchiment (OCRTIDB) et du Comité national anti-drogue (CNAD), cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre rigoureuse de la politique nationale de lutte contre les stupéfiants.
Des quantités importantes de drogues détruites
Les substances détruites témoignent de l’ampleur des saisies réalisées par les services de répression au cours de l’année 2025. Il s’agit notamment de 51,77 kilogrammes de cocaïne, 8,5 kilogrammes de méthamphétamine, plus de 5 291 kilogrammes de cannabis, ainsi que 377,78 kilogrammes de psychotropes illicites.
La destruction de ces produits dangereux constitue l’aboutissement d’un processus judiciaire et administratif strict, conduit dans le respect scrupuleux des lois et règlements en vigueur, ainsi que des engagements en vigueur, ainsi que des engagements internationaux souscrits par le Togo en matière de lutte contre le trafic des stupéfiants.
2025.11.11 Tabligbo : Une jeune femme enceinte brûlée à l’acide par l’ex-épouse de son conjoint (La tragique histoire de Noélie)
Une jeune femme de 19 ans, enceinte, lutte pour sa vie après avoir été aspergée d’acide par l’ancienne conjointe de son compagnon.
Un drame d’une violence inouïe a secoué la préfecture de Yoto, à Tabligbo. Une jeune femme de 19 ans, enceinte et s’occupant des enfants de son compagnon, a été gravement brûlée à l’acide par l’ex-épouse de ce dernier. L’agresseuse, qui avait abandonné son foyer et ses deux enfants plusieurs mois auparavant, est revenue pour commettre cet acte d’une rare cruauté.
Un abandon puis un retour tragique
Selon le témoignage du conjoint, un menuisier de 25 ans, les faits remontent à janvier 2025.
« Un jour, on m’a appelé pour un travail de menuiserie à Vogan. Je suis parti le matin et à mon retour vers 21 heures, je n’ai pas vu ma femme. Seuls les deux enfants étaient là », explique-t-il.
Après deux semaines sans nouvelles, il parvient enfin à la joindre par téléphone. Le 14 février, elle réapparaît chez ses parents et lui annonce clairement qu’elle ne veut plus de lui. Face à cette situation, l’homme se retrouve seul avec deux jeunes enfants à charge.
Une nouvelle compagne pour s’occuper des enfants
En mars, confronté aux exigences de son travail et à la nécessité de trouver une solution pour ses enfants, le menuisier fait la connaissance de Noelie, une jeune fille de 19 ans. Celle-ci accepte de prendre soin des deux enfants et tombe enceinte. Malgré la désapprobation des parents de la jeune fille, le couple décide de s’installer ensemble dans une chambre louée.
En août, l’ex-épouse refait surface à Tabligbo après près de sept mois.
« Ses parents m’appellent pour me demander quelle est ma position par rapport à elle. J’ai clairement répondu qu’elle avait abandonné son foyer pendant des mois et que j’avais trouvé quelqu’un qui avait accepté de prendre soin de ses propres enfants », rapporte le menuisier.
Le 7 août, lors d’une rencontre liée à la maladie d’un de leurs enfants, elle lui demande si leur histoire était terminée. Il confirme la rupture tout en proposant de lui louer une chambre où elle pourrait rester avec les enfants. Face à ce refus de reprendre la relation, elle commence à proférer des menaces.
L’agression et ses conséquences dramatiques
Le dimanche 10 août, alors que le menuisier est au travail, le drame se produit. Vers 18 heures, il reçoit un appel urgent lui demandant de se rendre à l’hôpital.
« À mon arrivée, c’est l’horreur », témoigne-t-il.
Son ex-épouse a versé un litre et demi d’acide sur la jeune Noelie, la brûlant de la tête aux pieds. Les images diffusées sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, témoignent de l’ampleur des blessures et le degré de méchanceté de cette femme.
Transférée au CHU Sylvanus Olympio, la victime se trouve dans un état critique.
« Les cheveux de Noelie sont tombés avec la peau, sa gorge est complètement abîmée et les cordes vocales sont en train de se nécroser. Sa poitrine est brûlée et ses bras sont gravement atteints », a témoigné une internaute venue lui rendre visite à l’hôpital.
Sur son lit d’hôpital, souffrant de douleurs intenses, la jeune femme a accouché prématurément. Cinq jours plus tard, le nouveau-né est décédé.
« Les médecins disent qu’elle ne pourra plus voir. Le plus gros problème actuellement, ce sont les plaies sur son crâne et au niveau de la gorge », a déclaré le conjoint, désemparé face à cette situation tragique.
L’auteure de cette agression a été arrêtée après les faits. Elle aurait été déférée à la prison de Vogan, où elle devra répondre de cet acte d’une violence extrême devant la justice.
Selon nos informations, les autorités du pays sont en tractations pour permettre à la jeune fille de recevoir les soins appropriés et de se rétablir.
2025.9.3 Vidéos intimes d’Achikan Goro : L’influenceur victime de revenge porn ?
Plusieurs vidéos intimes d’Achikan Goro ont envahi les réseaux sociaux mercredi 3 septembre 2025. On y voit le jeune Togolais en plein acte sexuel avec une jeune femme.
Plus surprenant, ces vidéos auraient été filmées par l’intéressé lui‑même, ce qui écarte l’hypothèse d’un montage ou d’un piège. Mais d’où provient la diffusion de ces images ?
L’influenceur, remarqué récemment pour ses prises de position lors des manifestations socio‑politiques au Togo, serait‑il victime d’une campagne de revenge porn (pornodivulgation) ?
La diffusion non consentie de Plusieurs vidéos intimes d’Achikan Goro soulève des enjeux juridiques majeurs.


2025.6.11 Criminalité faunique : trois présumés trafiquants arrêtés en possession d’une grosse défense d’éléphant déférés à la prison civile d’Atakpamé

Les agents de la Brigade de Recherche et d’Investigation (BRI) d’Atakpamé et du Ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières (MERF), en collaboration avec EAGLE-Togo, ont arrêté le 5 juin 2025, à Talo, quartier périphérique de la ville d’Atakpamé, trois présumés trafiquants en possession d’une grosse défense d’éléphant qu’ils s’apprêtaient à vendre.
Arrêtés pour flagrant délit de détention, de circulation et de commercialisation illégale d’ivoire d’éléphant, une espèce intégralement protégée par les lois nationales et la convention CITES, les nommés A. Salam, H. Soulemane et A. Djerilou ont d’abord été placés en garde à vue avant d’être présentés au procureur près le tribunal de Grande instance d’Atakpamé, puis déférés le 10 juin 2025 à la prison civile d’Atakpamé. Ils encourent une peine de prison allant d’un à cinq ans et une amende d’un million à 50 millions de francs CFA, s’ils sont jugés.
Les présumés trafiquants, tous de nationalité Togolaise, sont impliqués dans un réseau criminel international très organisé. Ils faisaient passer en contrebande, les défenses d’éléphants à travers les frontières de la sous-région, notamment du Ghana d’où provient la gigantesque défense d’éléphant.
Pour acheminer la grosse défense d’éléphant à Atalo, les trafiquants présumés l’ont mis dans un sac à céréales, sous forme de colis. Le fournisseur, membre d’un réseau de braconniers dans la faune, a transporté l’ivoire à dos d’une moto depuis la frontière Togo- Ghana pour la région centrale du Togo aidé par ses deux complices.
A trois, ils ont selon eux, pris la route pour la ville d’Atakpamé avec l’ivoire à bord d’une voiture, jusqu’au lieu de la livraison. Le principal fournisseur faisant partie des interpellés, a avoué être l’auteur de l’abattage de l’éléphant dont il détenait la défense pour vendre à un prix de plus de trois millions de francs CFA.
Selon Soulemane H., la pointe d’ivoire appartient à Salam et qu’ils devaient la vendre à plus de trois millions de francs CFA. Salam a lui reconnu être le propriétaire que l’ivoire qu’il a convoyé de Pagala pour la transaction à Atakpame et d’ajouter que les vrais propriétaires de l’ivoire sont au Ghana.
Le trafic d’espèces en voie d’extinction, comme dans de nombreux autres pays, est un problème grave qui menace la biodiversité et les écosystèmes. En effet, le trafic illégal des espèces protégées contribue à la diminution rapide des populations de certaines espèces animales et végétales, ce qui peut entraîner leur extinction.
Ce trafic est souvent alimenté par des réseaux criminels organisés et est lié à d’autres formes de criminalité, comme le trafic de drogue, le braconnage, car la destruction des espèces protégées détruit non seulement l’équilibre de l’écosystème, mais est aussi dangereuse pour le pays qui ne peut plus bénéficier de l’économie touristique.
Au Togo, le commerce illégal d’animaux sauvages, notamment les éléphants pour leur ivoire, est particulièrement préoccupant, car les efforts pour lutter contre ce fléau ont nécessité des mesures que le gouvernement a prises pour renforcer la législation, organiser des campagnes de sensibilisation, ainsi que des collaborations internationales pour traquer et démanteler les réseaux de trafiquants, surtout que le commerce international de l’ivoire est déclaré illégal depuis 1989, mais que les populations d’éléphants d’Afrique continuent de décroître.
Le Togo a également adopté un code forestier et a intensifié ses efforts pour saisir des stocks d’ivoire en provenance d’autres pays. Le nouveau code pénal renforce la protection de la faune et de la flore à travers son article 761, qui punit de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de cinquante millions de francs CFA toute personne commercialisant illégalement une espèce animale protégée. Toutefois, le Togo demeure une plaque tournante pour le transit illicite de l’ivoire.
En conséquence, le pays a perdu plus de 80 % de ses éléphants en raison du braconnage. Des inventaires menés par le WWF et ses partenaires dans certains pays africains, dont le Togo, révèlent une diminution de plus de 70 % des populations d’éléphants en l’espace de dix ans.
Selon le coordinateur national d’EAGLE-Togo, « l’éléphant ne dérange pas l’être humain, mais c’est plutôt ce dernier qui provoque l’éléphant voire le menace en occupant son habitat naturel. Si vous présumez un quelconque dérangement d’une espèce animale protégée comme l’éléphant, vous ne pouvez que le signaler aux services compétents pour des dispositions nécessaires à prendre. Tuer cette espèce animale et avoir l’ingénieuse idée et le matériel à l’appui, d’enlever sa défense en ivoire pour la vente, confirme votre qualité de trafiquant majeur et la loi vous en sera sévèrement appliquée. »
Malgré les mesures juridiques existantes, le braconnage des éléphants continue d’augmenter et le pays demeure un point de transit majeur pour le commerce illégal d’ivoire. Pourtant, le commerce illégal des espèces sauvages menace la survie de nombreuses espèces, y compris les éléphants.
Le commerce illégal d’espèces sauvages est un crime organisé transnational majeur, qui génère des milliards de fonds criminels chaque année. Les trafiquants d’espèces sauvages exploitent les faiblesses des secteurs financiers et non financiers pour déplacer, cacher et blanchir leurs produits, ce qui permet de nouveaux crimes et porte atteinte à l’intégrité financière. Malgré ce fait, dans certains pays, le trafic de faune n’est pas reconnu comme une vraie menace, ce qui permet aux différents réseaux de trafic de prospérer.
Le braconnage et le trafic d’espèces sauvages ne sont pas seulement des crimes contre la faune, mais aussi contre l’environnement dans son ensemble. La disparition des espèces clés comme les éléphants perturbe gravement les écosystèmes. Ces animaux jouent un rôle crucial dans la dispersion des graines et le maintien de la biodiversité végétale.
Outre le braconnage, deux autres facteurs contribuent à la baisse drastique des populations d’éléphants : l’accroissement du trafic illégal d’animaux en raison de la forte demande internationale pour l’ivoire, et l’exploitation abusive des ressources naturelles nécessaires aux éléphants, due à l’agriculture industrielle et à l’occupation anarchique de leur habitat.
Il est à noter que cette arrestation fait suite au procès de quatre trafiquants d’ivoire, dont deux Togolais et deux Burkinabè, arrêtés en juin 2024. Jugés, ils ont été condamnés à une peine d’emprisonnement de trente-six mois, dont vingt-quatre avec sursis, par le Tribunal de Grande Instance de Kara, le 9 octobre 2024.
La lutte contre le braconnage des éléphants relève des compétences des autorités qui, d’une part, ont ratifié des textes nationaux et internationaux sur la protection des espèces menacées et, d’autre part, ont mis en place des services dédiés à la protection de la faune et de la flore sauvages afin de contrer efficacement le commerce international d’ivoire.
Le trafic d’espèces sauvages génère d’énormes profits illégaux pour des organisations criminelles complexes, souvent responsables de l’abattage, du transport et de la commercialisation de produits illégaux issus des espèces sauvages.
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